13/12/2007
De l'utilité de la visite de Kadhafi
Même ici à Montréal, on en entend parler. Et n'étant pas totalement coupés des médias français, j'ai bien l'impression que la polémique est forte. Informé par tel ou tel journal papier, radio ou TV, chacun a pu se forger une opinion. Je ne vous apporterai rien de nouveau hormis ma propre opinion.
Faire du commerce, oui. On ne peut pas prétendre ne commercer qu'avec les démocraties, régime politique qui est loin d'être la règle générale par le monde. Préférer la diplomatie, discuter avec tout le monde... à la rigueur.
Mais recevoir de cette manière-là un dictateur, lui dérouler le tapis rouge, assouvir le moindre de ses caprices, encaisser sans broncher ses leçons de morale (c'est l'hôpital qui se fout de la charité !) et ses mensonges éhontés (Plus c'est gros, plus ça passe : "Il n'y a pas d'élections en Libye car les Libyens se gouvernent eux-mêmes" ou "Il n'y a pas de prisonniers politiques en Libye")... Non, non et non ! Négocier des contrats commerciaux ne s'effectue pas en faisant l'économie de nos valeurs françaises, de la soif du respect des droits de l'homme !
Même si avant, d'autres Présidents de la Républiques ont reçu en grandes pompes des dirigeants peu recommandables, de façon à ce que nos valeurs n'apparaissent qu'en second plan. Même si l'homme en question semble collaborer pour lutter contre le terrorisme, et "bon prince" a "consenti" à libérer des otages accusés d'un crime dont il était conscient qu'ils n'en étaient pas coupable. Pas aussi rapidement ! On ne peut pas dire que le colonel Kadhafi soit réellement sur la voie de la démocratisaion.
5 jours de fanfaronnade et de lubies : est-ce donc le prix que la France doit payer ?
Plus grave encore à mes yeux, car cela concerne directement ceux qui nous gouvernent, ceux que l'on a élu. Ceux qui hier applaudissaient Nicolas Sarkozy lorsqu'il déclarait qu'il mettrait fin à la diplomatie de complaisance, et qui aujourd'hui justifient sans sourciller l'accueil du dictateur libyen.
Ainsi lors de son discours d'investiture comme candidat de l'UMP, Nicolas Sarkozy déclarait :
"Je vous le dis parce je le crois au plus profond de mon cœur, je ne veux pas, je ne crois pas à ce que l’on appelle la realpolitik, qui fait renoncer à ses valeurs sans gagner un seul contrat. Je ne peux être complice d’une dictature à travers le monde, parce que la France a des principes, avoir des principes sans les défendre, ce n’est pas être fidèle à l’histoire et à l’identité de la France".
Ces derniers jours, on a plutôt eu le droit à ce genre de discours :
"La vérité c’est que la France parle à tout le monde à partir du moment où ses interlocuteurs sont prêts à faire le chemin vers la respectabilité. Et par railleurs si de surcroît je peux libérer des gens et gagner des milliards d’euros de contrats pour les ouvriers français et la croissance française j’aimerais qu’on m’indique pourquoi je ne dois pas le faire, alors que les autres le font".
Je le répète, ceux qui hier applaudissaient Nicolas Sarkozy lorsqu'il déclarait qu'il mettrait fin à la diplomatie de complaisance, et qui aujourd'hui justifient sans sourciller l'accueil du dictateur libyen. Mais ont-ils seulement le choix ? Rama Yade s'est exprimé en des termes très vigoureux... Une visite express à l'Elysée et une remontrance plus tard, la voilà obligée de tenir sa langue. "Elle exprime une sensibilité, qui n'est pas la voix de la France", déclarait Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée.
Qu'elle le pensât effectivement ou que cet effet de mots ait été prévu, peu importe. Devait-elle démissionner pour aller jusqu'au bout de sa pensée ? Mais à quoi cela aurait-il servi ? A pas grand chose. L'incident "Rama Yade" permet au moins une chose, si besoin était : nous montrer qu'en France, sous prétexte de rassembler les hommes et les idées, c'est au contraire l'avis d'un seul qui compte.
Rappel à la mémoire : quelques jours plus tôt, le député villepiniste de l'Hérault Jean-Pierre Grand était suspendu pour avoir critiqué Nicolas Sarkozy. Quelques semaines encore auparavant, le porte-parole du Nouveau Centre, Nicolas Perruchot, donnait sa démission jugeant manquer de liberté de parole...
TITEM
08:00 Publié dans Retour de manivelle : international | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : France, Libye, Sarkozy, UMP, Relations Internationales, Liberté d'expression
16/07/2007
La rupture Royal : tirer (enfin) les leçons d'une défaite ?
De retour de vacances en Corse - ce qui vaut à Paris Match d'être poursuivi pour avoir publié des photos la montrant en maillot de bain, en compagnie de sa fille - Ségolène Royal se remet au travail. Point de départ de ses devoirs de vacances : un séminaire sur l'analyse d'une défaite. Elle a retrouvé notamment ses camarades : Julien Dray, Delphine Batho (qui a pris la suite de Ségolène Royal dans la 2è circonscription des Deux-Sèvres) ainsi que ses deux co-directeurs de campagne, François Rebsamen et Jean-Louis Bianco.
Surprenante Ségolène Royal qui pendant la campagne veut concilier démocratie participative et des thèmes que l'on dit "de droite". Être à l'écoute des Français, c'est bien. Avoir un projet clair, précis et presque exhaustif... des convictions (!), c'est mieux. Au final, elle n'obtient qu'un peu moins de 47% des suffrages : 17 millions de Français. C'est beaucoup et peu à la fois. Mais pour Ségolène Royal, l'élan est en marche pour de futures victoires. Et l'horizon 2012 n'est que dans 5 ans pourrait-on dire.
"Ouf, il était temps ?" ou "Voilà qui ne va pas arranger les disputes de bac à sable ?"
Et bien sans doute un peu des deux...
Pendant ces deux derniers moi, ce fut comme si elle avait gagné les élections : elle parle de la liesse, de l'espoir qu'elle a fait naître... Mais nullement de ceux qu'elle a déçus en ne finissant pas sa course à l'Elysée. Pas plus de ce qu'il aurait fallu faire pour convaincre la majorité. Voir de l'avant, c'est positif, mais encore faut-il prendre la mesure de ses défauts, de ses points faibles. La sagesse populaire dirait "C'est en ce plantant qu'on prend racine".
Voilà donc que Ségolène Royal met fin à cette méthode Coué ridicule "voyez ce que j'ai envie que vous voyez" pour ne pas démotiver les militants socialistes qui assistent impuissants à la fuite des "cerveaux". Avec quelle réussite... Mais ne nous réjouissons pas vite : ce n'est que la première étape d'un bilan que la candidate socialiste désire "sans complaisance et sans masochisme". Il était temps.
Mais voilà qui n'arrangera pas (à court terme) les affaires du PS. Déchiré par "l'ouverture sarkozyste"
et la façon dont il convient de réagir, divisé entre une fraction "Royal" qui veut la refondation immédiate, et une fraction "Hollande" qui tient au respect d'un calendrier long... Voilà que de nouveaux réglements de compte s'annoncent : quel part chacun a dans la défaite ? Calendrier qui, du reste, sera bien difficile à tenir : comment imaginer le premier congrès majeur après les municipales de 2008 seulement ? C'est aujourd'hui que le Parti Socialiste doit accomplir sa refonte idéologique. L'enjeu est de taille : relancer le débat démocratique dans une société qui semble n'avoir rien à redire aux différents projets du président nouvellement élu.
TITEM
23:00 Publié dans Retour de manivelle : politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Politique, France, Royal, PS, Elections présidentielles 2007, Sarkozy
20/06/2007
Nicolas Sarkozy, président de tous les Français ?
Une fois élu, le candidat acquiert une autre stature : celle du Président de la République. Il n'est plus seulement le candidat d'un parti, élu par une majorité des électeurs qui se sont exprimés. Il devient le dirigeant, le représentant de tous les Français. Qu'on le veuille ou non. Cela correspond à l'idée que se faisait le fondateur de la Vè République, Charles de Gaulle, du Président de la République. Un homme au-dessus des partis et des coteries.
Mais une fois que l'on a dit ça, on n'a pas beaucoup avancé sur la position du nouveau Président de la République, Nicolas Sarkozy. Elu par près de 19 millions de Français, soit 53% des 85% d'électeurs : c'est un nombre significatif, important, mais ça n'est pas la majorité des Français. Il lui faut donc user de symboles et de formules pour tenter de réunir tous les Français, quelques soient leurs différences.
Evocation de telle figure de l'histoire, effets rhétoriques... et nominations de quelques hommes et femmes politiques d'un parti différent que le sien, et qui acceptent de tenter l'expérience d'apporter des idées différentes à un gouvernement où ils sont minoritaires. Le cas le plus emblématique est le tandem Christine Boutin, de la droite chrétienne et sociale, et Fadela Amara, socialiste engagée de Ni Putes Ni Soumises. Toutes deux ont une certaine connaissance de la ville à faire valoir. Auront-elles l'occasion de faire entendre de manière égale leur opinion, rien n'est moins sûr. Mais la politique est aussi une affaire de communication, et de symboles.
Et en parlant de symboles, en voilà un qui m'a frappé. Mercredi 20 juin, le JT du 20h de TF1 est occupé en grande partie par une interview exclusive du chef de l'Etat, menée par PPDA et Claire Chazal. Et alors me direz-vous ? Ce journal est le plus regardé en France, d'autant que la rédaction de France Télévisions connaît une crise interne. Oui mais voilà : TF1 demeure dans l'esprit des Français une chaîne de droite, à tort ou à raison. C'est une chaîne privée, appartenant à Martin Bouygues, l'un des amis de Nicolas Sarkozy. Et ce dernier a annoncé qu'il n'avait pas l'intention de s'adonner à la traditionnelle interview du 14 juillet. Comme symboles, on pouvait s'attendre à plus adroit de la part du Président de la République, Président de tous les Français... qui ne s'exprime pas en direct sur la chaîne publique. Etait-ce une volonté du Président, de la rédaction de TF1 qui voulait l'exclusivité ? Je l'ignore, mais le résultat est là.
D'autre part, à plusieurs reprises, Nicolas Sarkozy s'en est pris à la gauche, notamment à Ségolène Royal, comme à ce moment là :
"J'ai vu ce qu'avait dit Mme Royal, qu'elle me permette de dire une chose, si on n'essaye rien on a rien. Ca aussi, on peut rester assis sur la partie la plus confortable de son anatomie. On regarde passer les trains, on ne pense rien, on ne propose rien on ne dit rien : avec ça, moi je n'ai pas été élu pour ça. J'ai été élu pour agir et donner des solutions".
On a certes critiqué, et je suis de cet avis, le manque de prise de positions de Ségolène Royal, qui se défaussait d'un geste de la main "les partenaires sociaux en discuteront". Oui, il faut essayer, tâtonner, avant de trouver une politique qui donne des résultats positifs. De là à s'attaquer, en tant que Président de la République, de cette façon là, à une personnalité de l'opposition, comme il pouvait le faire lors de la campagne présidentielle, il y a une marge.
C'est la fonction de Président qui transforme l'homme en président. Nicolas Sarkozy a rappelé plusieurs fois qu'il mesurait encore plus la responsabilité qui est la sienne. On le voit d'ailleurs moins en retrait que ses prédécesseurs. Mais s'il agit comme un opposant, ou un candidat, il aura encore plus de mal à convaincre qu'il est bien le Président de tous les Français.
TITEM
23:30 Publié dans Retour de manivelle : politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, France, Sarkozy, Médias
19/06/2007
Revue des troupes du gouvernement Fillon II
A mon tour de vous donner mon avis sur le gouvernement Fillon II, maintenant que les secrétaires d'Etat ont été nommés. Voulu par François Bayrou, Nicolas Sarkozy a fait ce gouvernement d'ouverture : aux gens de gauche, qui critiquent le débauchage ; au centre, les opportunistes qui ont voulu sauver leur siège et ont gagné un titre...
En fait je m'en moque un peu, du moment qu'ils accomplissent leur tâche. En toute logique, la diversité de leurs parcours, de leurs idées, devraient les inciter à avancer dans la négociation. Raison de plus pour être attentif à ce qu'il se passera concrètement. On annonçait un gouvernement resserré, et l'on voit encore une débauche de secrétaires d'Etat. C'est symbolique, ça sert au dialogue mais à part ça... De même on annonçait la parité, finalement il n'y aura que 11 femmes sur 33 personnes.
François Fillon : Premier Ministre.
Il avait mal vécu son éviction du gouvernement suite à l'arrivée de Dominique de Villepin, et s'est rangé du côté de Nicolas Sarkozy. Un homme qui me semble de conviction, pas près de céder à la première manifestation... mais attention au précédent du CPE ! Il devra en outre trouver sa place face à un Nicolas Sarkozy qui n'a pas l'intention d'être un président arbitre.
Jean-Louis Borloo : ministre d'Etat, ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables.
L'étonnant Monsieur Borloo, a gravi les échelons des ministères pour devenir le seul Ministre d'Etat, à la tête du super ministère de l'écologie. Mais ici, s'agit-il d'une promotion, ou d'une punition, pour n'avoir pas su bien expliquer la TVA sociale ? Il remplace Alain Juppé, battu dans la 2ème circonscription de la Gironde. Dommage : Alain Juppé me semblait véritablement concerné par l'écologie, même si Jean-Louis Borloo avait fondé Génération Ecologie. Qu'en reste-t-il ? L'ancien maire de Valenciennes avait essayé de réorganiser un ministère qui le trouvait déjà trop fantasque, mais où il représenterait une certaine caution sociale...
Michèle Alliot-Marie : ministre de l'Intérieur, de l'Outre-Mer et des Collectivités territoriales.
Elle a l'expérience des grands ministères après avoir passé 5 ans à la Défense, où elle est apparue à l'aise dans un milieu plutôt masculin. Mais pour se faire un avis sur son action, il va falloir qu'elle passe le "baptême du feu", alors que les banlieues sont encore en tension. Pas certain qu'elle fasse dans la dentelle... Il est possible aussi qu'elle attende son heure, en 2012 ?
Bernard Kouchner : ministre des Affaires étrangères et européennes.
Une des personnalités préférées des Français, le French Doctor a fait valoir à de multiples reprises son esprit d'ouverture et sa préoccupation pour les points chauds du globe, comme le Darfour. Certains le disent atlantiste, non seulement je ne le pense pas mais en plus je ne vois pas où est le problème. Une chose certaine, il n'a pas sa langue de sa poche... Débauchage ? Cela se mesurera aussi à la hauteur de la marge que lui laissera le président. Reste à savoir comment sa volonté de changement rencontrera les nuances de la diplomatie. Et là, on risque de déchanter.
Christine Lagarde : ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi.
Avocate d'affaires aux USA (enfin un ministre qui sait parler anglais !), classée 30ème femme la plus puissante du Monde selon Forbes... Elle est la première femme à tenir cet autre super-ministère. Elle apparaît moins sociale que Jean-Louis Borloo, mais parfaitement au clair avec les questions économiques. Femme à poigne, elle aura aussi la lourde charge d'assumer les grandes réformes de Nicolas Sarkozy.
Brice Hortefeux : ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement.
Lieutenant de Nicolas Sarkozy qui lui offre ce cadeau empoisonné : un ministère controversé, mais auquel le président est attaché. D'où sa nomination. Le titre du ministère a été soigneusement choisi, semblant prendre en compte tous les aspects de la question... mais on risque d'être déçu par le contenu de la jolie boîte. D'ailleurs s'encombrera-t-il de tant de tact ?
Rachida Dati : garde des Sceaux, ministre de la Justice.
(Pas géniale la photo je sais... Peut-être que le ministère en en développera où elle est plus à son avantage...) Les socialistes disaient "nous le ferons"... La droite l'a fait. Avocate de formation, ouverture aux minorités visibles... pour essayer de faire passer la pilule de lois plus répressives ? Sera-t-elle celle qui va laisser son nom à une vraie réforme de la Justice ?
Michel Barnier : ministre de l'Agriculture et de la Pêche.
Il a été commissaire européen, il lui faudra utiliser ses réseaux pour convaincre les partenaires européens et défendre les quotas accordés à la France. Il lui faudra apprendre aussi à mieux parler anglais...
Xavier Bertrand : ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité.
Ministre du chikungunya et de l'interdiction de fumer, quadragénaire... Je l'ai plutôt trouvé bon ministre de la Santé même s'il n'a pas été au bout de ses réformes. En tout cas à ce ministère, c'est pas le travail qui va manquer...
Xavier Darcos : ministre de l'Education nationale.
Ancien ministre délégué à l'éducation nationale, le voilà un cran au-dessus. Je ne le connais pas bien, mais le voilà à la tête d'un des ministères sans doute le plus difficile. Va-t-il ajouter son nom à la liste des réformes inutiles, ou contribuer à éluder les vrais problèmes ?
Valérie Pécresse : ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.
Jeune, elle passe plutôt bien à la TV. On la connaît davantage pour son rapport sur la famille, dont les conclusions été un peu en retrait par rapport aux attentes de la société, concédait le rapporteur Patrick Bloche. Mais elle risque d'être encore plus critiquée au moment de la réforme de l'enseignement supérieur. Baptême du feu dans quelques semaines.
Hervé Morin : ministre de la Défense.
Spécialiste des questions stratégiques, je le trouvais brillant, et il avait toute ma sympathie... avant qu'il ne laisse tomber François Bayrou pour être plus facilement réélu. Le voilà en tout cas récompensé par Nicolas Sarkozy : il va pouvoir passer quelques années tranquilles à repasser les troupes en revue. Un pilier du nouveau centre qui n'a rien de nouveau, puisqu'il s'est de nouveau accoquiné avec la droite.
Roselyne Bachelot-Narquin : ministre de la Santé, de la jeunesse et des Sports.
La bonne blague de Nicolas Sarkozy... Non sincèrement elle est sympathique et de fibre plutôt sociale, mais je me demande quand même si elle aura les épaules suffisamment pour mener les réformes à bien. C'est ce que je lui souhaite. Internet et les médias ne l'épargnent pas, ce n'est pas pour autant que je n'espère pas rire un peu. Alors Madame Bachelot, Chirac avait une oreillette, et Sarkozy, des talonnettes ?
Christine Boutin : ministre du Logement et de la Ville.
Connue pour son discours fleuve contre le PaCS, pour moi elle n'est pas une folle d'extrême-droite, mais représente parfaitement bien la branche d'un catholicisme social de droite. Certes, elle a tendance à mêler la religion et la politique (ce qui constitue pour moi un danger pour la démocratie) et on a voulu me rassurer en disant qu'elle n'était pas à la famille. Pourtant, l'un de ses premières décisions fut de nommer un prêtre catholique comme chargé de mission, Jean-Marie Petitclerc (avec un nom pareil on croirait à un gag...). Et ça n'est que le début...
Christine Albanel : ministre de la Culture et de la Communication.
Petit changement : ce n'est pas un homo qui tient les rênes de ce ministère... Ancienne conservatrice du château de Versailles, dont on peut admirer la "brillante" réussite : 1 million de visiteurs en plus pour combien de dégradations ? En espérant que les dégâts lors de son passage à ce ministère seront limités...
Eric Woerth : ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique.
A la tête d'un ministère technique...
Roger Karoutchi : secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, chargé des Relations avec le Parlement.
Comment mieux mener de saines relations avec le Parlement qu'en lui attribuant un peu de pouvoir, et de possibilité de proposer des lois ? A méditer...
Jean-Pierre Jouyet : secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé des Affaires européennes.
C'est bien beau de donner les postes diplomatiques à la gauche. C'est très symbolique... A tel point qu'on semble oublier que la diplomatie se limite de plus en plus à de la représentation.
Laurent Wauquiez : secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, porte-parole du Gouvernement.
Un jeune qui passe bien : idéal pour la communication qui visiblement à fait défaut au gouvernement au moment de l'évocation de la TVA sociale... En tout cas la communication va bien passer auprès des jeunes demoiselles.
Eric Besson : secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, chargé de la Prospective et de l'Evaluation des politiques publiques.
Qui connaît Monsieur Besson ? Aujourd'hui beaucoup de monde. Le voilà chargé du ministère sans doute le plus logique. Au lieu de défaire ce qui est fait par les gouvernements précédents, évaluons ce qui a été fait, comme le font d'autres démocraties ! Mais ministère aussi le plus creux, je le crains.
Valérie Létard : secrétaire d'Etat auprès du ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité, chargée de la solidarité.
Sénatrice UDF du Nord, je la connais surtout par le biais d'un ami qui a travaillé pour elle. Aussi je risque de manquer très franchement d'objectivité (je veux dire encore plus pour les autres...).
Dominique Bussereau : secrétaire d'Etat auprès du ministre d'Etat, ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables, chargé des Transports.
La rupture façon Sarkozy, rappeler les anciens ministres des gouvernements du deuxième quinquennat de Jacques Chirac... C'est pas lui qui reviendra sur la décision de privatiser les autoroutes...
Nathalie Kosciusko-Morizet : secrétaire d’Etat auprès du ministre d’Etat, ministre de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables, chargée de l’Ecologie.
Il va falloir s'exercer avant de dire son nom, heureusement (pour nos mâchoires) malheureusement (vu le sujet qui la préoccupe) on risque de ne pas l'entendre souvent... On l'avait un temps annoncé au ministère de l'Ecologie, mais il fallait un poids lourd. Et bien puisqu'elle est si compétente que cela, qu'elle le montre ! Allez, la France a du retard a combler !
Christian Estrosi : secrétaire d’Etat auprès de la ministre de l’Intérieur, de l’Outre-Mer et des Collectivités territoriales, chargé de l’Outre-Mer.
Un autre lieutenant de Nicolas Sarkozy, ancien champion de moto. Et voilà comme on remercie ses amis : en les envoyant loin, et en leur faisant prendre d'autres moyens de transports.
André Santini : secrétaire d’Etat auprès du ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, chargé de la Fonction publique.
Un UDF qui a pris tôt ses distances avec François Bayrou dans la campagne présidentielle, ce n'est donc pas pour son humour qu'il a été nommé... si l'on en croit ce mot d'humour et d'humeur :« La droite a touché le fond de la piscine : maintenant, elle creuse.» En ce moment mis en examen pour une affaire de scandale financier pour une fondation d'art contemporain, sa nomination met fin à une certaine jurisprudence Bérégovoy-Balladur qui veut qu'un homme inquiété par la justice ne peut être au gouvernement. Et ça, c'est pas une blague.
Jean-Marie Bockel : secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de la Coopération et de la Francophonie.
Sénateur-maire de Mulhouse (Salut Maxou, on ne te voit plus beaucoup sur la blogosphère !!), un autre électron libre du parti socialiste qui atterrit à la diplomatie (il est de tendance libérale blairiste)... et bien au moins Bernard Kouchner se sentira moins seul.
Hervé Novelli : secrétaire d’Etat auprès de la ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi, chargé des Entreprises et du Commerce extérieur.
On le décrit libéral... Génial on risque de faire la lutte avec nos voisins européens pour être encore plus compétitifs tôt que d'avoir une politique industrielle et commerciale commune. Et je ne parle même pas des ravages du libéralisme commercial dans les pays du tiers-monde. Autre figure de l'ouverture si l'on en croit son parcours politique : alors qu'un certain nombre d'hommes politiques se "droitise", Hervé Novelli s'est orienté plus à droite, passant de la Fédération des Etudiants Nationalistes à Occident pour atterrir chez les "Réformateurs" libéraux.
Fadela Amara : secrétaire d’Etat auprès de la ministre de la Ville et du Logement, chargée de la Politique de la ville.
Christine Boutin pensait avoir fait le plus dur en entrant au gouvernement, c'est raté... Fadela Amara, militante socialiste et présidente du mouvement "Ni Putes ni soumises". On ne pourra pas dire qu'elle ne connaît pas les banlieues, mais je me régale à l'avance du choc des cultures entre les deux femmes.
Alain Marleix : secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Défense, chargé des Anciens Combattants.
Un Alain en remplace un autre... Et personnellement j'aurais préféré garder Juppé. Député du Cantal, Alain Marleix était responsable des investitures à l'UMP. Mais il est également l'un des rares parlementaires à avoir signé la proposition de Christian Vanneste visant à son auto-amnistie par l'abrogation de la loi pénalisant les propos homophobes. Heureusement qu'il n'est qu'aux anciens combattants...
Rama Yade : secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes, chargée des Affaires étrangères et des Droits de l’homme.
Benjamine du gouvernement, elle a marqué les esprits par sa combativité sur les plateaux TV ou encore lors de l'investiture de Nicolas Sarkozy. Pour le moment, sa verve me plaît. Est-ce qu'elle aura l'occasion de la mettre au service de nouvelles relations avec les autres pays, j'en doute.
Luc Chatel : secrétaire d’Etat auprès de la ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi, chargé de la Consommation et du Tourisme.
La consommation à un homme attaché au droit des consommateurs. C'est peut-être l'une des rares fois où l'on parlera de lui, ainsi que lors des problèmes de listeria.
Martin Hirsch : haut commissaire auprès du Premier ministre, aux Solidarités actives contre la pauvreté.
C'est quoi un haut commissaire ? Martin Hirsch on connaît mieux, énarque président d'Emmaüs France. Il dit qu'il a envie d'agir autrement, s'il peut agir concrètement il aura fait plus que ce que son titre annonce...
Bernard Laporte : secrétaire d’Etat auprès de la ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, chargé de la Jeunesse et des Sports (à compter de fin octobre 2007).
Joker imprévu de Nicolas Sarkozy dont il était l'un des soutiens people. Travailler plus pour gagner plus, et c'est Laporte qui va vous entraîner afin de garder le rythme ! Un vrai sportif aux Sports !... Il y avait déjà Lamour et je l'avais trouvé effacé. Laporte nous a montré qu'il savait donner de la voix, pas sûr que cela soit efficace. L'avantage d'ouvrir cette fois les secrétariats d'Etat à la société civile, c'est que leur démission ou leur renvoi sont moins douloureux que s'ils étaient ministres.
TITEM
22:00 Publié dans Retour de manivelle : politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, France, Gouvernement Fillon, Sarkozy
18/06/2007
Elections 2007 : fin de la tragédie en 4 actes (ou petite pièce moyenâgeuse naïve)
Oyez, oyez, bonnes gens ! Le rideau est tombé dimanche soir sur la scène des élections françaises. 22 avril, 6 mai, 10 et 17 juin : 4 actes pour une pièce palpitante, avec ses héros, ses défis, ses tragédies... Et du suspens jusqu'au bout.
Le scénario ? Dans ce vieux pays, la France, que l'on dit sans cesse en retard, rétif à toute réforme, le vieux roi doit céder la place son trône. Qui pour le remplacer ?
Le chevalier Sarkozy, au blason frappé du pommier, assoiffé de victoire et de pouvoir ? La princesse à la rose Ségolène qui sourit et plait au peuple (et aux tabloïds) ? Le baladin Bayrou, chasuble orange pétante, qui contait la France impartiale et réunie, le peuple souverain, refusant de servir la cause de la pomme ou de l'épine ? Le dragon Le Pen qui, terrorisant le petit peuple par l'invasion des sarrasins, espérait montrer que son souffle rauque pouvait aussi les défendre ? Chacun avait son projet pour la France, et est venu le présenter devant les Français, lors de grandes foires ou directement chez eux, grâce à la boîte à troubadours. Les Français allaient pouvoir voter. Et ils le firent, en nombre. En très grand nombre.
Le dragon Le Pen était furieux : le chevalier Sarkozy, en lui karchérisant la gueule (bah oui un dragon c'est comme le crocodile, ça a une grande gueule et des petits bras) avait conquis beaucoup de ses électeurs. Le baladin Bayrou n'a pas pu empêcher ses électeurs de revenir vers la princesse ou le chevalier. Le chevalier Sarkozy a fait parler les valeurs
de la chevalerie, de la noblesse et de la fraternité pour débaucher solliciter de nouveaux amis. Même la princesse, qui était en réalité célibataire mais on ne le savait pas encore, a essayé d'aguicher le baladin Bayrou (un autre François pour la France Présidente) et ses électeurs (je sais c'est gratuit...). La princesse et le chevalier s'affrontèrent lors d'une joute verbale ; les journalistes comme depuis el début de la campagne, se contentaient de compter les points, les coups et les soutiens. La princesse a sorti son arme secrète : la "colère saine", mais ça n'a pas vraiment marché.
C'est finalement le chevalier Sarkozy qui l'a emporté. Pendant l'entracte, il a réuni plusieurs de ses amis pour gouverner avec lui : il y avait Fillon (encore un François !) qui voulait comme le chevalier Sarkozy gagner des joutes, l'éminence verte-écolo Juppé "le meilleur d'entre nous", la sorcière MAM qui n'aimait rien d'autre que les soldats et la maréchaussée, l'amuseur Borloo et ses tours de passe-passe social... Mais aussi, et c'est là que ça devient marrant, des "félons" (c'est en tout cas ainsi qu'on les appelait à gauche) : l'apothicaire Kouchner, Morin qui chantait avec Bayrou a jeté son dévolu sur la flotte et la cavalerie de métal, et le trésorier Besson, qui n'aimait pas du tout la princesse Royal.
Mais pour gouverner la France, il fallait jouer au jeu de la démocratie. On demande aux Français de voter des représentants, les députés, qui décident votent les lois que le gouvernement leur soumet. Parfois ils se bagarrent à l'assemblée, parfois ils débattent mais ça ne va pas assez loin. Souvent ils sont absents. A la fin du 3ème acte, beaucoup de seigneurs bleus étaient arrivés en tête. 109 avaient été même élus au premier tour. Seulement les Français en avaient un peu marre de cette pièce dont ils pensaient connaître la fin, et ils avaient beaucoup moins voté.
Pourtant ceux de la rose leur ont dit qu'il était important de voter, surtout s'ils ne voulaient pas de la TVA sociale, une nouvelle gabelle qui allait écumer leurs bourses. Ceux de la pomme déclaraient qu'il fallait remplir les caisses de l'Etat, vides, afin de pouvoir mener de grands projets. Grâce aux chasubles orange, ceux de la rose ont réussi à faire gagner plus de seigneurs de leur camp que ce que les sondages avaient prévus. Mais ceux de la pomme ne voulaient pas reconnaître qu'ils n'avaient pas vu cette
mauvaise dernière récolte
Même que Juppé, qui avait perdu dans son duché bordelais, est tombé en disgrâce. Il y a eu des méchants condamnés par la justice qui ont gagné (Vanneste, Ceccaldi-Reynaud...) d'autres qui ont perdu (Mellick, Carignon...). Des opportunistes comme Klarsfeld, qui parcourait la circonscription en roller pour aller plus vite au Palais du nouveau roi Sarkozy, qui a perdu. La harpie Noachovitch qui hurlait très fort et en appelait à Dieu. Bayrou et quatre de ses troubadours ont gagné leur combat, et ils devront chanter très fort eux aussi pour se faire entendre. Mais pour un nouveau camp, c'est pas si mal. Les pommes pas mûres (qui étaient orange et sont devenus bleu pâle) seront 22. Les ermites écolos ont réussi à trouver un nouveau disciple, et peut-être que les 17 rouge de la Cour des Miracles (car ça relève bien d'un miracle !) s'allieront avec eux. 577 petites scènes et petits seigneurs pour faire une grande scène.
Et les projets me direz-vous ? Beaucoup de promesses, peu de débats de fond sur l'identité de la France dans le monde, face aux nouveaux enjeux du Monde. Nous verrons si le roi Sarkozy et ses conseillers parviendront à remettre la France sur les rails... Enfin sur les chemins à la conquête du Graal : la croissance !
Le rideau est tombé, dimanche soir sur la scène des élections françaises... Mais "show must go on" !
TITEM
19:20 Publié dans Retour de manivelle : politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Elections législatives 2007, Elections présidentielles 2007, France, Humour, Sarkozy, Royal
10/06/2007
Za zdorovie, Monsieur Sarkozy !
13:50 Publié dans Retour de manivelle : politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique étrangère, Sarkozy, Russie, France, Relations Internationales
18/05/2007
Nicolas Sarkozy : la rupture dans la continuité
On a beaucoup moqué une certaine illusion de la "rupture" prônée par Nicolas Sarkozy à longueur de meetings. Le président qui circule dans Paris vitre ouverte ? Seule la gamme de la voiture marquait une différence avec une image déjà bien connue d'un ancien président élu en 1995.
Une rupture de façade aussi dans la nomination des ministres, recyclés pour l'occasion. Ce que les nominations de ce matin ont d'une certaine manière confirmée : retour d'Alain Juppé à un ministère (Ministre d'Etat chargé de l'écologie, du développement et de l'aménagement durable), de Xavier Darcos et de Roselyne Bachelot. Confirmation de Jean-Louis Borloo, Michèle Alliot-Marie, Xavier Bertrand, Christine Lagarde, Brice Hortefeux ou Dominique Bussereau... A ce jeu de chaises musicales il ne manquait plus Philippe Douste-Blazy ! D'ailleurs il est absent de ce gouvernement de François Fillon. Dans l'ensemble, on refait du neuf avec du vieux...
On peut objecter la présence de personnes qui n'ont jamais été ministres : Christine Boutin, qui a su négocier son soutien à Nicolas Sarkozy, dont elle fut conseillère politique pendant cette campagne présidentielle. Mais surtout deux visages relativement jeunes : ceux de Valérie Pécresse et de Rachida Dati.
L'autre aspect remarquable de ce gouvernement, c'est de voir que l'opportunisme, ça paye ! Mention spéciale à Hervé Morin, Président du groupe UDF à l'Assemblée Nationale, qui disait pis que pendre de Nicolas Sarkozy, et trouve un moyen de réaliser le gouvernement rêvé de François Bayrou en entrant au service de l'adversaire UMP. Eric Besson, pour avoir crié très fort qu'il quittait Royal -le problème n'était pas tant de la quitter que de la manière dont il a procédé- gagne le secrétariat d'Etat à la prospective et aux finances publiques. L'ouverture oui, mais pas n'importe qui quand même...
On peut espérer que la nomination de Bernard Kouchner, électron libre du socialisme, permettra d'effectuer une rupture dans la diplomatie française. Pro-européen et américain, sensibilisé aux questions du tiers-monde... La rupture se mesurera à la hauteur des moyens et de la latitude dont il disposera.
Déjà, Nicolas Sarkozy impose son style. La rupture est nette à ce niveau-là : relations assumées avec les stars du show-biz ou les industriels. La petite famille recomposée à l'Elysée, avec des réminiscences du style Kennedy, que ce soit au niveau de la beauté de Cécilia Sarkozy-Jackie Kennedy ou de la curiosité du petit Louis alias John-John... Un président qui veut montrer sa pleine forme (et qui court avec son Premier Ministre au Bois de Boulogne comme Clinton autour de la maison Blanche). Une rupture avec l'ordre mornachique d'un président qui prend les dossiers à bras le corps : déjà deux déplacements emblématiques : Berlin et Toulouse.
On peut supposer un net renforcement du présidentialisme, Nicolas Sarkozy n'ayant jamais été inactif, toujours prêt à s'emparer de tel ou tel sujet.
Au niveau plus poltiique, on se moquait déjà du "retournement de veste" d'un Nicolas Sarkozy jadis pourfendeur de l'autoflagellation. Le voilà au côté de Jacques Chirac lors des cérémonies de commémoration de l'abolition de l'esclavage ce 10 mai dernier. Je pense qu'on se trompe dans la critique : c'était aussi un moment de fierté pour une France qui, parmi les premières, a aboli l'esclavage. Bien que la réalité des colonies fut bien différente.
La véritable rupture, au-delà des critiques goguenardes à chaud, se mesurera aux politiques menées, et je vois 3 ruptures avec la pratique politique ancienne :
- Si les (vraies) réformes sont engagées, 1ère rupture possible.
- Dans un esprit de dialogue mais de fermeté à la place des consensus mous, 2ème rupture possible.
- Si elles vont dans un sens annoncé comme plus libéral, que cela inquiète ou que cela soit souhaité, 3ème rupture envisageable.
Les 100 prochaines journées seront très importantes pour le gouvernement en place. S'il veut mener la rupture prônée, il lui faudra veiller à ce que ce passage ne laisse personne en cours de chemin. La mobilisation de la démocratie telle que nous l'avons vécue dernièrement l'exige ardemment.
TITEM
16:45 Publié dans Retour de manivelle : politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Sarkozy, Gouvernement Fillon
10/05/2007
Les médias absents de la fête de l'Europe
Obnubilés par la croisière de Nicolas Sarkozy sur le yacht de Vincent Bolloré, suite à son éléction, les médias en auraient totalement oubliés de parler des vrais sujets, ceux qui, à défaut d'intéresser les Français, devraient être abordés. Alors peut-être que je vous l'apprends, mais hier, le 9 mai donc, c'était ... la fête de l'Europe !
Pas un reportage, si peu d'articles de presse ou de commentaires à la radio, à propos de la fête de l'Europe qui fêtait cette année ces 50 ans ! L'Europe, à laquelle nous appartenons, qui règle notre quotidien (sans il est vrai que l'on s'en aperçoive, grâce à laquelle nous devrions être plus fort à 27 que seul. Pas un mot. Ah si : pour présenter l'Europe sur un mode dépréciatif en annonçant les risques de sanctions contre la France si elle n'ouvre pas le livret A à la concurrence.
Que signifie ce quasi-silence ? Que les quelques jours de repos de notre futur Président de la République sont plus intéressantes que l'avenir de l'Europe et des Européens ? Dans ce cas, je plains notre pays qui subit cette peoplesation de la politique et cette course au sensationnel au détriment de l'analyse.
Cela signifie qu'aucune fête d'envergure n'a été prévue ? C'est possible, mais cela dispensait-il de dire pourquoi, et quels sont les projets du futur président de la République pour relancer l'Europe ? A ce titre, il aurait été tout à fait intéressant de parler davantage de la réaction du Président de la Commission constitutionnelle au Parlement Européen, le social-démocrate Jo Leinen (voir cet article). Ce dernier a estimé que "le mini-traité européen proposé par Nicolas Sarkozy est inacceptable". Il a ajouté qu'il n'accepterait aucun régression en matière de démocratie, de transparence... et dénonce les tentatives de "pinaillage". Ce n'est d'ailleurs pas tant une réponse à Nicolas Sarkozy en particulier qu'à l'ensemble de nos hommes politiques, qui croient que l'on va pouvoir renégocier une constitution issue d'un difficile compromis après des années de tractations. Et surtout, on semble trop souvent l'oublier, alors que 18 pays, soient les 2/3 des Etats-membres de l'UE, ont approuvé ce traité constitutionnel !
Les hommes politiques en ont peu parlé pendant leurs campagnes respectives ? C'est vrai, mais si les médias n'en parlent pas eux-mêmes, que l'on ne s'étonne pas par la suite que les Français soient si mal renseignés sur l'Europe. Quand je vois la manière dont les européens s'intéressent à nous, et dont nous nous intéressons à eux, le fossé se creuse. Et je ne trouve pas cela rassurant du tout.
"On a les médias que l'on mérite" me confiait récemment un blogueur. Les médias vont sans doute justifier leur fixation sur le séjour de Nicolas Sarkozy parce que "cela intéressait les Français, et il y avait une polémique à ce propos". Polémique qu'ils ont eux-mêmes créés par ailleurs, la plupart des Français considérant que cela relevait de la vie privée du futur Président. C'est donc à nous, lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, d'affirmer notre refus de cette tendance sensationnaliste des médias. A nous de faire savoir que ce dont on a envie que l'on nous parle n'est pas ce qu'ils croient, pas des informations pour l'audimat.
TITEM
PS : Nous sommes toujours à la recherche du plan B tant annoncé par les anti-libéraux !
16:00 Publié dans Médias , Retour de manivelle : international | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Médias, Europe, Droit, Sarkozy
09/05/2007
Royal / Bayrou : un même destin ?
Après une campagne où ils se sont disputés les électeurs de centre-gauche, et le résultat du 1er tour qui vit finalement la candidate socialiste l'emporter sur le candidat centriste, ces deux-là pourraient être bien plus proches qu'on a voulu le dire. Du candidat "sans programme" selon Dominique Strauss-Kahn, François Bayrou passait au statut de personne fréquentable, avec lequel Ségolène Royal pouvait même débattre, dans les conditions que l'on connaît. Finalement, François Bayrou déclarait qu'il ne voterait pas pour Nicolas Sarkozy, tout en ne concédant pas vouloir voter pour Ségolène Royal.
Et aujourd'hui ? Nicolas Sarkozy est élu président avec 53% des suffrages. Et chacun de ses deux malheureux concurrents doit faire face à une crise de leadership au sein de son parti.
Il faut sauver le soldat Bayrou ! (voir ici le billet)
Au PS, les éléphants ont les défenses longues (voir ici le billet)
Unis dans l'adversité ?
Chahutés dans leur leadership, François Bayrou et Ségolène Royal devront-ils se contenter de jouer les seconds couteaux de la politique après avoir nourris tant d'espoir de la part des Français (respectivement 6.8 et 9.5 millions) ? Des discussions me semblent nécessaires de la part de ces deux personnes au même objectif : empêcher l'UMP de recueillir une majorité absolue au Parlement. L'UMP n'a d'ailleurs aucun intérêt à une telle majorité : donner une place à l'opposition ne se limite pas à élargir son gouvernement à 2 ou 3 personnes "de gauche ou du centre". Etrangement, sa tactique de rapprochement avec un UDF-canal historique, façon "faux-nez de l'UMP" commentait Marielle de Sarnez, étoufferait la possibilité de faire participer une réelle opposition. Faut-il rappeler ces commentaires qui disaient que l'élection de 2007, par son taux de participation, donnait naissance à une nouvelle ère politique ? Qu'il faudra représenter les 17 millions d'électeurs qui n'ont pas voté Sarkozy ? De 2002 à 2007, les trois grands partis démocratiques sont passés de 40 à 75%. Il est temps de faire la politique autrement, au risque de revenir au séisme de 2002. Et nul doute que l'on tombera de plus haut.
TITEM
16:00 Publié dans Retour de manivelle : politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Elections Présidentielles 2007, Bayrou, UDF, Sarkozy, UMP, Royal
08/05/2007
Quand Nicolas Sarkozy voyage en falcon maltais, les médias voient rouge...
Pour quelqu'un qui voulait passer des vacances en famille et dans la discrétion, c'est raté. Après avoir laissé sous-entendre qu'il pourrait partir en Corse, les autorités aéroportuaires maltaises ont fait savoir que Nicolas Sarkozy avait débarqué à La Vallette. Dès que les médias ont compris que la Corse n'était qu'un chiffon rouge pour les duper, tous ont cherché à savoir ce que cachait ces quelques jours loin des troubles de la France.
Tout tout tout vous saurez tout sur Sarkozy ! Et comment son ami, l'industriel Vincent Bolloré lui a prêté son jet privé (un Falcon 900 EX) pour arriver en territoire maltais, avant








