22/11/2007
Affaire Mulroney : scandale et coups bas politiques, ailleurs qu'en France !
Article également disponible à la lecture sur mon nouveau blog d'opinions et mon carnet de voyages.
La mise en examen de notre ancien président de la République, Jacques Chirac, ne manquera pas de susciter de nombreux commentaires. Ce n'est pas comme si l'on ne s'y attendait pas, mais tout de même, c'est la première fois dans l'histoire de notre République. Ce n'est peut-être pas la seule affaire où il sera d'ailleurs mis en examen : pourquoi ne pas envisager une belote-rebelote avec la mise en examen de Jacques Chirac dans l'affaire Clearstream, après celle de son ancien Premier Ministre Dominique de Villepin ?
En France, on a connu plusieurs décennies de scandales : affaire Elf, affaire du sang contaminé, comptes occultes des partis politiques, Clearstream... Pour n'en citer que quelques uns. On a tôt fait de critiquer notre "République bananière" les "corrompus de la République"... des scandales trop nombreux pour un seul pays. Nonobstant la présomption d'innoncence, c'est oublier que le pouvoir a tendance à brûler les doigts de ceux qui en disposent. Voilà que peu avant la mise en examen de Jacques Chirac, un scandale politique revient à l'actualité au Canada : l'affaire Mulroney-Schreiber, touchant l'ancien Premier Ministre progressiste-conservateur Brian Mulroney (voir la petite biographie que je lui consacre).
Le 13 novembre dernier, le Premier Ministre canadien, Stephen Harper, annonçait la nomination d'un conseiller indépendant qui proposera au gouvernement les modalités d'une enquête publique publique sur les agissements de Brian Mulroney, et non plus seulement de déterminer si une telle enquête publique est nécessaire.
Ce changement de décision fait suite à une intense série de questions adressées au Premier Ministre par des députés de l'opposition. Disons-le tout net bien que n'ayant pour ma part aucun avis sur Stephen Harper, ces députés semblaient trop ravis de pouvoir bousculer ce dernier, qui appartenait au parti de Brian Mulroney. Certains n'ont d'ailleurs pas hésité à arguer que Stephen Harper avait pu tremper dans le scandale ! S'en suivirent des échanges de coups bas comme on les déplore en politique : "Le Parti libéral veut-il par exemple que je lance une enquête sur les intérêts de M. Chrétien (ancien Premier Ministre du Canada) dans divers terrains de golf et hôtels et les décisions de la Banque de développement ?" a répondu Stephen Harper.
Mais de quel scandale parle-t-on ?
Brian Mulroney aurait fini par reconnaître par la voix de son porte-parole Luc Lavoie qu'il aurait reçu 300.000$ comptant de la part d'un homme d'affaires trouble germano- canadien, Karlheinz Shreiber, actuellement en prison et sous le coup d'une demande d'extradition de l'Allemagne. Cette somme d'argent aurait été convenue en échange de lobbying pour l'installation d'une usine de papeterie, mais n'aurait été déclarée que bien plus tard aux impôts.
Ce qui a fait changer d'avis Stephen Harper, c'est que Brian Mulroney déclare qu'il a reçu cette somme après sa démission, quand Karlheinz Schreiber déclare que le Premier Ministre était toujours en poste.
Pour le reste, je reprends ce paragraphe d'un article du Devoir : "Toute cette histoire a son importance, car lorsque M. Mulroney était premier ministre du Canada, la société de la Couronne qu'était alors Air Canada avait acheté 34 appareils de la compagnie Airbus au coût de 1,8 milliard de dollars. Quelque temps après, des millions de dollars avaient été transférés d'Airbus à des comptes bancaires suisses détenus par M. Schreiber. M. Schreiber, qui a l'habitude d'attribuer à ses comptes de banque un nom ressemblant aux personnes à qui l'argent est destiné, en possédait un appelé «Britan»."
Et si le Canada remet cette affaire à jour, c'est parce que, toujours selon le devoir "en 1997, Ottawa a dû verser 2,1 millions de dollars en dédommagement à M. Mulroney parce que la GRC (Gendarmerie Royale du Canada) avait, apparemment à tort, allégué deux ans plus tôt dans une lettre destinée au gouvernement suisse que l'ancien premier ministre avait joué un rôle dans une affaire de pots-de-vin liés à la lucrative vente de 34 appareils Airbus à Air Canada. Les allégations de cette semaine (du porte-parole de Brian Mulroney) sèment des doutes quant à la pertinence d'avoir consenti cette somme (de 2,1 millions de dollars".
Brian Mulroney justifie cette "erreur colossale" par une brutale baisse de ses revenus. Une justification qui a valu cette remarque très mesquine d'une sénatrice libérale (extrait d'un article de cyberpresse.ca) : "Mme Hervieux-Payette dit qu'elle trouve étrange que l'ancien premier ministre ait eu de tels besoins financiers quand on voit le luxe de sa résidence, luxe qu'elle compare à celui de la maison de Pauline Marois, la leader du Parti québécois".
Pas joli joli... Des scandales politiques, des coups bas : il ne manquerait plus que la justice s'en mêle. L'ancien Premier Ministre du Canada, Jean Chrétien, regrette d'ailleurs que ce ne soit pas la police qui se soit chargée de l'affaire. Ce qui est sûr, c'est que cela donne une bien piètre image de nos dirigeants politiques... Baume au coeur un peu cynique pour les Français : les scandales politiques, ça n'arrive pas que chez nous !
TITEM
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24/10/2007
La Pologne de retour en Europe (?)
C’est un grand jour pour la Pologne. Une grande chance aussi. Une chance pour elle, grâce à la victoire du parti libéral PO de Donald Tusk aux élections législatives, de revenir dans le concert des nations, et de montrer un visage différent que celui que la diarchie gémellaire Kaczynski, conservatrice et eurosceptique, nous présentait.
Je le dis avec autant de sincérité que j’ai eu à plaisir à visiter ce pays il y a 4 ans maintenant. Et j’y ai découvert des gens chaleureux, plein d’humour, parfois roublards mais sympathiques, ayant soif d’Europe. Mais aussi des gens ayant peur de l’Europe, de l’ouverture… très campés sur des positions catholiques rétrogrades.
C’est cela aussi la Pologne. Il y eut la coalition du parti conservateur, PiS (Droit et Justice) avec le parti populiste agrarien et anti-libéral Saamobrona ainsi que la Ligue des Familles Polonaises, ultra-catholique, xénophobe, antisémite, anti-européen et homophobe (rien que ça !). Il y eut le soutien de la radio antisémite Radio Maryja.
Il y eut le Ministre de l’Education, Roman Giertych, qui écrivait à la porte de son bureau “interdit aux journalistes et aux homosexuels”, licencia des employés ouverts aux droits LGBT, lança une enquête sur l’homosexualité d’un teletubbie, ridiculisant son pays.
Il y eut l’euroscepticisme des frères Kaczynski, négociant jusque tard dans la nuit pour obtenir des concessions de la part des autres pays européens, retardant le processus d’intégration.
Il y eut la vague germanophobe, où la présidence polonaise réclamait plus de voix au prétexte fallacieux que si l’Allemagne n’avait pas envahi la Pologne en 1939, la Pologne serait plus peuplé et aurait de ce fait plus de poids en Europe, ce qui avait fini par provoquer l’exaspération d’Angela Merkel et de la presse Allemande.
Il y eut enfin les dirigeants et spécialistes de l’Europe qui avouaient à demi-mot qu’il souhaitait la défaite du PiS et de ses alliés extrémistes.
C’est chose faite. Porté par une vague de participation (53% seulement, mais 13 points de plus qu’il y a deux ans), la Plateforme Civique remporte les élections. PiS a été puni dans les urnes pour avoir succombé à la corruption qu’il souhaitait combattre et pour ses positions eurosceptiques qui marginalisaient la Pologne. Saamobrona et la LPR, avec à peine 1,5%, sont balayés du paysage politique.
Le chef de PO, et futur Premier Ministre, Donald Tusk, a annoncé qu’il signerait la charte des Droits Fondamentaux que les Frères Kaczynski refusaient de signer.
Alors certes, il faudra encore surveiller la Pologne. Lech Kaczynski a prévenu qu’il userait de son droit de veto. Donald Tusk devra aussi composer et faire des compromis entre l’Europe et des Polonais souvent sceptiques. Il a promis de s’attaquer au problème de la corruption, et maintiendrait la controversée police anti-corruption. Il lui faudra aussi s’intéresser à ces Polonais qui fuient leur pays pour des raisons économiques, vers l’Irlande notamment.
Il est lui aussi catholique, dans un pays très croyant, et il ne faut pas croire que sur l’avortement ou l’homosexualité, la Pologne prendra un virage aussi rapide que l’Espagne par exemple. Mais c’est la fin des alliances morbides avec l’extrême-droite… du moins en Pologne. La Pologne peut repartir sur de nouvelles bases.
A lire également sur mon nouveau blog.
TITEM
10:00 Publié dans Retour de manivelle : international | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Pologne, Europe, Politique, Elections
16/07/2007
La rupture Royal : tirer (enfin) les leçons d'une défaite ?
De retour de vacances en Corse - ce qui vaut à Paris Match d'être poursuivi pour avoir publié des photos la montrant en maillot de bain, en compagnie de sa fille - Ségolène Royal se remet au travail. Point de départ de ses devoirs de vacances : un séminaire sur l'analyse d'une défaite. Elle a retrouvé notamment ses camarades : Julien Dray, Delphine Batho (qui a pris la suite de Ségolène Royal dans la 2è circonscription des Deux-Sèvres) ainsi que ses deux co-directeurs de campagne, François Rebsamen et Jean-Louis Bianco.
Surprenante Ségolène Royal qui pendant la campagne veut concilier démocratie participative et des thèmes que l'on dit "de droite". Être à l'écoute des Français, c'est bien. Avoir un projet clair, précis et presque exhaustif... des convictions (!), c'est mieux. Au final, elle n'obtient qu'un peu moins de 47% des suffrages : 17 millions de Français. C'est beaucoup et peu à la fois. Mais pour Ségolène Royal, l'élan est en marche pour de futures victoires. Et l'horizon 2012 n'est que dans 5 ans pourrait-on dire.
"Ouf, il était temps ?" ou "Voilà qui ne va pas arranger les disputes de bac à sable ?"
Et bien sans doute un peu des deux...
Pendant ces deux derniers moi, ce fut comme si elle avait gagné les élections : elle parle de la liesse, de l'espoir qu'elle a fait naître... Mais nullement de ceux qu'elle a déçus en ne finissant pas sa course à l'Elysée. Pas plus de ce qu'il aurait fallu faire pour convaincre la majorité. Voir de l'avant, c'est positif, mais encore faut-il prendre la mesure de ses défauts, de ses points faibles. La sagesse populaire dirait "C'est en ce plantant qu'on prend racine".
Voilà donc que Ségolène Royal met fin à cette méthode Coué ridicule "voyez ce que j'ai envie que vous voyez" pour ne pas démotiver les militants socialistes qui assistent impuissants à la fuite des "cerveaux". Avec quelle réussite... Mais ne nous réjouissons pas vite : ce n'est que la première étape d'un bilan que la candidate socialiste désire "sans complaisance et sans masochisme". Il était temps.
Mais voilà qui n'arrangera pas (à court terme) les affaires du PS. Déchiré par "l'ouverture sarkozyste"
et la façon dont il convient de réagir, divisé entre une fraction "Royal" qui veut la refondation immédiate, et une fraction "Hollande" qui tient au respect d'un calendrier long... Voilà que de nouveaux réglements de compte s'annoncent : quel part chacun a dans la défaite ? Calendrier qui, du reste, sera bien difficile à tenir : comment imaginer le premier congrès majeur après les municipales de 2008 seulement ? C'est aujourd'hui que le Parti Socialiste doit accomplir sa refonte idéologique. L'enjeu est de taille : relancer le débat démocratique dans une société qui semble n'avoir rien à redire aux différents projets du président nouvellement élu.
TITEM
23:00 Publié dans Retour de manivelle : politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Politique, France, Royal, PS, Elections présidentielles 2007, Sarkozy
25/06/2007
L'Europe relancée à Bruxelles, mais l'Europe toujours pas simplifiée
Victoire nous dit-on, le projet européen est relancé. Après de multiples tractations qui durèrent jusque tard dans la nuit, le sommet de Bruxelles du samedi 23 juin a permis d'aboutir à un "traité simplifié", en fait un "traité modificatif" qui devient de fait le " Traité sur le fonctionnement de l'Union"... Mais qui n'entrera en vigueur qu'après la ratification des Parlements des Etats-Membres.
On a pourtant frôlé la crise. Angela Merkel, poussée au bout de sa patience par la diarchie gémellaire polonaise (les jumeaux Kaczynski), laissait entendre qu'elle pourrait poursuivre les négociations sans la Pologne. Victoire donc pour Nicolas Sarkozy, qui, aidé de Tony Blair, parvenait à arracher un pénible accord de Varsovie. La règle de la double majorité (55% des Etats membres représentants 65% de la population européenne) n'entrera en vigueur qu'en 2017. De 2014 à 2017, un pays pourra choisir de voter selon cette règle ou celle du traité de Nice. Voilà qui laisse latent le risque de blocage que l'on ne cesse de dénoncer, comme si ce traité modificatif entérinait dans les faits et pour 10 ans ce risque.
Le traité portant sur la Constitution de l'Europe devait simplifier les traités existant en s'y substituant. Les dirigeants des 18 pays qui avaient dit "oui" ressortent amers de ce sommet qui enterre ce projet présidé par Valéry Giscard d'Estaing. Certes le projet européen est relancé, mais de quelle manière ? Le ministre des affaires étrangères belge, Karel de Gucht, dénonce : "Le but du traité constitutionnel était d'être plus lisible, le but de ce traité-là est d'être illisible". La partie 3 du TCE, qui reprenait les traités antérieurs, jugée incompréhensible par les citoyens, disparaît de ce traité. Mais comme ce dernier s'ajoute aux autres traités existants, le résultat est le même. Et par exemple, la notion de "concurrence libre et non faussée", concession accordée à la France qui avait voté non, demeure dans les traités antérieurs. Vous avez dit simplifié ?
Alors au final qu'est-ce qui change dans ce traité simplifié ? La présidence tournante de l'Union d'une durée de 30 mois est confirmée, le ministre des affaires étrangères n'est plus que le "haut représentant de la PESC", de nouveaux domaines de compétence sont étendus à la majorité qualifiée... Le mot Constitution disparaît, mais le traité décrit les institutions européennes, qui demeurent presque intactes. L'Union Européenne dispose de la personnalité juridique, et ces trois piliers (Les Communautés Européennes, la PESC, la coopération judiciaire et policière) fusionnent, comme il était prévu dans la Constitution. Mais pendant 10 ans, un pays pourra s'opposer à toute avancée. La Charte des droits fondamentaux ne fait plus partie de ce traité... mais il y est fait référence et surtout elle conserve la valeur juridique contraignante que lui conférait le TCE. Seul le Royaume-Uni est exempté de son application, ce qui entérine là encore une Europe à deux vitesses pour les uns, en cercles concentriques pour d'autres.
Mais le résultat est là. L'essentiel des institutions est préservé, mais ce traité n'a rien de simplifié. Ce qui demeure,
également, c'est la cicatrice de deux "non" au référendum sur le TCE qui a perturbé l'histoire, il est vrai chaotique, de l'Union Européenne. Cette cicatrice, c'est aussi celle de la perte de l'idée européenne. Le Président du Conseil Italien, Romano Prodi, dénonçait d'ailleurs à ce titre la disparition des références aux symboles de l'Union. Un compromis qui satisfait néanmoins des Etats dont leurs peuples continueront de fustiger la distance d'une Europe technocratique.
TITEM
P.S. : Et si vous ne comprenez pas, FX se fera un plaisir de vous expliquer l'abandon de la Constitution Européenne au profit du traité modificatif (voir ici).
22:30 Publié dans Retour de manivelle : international | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Europe, TCE
21/06/2007
Matignon fait disparaître C. Vanneste d'une photo de François Fillon
Nouvel épisode dans les relations ambiguës entre l'UMP et Christian Vanneste, le député réélu de la 10ème circonscription du Nord (Tourcoing-Vallée de la Lys), condamné pour propos homophobes.
Mardi dernier, le Premier Ministre François Fillon s'est rendu à Tourcoing, ainsi que le précise son agenda sur Internet :
Mardi 16h : Tourcoing - Visite de l’entreprise "Union Textiles de Tourcoing" - Table ronde avec des chefs d’entreprises et des salariés
Première surprise, il n'est pas précisé qu'il y rencontrera Christian Vanneste. Ce dernier, en plus d'être donc le député CNI-UMP réélu de la circonscription, est pourtant président du groupe d'études de l'industrie de la chaussure, du textile et de l'habillement, ce qui concerne précicément la visite de Christian Vanneste. Ils se sont pourtant rencontrés, comme le confirme cette photo.
Christian Vanneste s'est dit « Très heureux » d'accueillir François Fillon : « On n'est jamais fâché avec quelqu'un qui fait 58% » a-t-il déclaré. Un journaliste demandant confirmation à François Fillon, afin de savoir s'il était heureux d'être aux côtés de Christian Vanneste, n'a pas obtenu de réponse. Du moins pas oralement...
Le service de presse a publié les photos de cette visite de François Fillon à Tourcoing... Et on voit nettement que la photo en bas à droite à été truquée : plus petite que le cadre, un bord blanc à droite. Alors qui trouvait-on à cet endroit là ?
La réponse nous est donnée par Alain Piriou, sur son site. Et oui décidément, l'hypocrisie est au sommet de l'Etat. D'autres sites se sont emparés de cette manipulation d'images :
- Les Blogonautes
- Le blog de Laurent Gloaguen(Embruns.net)
- Le blog de Luc Mandret (Lancelot, ma vie en Narcisse)
Christian Vanneste, un soutien trop encombrant pour l'UMP ?
Si les relations entre l'UMP et Christian Vanneste sont ambiguës, la supercherie est ici très claire. Christian Vanneste avait été reçu comme les autres parlementaires UMP le 22 mai, alors même qu'il n'était pas réinvesti par le parti. Un député supplémentaire pour voter les lois. Mais un allié plutôt encombrant, condamné par la justice pour des propos injurieux, avec lequel on ne souhaite pas être vu. Ce n'est même pas la première fois que cela arrive. En juillet dernier, Jean-François Copé avait dû se justifier quant à sa présence auprès de Christian Vanneste. Celui qui était alors porte-parole du gouvernement déclara alors que sa visite entrait dans le cadre de ses fonctions ministérielles, mais qu'il désavouait les propos du député.
Que gagne l'UMP à ce jeu du chat et à la souris qui ne trompe personne ? Rien ! Ses tergiversations attisent les spéculations qui le desservent, car elles passent pour un soutien mal assumé, voire refoulé. Une chose est néanmoins certaine, Christian Vanneste dérange, car il représente une droite dogmatique, ouverte sur l'extrême-droite et les milieux catholiques traditionnels et conservateurs. Une image dont l'UMP tâche tant bien que mal à se défaire.
Les habitants de la 10ème circonscription du Nord ont voté pour Christian Vanneste, qui s'est fait remarquer par sa présence sur le terrain, et la mise en exergue de quelques soutiens politiques. Ils doivent aussi savoir que ce n'est qu'un moyen de dissimuler le malaise d'un parti qui ne le soutient que mollement.
TITEM
22:00 Publié dans 10ème circonscription Nord | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, 10ème circonscription Nord, Gouvernement Fillon, Vanneste, Tourcoing
20/06/2007
Nicolas Sarkozy, président de tous les Français ?
Une fois élu, le candidat acquiert une autre stature : celle du Président de la République. Il n'est plus seulement le candidat d'un parti, élu par une majorité des électeurs qui se sont exprimés. Il devient le dirigeant, le représentant de tous les Français. Qu'on le veuille ou non. Cela correspond à l'idée que se faisait le fondateur de la Vè République, Charles de Gaulle, du Président de la République. Un homme au-dessus des partis et des coteries.
Mais une fois que l'on a dit ça, on n'a pas beaucoup avancé sur la position du nouveau Président de la République, Nicolas Sarkozy. Elu par près de 19 millions de Français, soit 53% des 85% d'électeurs : c'est un nombre significatif, important, mais ça n'est pas la majorité des Français. Il lui faut donc user de symboles et de formules pour tenter de réunir tous les Français, quelques soient leurs différences.
Evocation de telle figure de l'histoire, effets rhétoriques... et nominations de quelques hommes et femmes politiques d'un parti différent que le sien, et qui acceptent de tenter l'expérience d'apporter des idées différentes à un gouvernement où ils sont minoritaires. Le cas le plus emblématique est le tandem Christine Boutin, de la droite chrétienne et sociale, et Fadela Amara, socialiste engagée de Ni Putes Ni Soumises. Toutes deux ont une certaine connaissance de la ville à faire valoir. Auront-elles l'occasion de faire entendre de manière égale leur opinion, rien n'est moins sûr. Mais la politique est aussi une affaire de communication, et de symboles.
Et en parlant de symboles, en voilà un qui m'a frappé. Mercredi 20 juin, le JT du 20h de TF1 est occupé en grande partie par une interview exclusive du chef de l'Etat, menée par PPDA et Claire Chazal. Et alors me direz-vous ? Ce journal est le plus regardé en France, d'autant que la rédaction de France Télévisions connaît une crise interne. Oui mais voilà : TF1 demeure dans l'esprit des Français une chaîne de droite, à tort ou à raison. C'est une chaîne privée, appartenant à Martin Bouygues, l'un des amis de Nicolas Sarkozy. Et ce dernier a annoncé qu'il n'avait pas l'intention de s'adonner à la traditionnelle interview du 14 juillet. Comme symboles, on pouvait s'attendre à plus adroit de la part du Président de la République, Président de tous les Français... qui ne s'exprime pas en direct sur la chaîne publique. Etait-ce une volonté du Président, de la rédaction de TF1 qui voulait l'exclusivité ? Je l'ignore, mais le résultat est là.
D'autre part, à plusieurs reprises, Nicolas Sarkozy s'en est pris à la gauche, notamment à Ségolène Royal, comme à ce moment là :
"J'ai vu ce qu'avait dit Mme Royal, qu'elle me permette de dire une chose, si on n'essaye rien on a rien. Ca aussi, on peut rester assis sur la partie la plus confortable de son anatomie. On regarde passer les trains, on ne pense rien, on ne propose rien on ne dit rien : avec ça, moi je n'ai pas été élu pour ça. J'ai été élu pour agir et donner des solutions".
On a certes critiqué, et je suis de cet avis, le manque de prise de positions de Ségolène Royal, qui se défaussait d'un geste de la main "les partenaires sociaux en discuteront". Oui, il faut essayer, tâtonner, avant de trouver une politique qui donne des résultats positifs. De là à s'attaquer, en tant que Président de la République, de cette façon là, à une personnalité de l'opposition, comme il pouvait le faire lors de la campagne présidentielle, il y a une marge.
C'est la fonction de Président qui transforme l'homme en président. Nicolas Sarkozy a rappelé plusieurs fois qu'il mesurait encore plus la responsabilité qui est la sienne. On le voit d'ailleurs moins en retrait que ses prédécesseurs. Mais s'il agit comme un opposant, ou un candidat, il aura encore plus de mal à convaincre qu'il est bien le Président de tous les Français.
TITEM
23:30 Publié dans Retour de manivelle : politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, France, Sarkozy, Médias
19/06/2007
Revue des troupes du gouvernement Fillon II
A mon tour de vous donner mon avis sur le gouvernement Fillon II, maintenant que les secrétaires d'Etat ont été nommés. Voulu par François Bayrou, Nicolas Sarkozy a fait ce gouvernement d'ouverture : aux gens de gauche, qui critiquent le débauchage ; au centre, les opportunistes qui ont voulu sauver leur siège et ont gagné un titre...
En fait je m'en moque un peu, du moment qu'ils accomplissent leur tâche. En toute logique, la diversité de leurs parcours, de leurs idées, devraient les inciter à avancer dans la négociation. Raison de plus pour être attentif à ce qu'il se passera concrètement. On annonçait un gouvernement resserré, et l'on voit encore une débauche de secrétaires d'Etat. C'est symbolique, ça sert au dialogue mais à part ça... De même on annonçait la parité, finalement il n'y aura que 11 femmes sur 33 personnes.
François Fillon : Premier Ministre.
Il avait mal vécu son éviction du gouvernement suite à l'arrivée de Dominique de Villepin, et s'est rangé du côté de Nicolas Sarkozy. Un homme qui me semble de conviction, pas près de céder à la première manifestation... mais attention au précédent du CPE ! Il devra en outre trouver sa place face à un Nicolas Sarkozy qui n'a pas l'intention d'être un président arbitre.
Jean-Louis Borloo : ministre d'Etat, ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables.
L'étonnant Monsieur Borloo, a gravi les échelons des ministères pour devenir le seul Ministre d'Etat, à la tête du super ministère de l'écologie. Mais ici, s'agit-il d'une promotion, ou d'une punition, pour n'avoir pas su bien expliquer la TVA sociale ? Il remplace Alain Juppé, battu dans la 2ème circonscription de la Gironde. Dommage : Alain Juppé me semblait véritablement concerné par l'écologie, même si Jean-Louis Borloo avait fondé Génération Ecologie. Qu'en reste-t-il ? L'ancien maire de Valenciennes avait essayé de réorganiser un ministère qui le trouvait déjà trop fantasque, mais où il représenterait une certaine caution sociale...
Michèle Alliot-Marie : ministre de l'Intérieur, de l'Outre-Mer et des Collectivités territoriales.
Elle a l'expérience des grands ministères après avoir passé 5 ans à la Défense, où elle est apparue à l'aise dans un milieu plutôt masculin. Mais pour se faire un avis sur son action, il va falloir qu'elle passe le "baptême du feu", alors que les banlieues sont encore en tension. Pas certain qu'elle fasse dans la dentelle... Il est possible aussi qu'elle attende son heure, en 2012 ?
Bernard Kouchner : ministre des Affaires étrangères et européennes.
Une des personnalités préférées des Français, le French Doctor a fait valoir à de multiples reprises son esprit d'ouverture et sa préoccupation pour les points chauds du globe, comme le Darfour. Certains le disent atlantiste, non seulement je ne le pense pas mais en plus je ne vois pas où est le problème. Une chose certaine, il n'a pas sa langue de sa poche... Débauchage ? Cela se mesurera aussi à la hauteur de la marge que lui laissera le président. Reste à savoir comment sa volonté de changement rencontrera les nuances de la diplomatie. Et là, on risque de déchanter.
Christine Lagarde : ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi.
Avocate d'affaires aux USA (enfin un ministre qui sait parler anglais !), classée 30ème femme la plus puissante du Monde selon Forbes... Elle est la première femme à tenir cet autre super-ministère. Elle apparaît moins sociale que Jean-Louis Borloo, mais parfaitement au clair avec les questions économiques. Femme à poigne, elle aura aussi la lourde charge d'assumer les grandes réformes de Nicolas Sarkozy.
Brice Hortefeux : ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement.
Lieutenant de Nicolas Sarkozy qui lui offre ce cadeau empoisonné : un ministère controversé, mais auquel le président est attaché. D'où sa nomination. Le titre du ministère a été soigneusement choisi, semblant prendre en compte tous les aspects de la question... mais on risque d'être déçu par le contenu de la jolie boîte. D'ailleurs s'encombrera-t-il de tant de tact ?
Rachida Dati : garde des Sceaux, ministre de la Justice.
(Pas géniale la photo je sais... Peut-être que le ministère en en développera où elle est plus à son avantage...) Les socialistes disaient "nous le ferons"... La droite l'a fait. Avocate de formation, ouverture aux minorités visibles... pour essayer de faire passer la pilule de lois plus répressives ? Sera-t-elle celle qui va laisser son nom à une vraie réforme de la Justice ?
Michel Barnier : ministre de l'Agriculture et de la Pêche.
Il a été commissaire européen, il lui faudra utiliser ses réseaux pour convaincre les partenaires européens et défendre les quotas accordés à la France. Il lui faudra apprendre aussi à mieux parler anglais...
Xavier Bertrand : ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité.
Ministre du chikungunya et de l'interdiction de fumer, quadragénaire... Je l'ai plutôt trouvé bon ministre de la Santé même s'il n'a pas été au bout de ses réformes. En tout cas à ce ministère, c'est pas le travail qui va manquer...
Xavier Darcos : ministre de l'Education nationale.
Ancien ministre délégué à l'éducation nationale, le voilà un cran au-dessus. Je ne le connais pas bien, mais le voilà à la tête d'un des ministères sans doute le plus difficile. Va-t-il ajouter son nom à la liste des réformes inutiles, ou contribuer à éluder les vrais problèmes ?
Valérie Pécresse : ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.
Jeune, elle passe plutôt bien à la TV. On la connaît davantage pour son rapport sur la famille, dont les conclusions été un peu en retrait par rapport aux attentes de la société, concédait le rapporteur Patrick Bloche. Mais elle risque d'être encore plus critiquée au moment de la réforme de l'enseignement supérieur. Baptême du feu dans quelques semaines.
Hervé Morin : ministre de la Défense.
Spécialiste des questions stratégiques, je le trouvais brillant, et il avait toute ma sympathie... avant qu'il ne laisse tomber François Bayrou pour être plus facilement réélu. Le voilà en tout cas récompensé par Nicolas Sarkozy : il va pouvoir passer quelques années tranquilles à repasser les troupes en revue. Un pilier du nouveau centre qui n'a rien de nouveau, puisqu'il s'est de nouveau accoquiné avec la droite.
Roselyne Bachelot-Narquin : ministre de la Santé, de la jeunesse et des Sports.
La bonne blague de Nicolas Sarkozy... Non sincèrement elle est sympathique et de fibre plutôt sociale, mais je me demande quand même si elle aura les épaules suffisamment pour mener les réformes à bien. C'est ce que je lui souhaite. Internet et les médias ne l'épargnent pas, ce n'est pas pour autant que je n'espère pas rire un peu. Alors Madame Bachelot, Chirac avait une oreillette, et Sarkozy, des talonnettes ?
Christine Boutin : ministre du Logement et de la Ville.
Connue pour son discours fleuve contre le PaCS, pour moi elle n'est pas une folle d'extrême-droite, mais représente parfaitement bien la branche d'un catholicisme social de droite. Certes, elle a tendance à mêler la religion et la politique (ce qui constitue pour moi un danger pour la démocratie) et on a voulu me rassurer en disant qu'elle n'était pas à la famille. Pourtant, l'un de ses premières décisions fut de nommer un prêtre catholique comme chargé de mission, Jean-Marie Petitclerc (avec un nom pareil on croirait à un gag...). Et ça n'est que le début...
Christine Albanel : ministre de la Culture et de la Communication.
Petit changement : ce n'est pas un homo qui tient les rênes de ce ministère... Ancienne conservatrice du château de Versailles, dont on peut admirer la "brillante" réussite : 1 million de visiteurs en plus pour combien de dégradations ? En espérant que les dégâts lors de son passage à ce ministère seront limités...
Eric Woerth : ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique.
A la tête d'un ministère technique...
Roger Karoutchi : secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, chargé des Relations avec le Parlement.
Comment mieux mener de saines relations avec le Parlement qu'en lui attribuant un peu de pouvoir, et de possibilité de proposer des lois ? A méditer...
Jean-Pierre Jouyet : secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé des Affaires européennes.
C'est bien beau de donner les postes diplomatiques à la gauche. C'est très symbolique... A tel point qu'on semble oublier que la diplomatie se limite de plus en plus à de la représentation.
Laurent Wauquiez : secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, porte-parole du Gouvernement.
Un jeune qui passe bien : idéal pour la communication qui visiblement à fait défaut au gouvernement au moment de l'évocation de la TVA sociale... En tout cas la communication va bien passer auprès des jeunes demoiselles.
Eric Besson : secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, chargé de la Prospective et de l'Evaluation des politiques publiques.
Qui connaît Monsieur Besson ? Aujourd'hui beaucoup de monde. Le voilà chargé du ministère sans doute le plus logique. Au lieu de défaire ce qui est fait par les gouvernements précédents, évaluons ce qui a été fait, comme le font d'autres démocraties ! Mais ministère aussi le plus creux, je le crains.
Valérie Létard : secrétaire d'Etat auprès du ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité, chargée de la solidarité.
Sénatrice UDF du Nord, je la connais surtout par le biais d'un ami qui a travaillé pour elle. Aussi je risque de manquer très franchement d'objectivité (je veux dire encore plus pour les autres...).
Dominique Bussereau : secrétaire d'Etat auprès du ministre d'Etat, ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables, chargé des Transports.
La rupture façon Sarkozy, rappeler les anciens ministres des gouvernements du deuxième quinquennat de Jacques Chirac... C'est pas lui qui reviendra sur la décision de privatiser les autoroutes...
Nathalie Kosciusko-Morizet : secrétaire d’Etat auprès du ministre d’Etat, ministre de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables, chargée de l’Ecologie.
Il va falloir s'exercer avant de dire son nom, heureusement (pour nos mâchoires) malheureusement (vu le sujet qui la préoccupe) on risque de ne pas l'entendre souvent... On l'avait un temps annoncé au ministère de l'Ecologie, mais il fallait un poids lourd. Et bien puisqu'elle est si compétente que cela, qu'elle le montre ! Allez, la France a du retard a combler !
Christian Estrosi : secrétaire d’Etat auprès de la ministre de l’Intérieur, de l’Outre-Mer et des Collectivités territoriales, chargé de l’Outre-Mer.
Un autre lieutenant de Nicolas Sarkozy, ancien champion de moto. Et voilà comme on remercie ses amis : en les envoyant loin, et en leur faisant prendre d'autres moyens de transports.
André Santini : secrétaire d’Etat auprès du ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, chargé de la Fonction publique.
Un UDF qui a pris tôt ses distances avec François Bayrou dans la campagne présidentielle, ce n'est donc pas pour son humour qu'il a été nommé... si l'on en croit ce mot d'humour et d'humeur :« La droite a touché le fond de la piscine : maintenant, elle creuse.» En ce moment mis en examen pour une affaire de scandale financier pour une fondation d'art contemporain, sa nomination met fin à une certaine jurisprudence Bérégovoy-Balladur qui veut qu'un homme inquiété par la justice ne peut être au gouvernement. Et ça, c'est pas une blague.
Jean-Marie Bockel : secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de la Coopération et de la Francophonie.
Sénateur-maire de Mulhouse (Salut Maxou, on ne te voit plus beaucoup sur la blogosphère !!), un autre électron libre du parti socialiste qui atterrit à la diplomatie (il est de tendance libérale blairiste)... et bien au moins Bernard Kouchner se sentira moins seul.
Hervé Novelli : secrétaire d’Etat auprès de la ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi, chargé des Entreprises et du Commerce extérieur.
On le décrit libéral... Génial on risque de faire la lutte avec nos voisins européens pour être encore plus compétitifs tôt que d'avoir une politique industrielle et commerciale commune. Et je ne parle même pas des ravages du libéralisme commercial dans les pays du tiers-monde. Autre figure de l'ouverture si l'on en croit son parcours politique : alors qu'un certain nombre d'hommes politiques se "droitise", Hervé Novelli s'est orienté plus à droite, passant de la Fédération des Etudiants Nationalistes à Occident pour atterrir chez les "Réformateurs" libéraux.
Fadela Amara : secrétaire d’Etat auprès de la ministre de la Ville et du Logement, chargée de la Politique de la ville.
Christine Boutin pensait avoir fait le plus dur en entrant au gouvernement, c'est raté... Fadela Amara, militante socialiste et présidente du mouvement "Ni Putes ni soumises". On ne pourra pas dire qu'elle ne connaît pas les banlieues, mais je me régale à l'avance du choc des cultures entre les deux femmes.
Alain Marleix : secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Défense, chargé des Anciens Combattants.
Un Alain en remplace un autre... Et personnellement j'aurais préféré garder Juppé. Député du Cantal, Alain Marleix était responsable des investitures à l'UMP. Mais il est également l'un des rares parlementaires à avoir signé la proposition de Christian Vanneste visant à son auto-amnistie par l'abrogation de la loi pénalisant les propos homophobes. Heureusement qu'il n'est qu'aux anciens combattants...
Rama Yade : secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes, chargée des Affaires étrangères et des Droits de l’homme.
Benjamine du gouvernement, elle a marqué les esprits par sa combativité sur les plateaux TV ou encore lors de l'investiture de Nicolas Sarkozy. Pour le moment, sa verve me plaît. Est-ce qu'elle aura l'occasion de la mettre au service de nouvelles relations avec les autres pays, j'en doute.
Luc Chatel : secrétaire d’Etat auprès de la ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi, chargé de la Consommation et du Tourisme.
La consommation à un homme attaché au droit des consommateurs. C'est peut-être l'une des rares fois où l'on parlera de lui, ainsi que lors des problèmes de listeria.
Martin Hirsch : haut commissaire auprès du Premier ministre, aux Solidarités actives contre la pauvreté.
C'est quoi un haut commissaire ? Martin Hirsch on connaît mieux, énarque président d'Emmaüs France. Il dit qu'il a envie d'agir autrement, s'il peut agir concrètement il aura fait plus que ce que son titre annonce...
Bernard Laporte : secrétaire d’Etat auprès de la ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, chargé de la Jeunesse et des Sports (à compter de fin octobre 2007).
Joker imprévu de Nicolas Sarkozy dont il était l'un des soutiens people. Travailler plus pour gagner plus, et c'est Laporte qui va vous entraîner afin de garder le rythme ! Un vrai sportif aux Sports !... Il y avait déjà Lamour et je l'avais trouvé effacé. Laporte nous a montré qu'il savait donner de la voix, pas sûr que cela soit efficace. L'avantage d'ouvrir cette fois les secrétariats d'Etat à la société civile, c'est que leur démission ou leur renvoi sont moins douloureux que s'ils étaient ministres.
TITEM
22:00 Publié dans Retour de manivelle : politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, France, Gouvernement Fillon, Sarkozy
18/06/2007
Elections 2007 : fin de la tragédie en 4 actes (ou petite pièce moyenâgeuse naïve)
Oyez, oyez, bonnes gens ! Le rideau est tombé dimanche soir sur la scène des élections françaises. 22 avril, 6 mai, 10 et 17 juin : 4 actes pour une pièce palpitante, avec ses héros, ses défis, ses tragédies... Et du suspens jusqu'au bout.
Le scénario ? Dans ce vieux pays, la France, que l'on dit sans cesse en retard, rétif à toute réforme, le vieux roi doit céder la place son trône. Qui pour le remplacer ?
Le chevalier Sarkozy, au blason frappé du pommier, assoiffé de victoire et de pouvoir ? La princesse à la rose Ségolène qui sourit et plait au peuple (et aux tabloïds) ? Le baladin Bayrou, chasuble orange pétante, qui contait la France impartiale et réunie, le peuple souverain, refusant de servir la cause de la pomme ou de l'épine ? Le dragon Le Pen qui, terrorisant le petit peuple par l'invasion des sarrasins, espérait montrer que son souffle rauque pouvait aussi les défendre ? Chacun avait son projet pour la France, et est venu le présenter devant les Français, lors de grandes foires ou directement chez eux, grâce à la boîte à troubadours. Les Français allaient pouvoir voter. Et ils le firent, en nombre. En très grand nombre.
Le dragon Le Pen était furieux : le chevalier Sarkozy, en lui karchérisant la gueule (bah oui un dragon c'est comme le crocodile, ça a une grande gueule et des petits bras) avait conquis beaucoup de ses électeurs. Le baladin Bayrou n'a pas pu empêcher ses électeurs de revenir vers la princesse ou le chevalier. Le chevalier Sarkozy a fait parler les valeurs
de la chevalerie, de la noblesse et de la fraternité pour débaucher solliciter de nouveaux amis. Même la princesse, qui était en réalité célibataire mais on ne le savait pas encore, a essayé d'aguicher le baladin Bayrou (un autre François pour la France Présidente) et ses électeurs (je sais c'est gratuit...). La princesse et le chevalier s'affrontèrent lors d'une joute verbale ; les journalistes comme depuis el début de la campagne, se contentaient de compter les points, les coups et les soutiens. La princesse a sorti son arme secrète : la "colère saine", mais ça n'a pas vraiment marché.
C'est finalement le chevalier Sarkozy qui l'a emporté. Pendant l'entracte, il a réuni plusieurs de ses amis pour gouverner avec lui : il y avait Fillon (encore un François !) qui voulait comme le chevalier Sarkozy gagner des joutes, l'éminence verte-écolo Juppé "le meilleur d'entre nous", la sorcière MAM qui n'aimait rien d'autre que les soldats et la maréchaussée, l'amuseur Borloo et ses tours de passe-passe social... Mais aussi, et c'est là que ça devient marrant, des "félons" (c'est en tout cas ainsi qu'on les appelait à gauche) : l'apothicaire Kouchner, Morin qui chantait avec Bayrou a jeté son dévolu sur la flotte et la cavalerie de métal, et le trésorier Besson, qui n'aimait pas du tout la princesse Royal.
Mais pour gouverner la France, il fallait jouer au jeu de la démocratie. On demande aux Français de voter des représentants, les députés, qui décident votent les lois que le gouvernement leur soumet. Parfois ils se bagarrent à l'assemblée, parfois ils débattent mais ça ne va pas assez loin. Souvent ils sont absents. A la fin du 3ème acte, beaucoup de seigneurs bleus étaient arrivés en tête. 109 avaient été même élus au premier tour. Seulement les Français en avaient un peu marre de cette pièce dont ils pensaient connaître la fin, et ils avaient beaucoup moins voté.
Pourtant ceux de la rose leur ont dit qu'il était important de voter, surtout s'ils ne voulaient pas de la TVA sociale, une nouvelle gabelle qui allait écumer leurs bourses. Ceux de la pomme déclaraient qu'il fallait remplir les caisses de l'Etat, vides, afin de pouvoir mener de grands projets. Grâce aux chasubles orange, ceux de la rose ont réussi à faire gagner plus de seigneurs de leur camp que ce que les sondages avaient prévus. Mais ceux de la pomme ne voulaient pas reconnaître qu'ils n'avaient pas vu cette
mauvaise dernière récolte
Même que Juppé, qui avait perdu dans son duché bordelais, est tombé en disgrâce. Il y a eu des méchants condamnés par la justice qui ont gagné (Vanneste, Ceccaldi-Reynaud...) d'autres qui ont perdu (Mellick, Carignon...). Des opportunistes comme Klarsfeld, qui parcourait la circonscription en roller pour aller plus vite au Palais du nouveau roi Sarkozy, qui a perdu. La harpie Noachovitch qui hurlait très fort et en appelait à Dieu. Bayrou et quatre de ses troubadours ont gagné leur combat, et ils devront chanter très fort eux aussi pour se faire entendre. Mais pour un nouveau camp, c'est pas si mal. Les pommes pas mûres (qui étaient orange et sont devenus bleu pâle) seront 22. Les ermites écolos ont réussi à trouver un nouveau disciple, et peut-être que les 17 rouge de la Cour des Miracles (car ça relève bien d'un miracle !) s'allieront avec eux. 577 petites scènes et petits seigneurs pour faire une grande scène.
Et les projets me direz-vous ? Beaucoup de promesses, peu de débats de fond sur l'identité de la France dans le monde, face aux nouveaux enjeux du Monde. Nous verrons si le roi Sarkozy et ses conseillers parviendront à remettre la France sur les rails... Enfin sur les chemins à la conquête du Graal : la croissance !
Le rideau est tombé, dimanche soir sur la scène des élections françaises... Mais "show must go on" !
TITEM
19:20 Publié dans Retour de manivelle : politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Elections législatives 2007, Elections présidentielles 2007, France, Humour, Sarkozy, Royal
17/06/2007
Résultats du deuxième tour de l'élection législative de la 10ème circonscription du Nord : Christian Vanneste largement réélu
Sans surprise, c'est Christian Vanneste qui est largement réélu, avec 58,56% des suffrages. Son adversaire Najat Azmy ne recueille que 41,44% des suffrages.
Ce deuxième tour de l'élection législative de la 10ème circonscription du Nord opposait :
- Le député sortant Christian Vanneste (CNI-UMP apparenté), ayant obtenu 46.26% au premier tour.
- Najat Azmy (PS), qui a obtenu 21.10%.
Nombre d'inscrits : 78.409
Suffrage exprimés : 37.086
Bulletins blancs/nuls : 1.863
Taux d'abstention : 50,33%
Christian Vanneste : 21.719 voix
Najat Azmy : 15.364 voix
En dépit de son meilleur score par rapport en 2002 (56,41%), Christian Vanneste n'obtient qu'un nombre de votes sensiblement similaire à celui de 2002 (21.806 voix). Cela tend à confirmer la démobilisation des électeurs de la 10ème circonscription du Nord, notamment ceux des quartiers plus populaires, traditionnellement à gauche. C'est l'abstention, une nouvelle fois très forte, qui profite à Christian Vanneste, dont la réélection était annoncée et attendue. Reste que ce résultat confirme tout de même son bon résultat du 1er tour (résultat du 1er tour de l'élection législative dans la 10ème circonscription du Nord).
Christian Vanneste a donc bel et bien bénéficié de la "prime au sortant", bien qu'il se présentait sous l'étiquette du CNI, parti affilié à l'UMP, dont il est par ailleurs le vice-président. Il avait pourtant bénéficié du soutien de l'UMP local. Vote par ailleurs sensiblement local : Christian Vanneste n'a pas été inquiété par le "retour de manivelle" de l'entre-deux-tours, qui a vu le sursaut du PS.
Christian Vanneste obtient un nombre de voix sensiblement similaire à celui de 2002, mais n'augmente que de 3500 voix par rapport à 2002. Il faut à ce titre souligner le report de voix du Front National au profit de Christian Vanneste, comme en 2002. Christian Baeckeroot, le candidat du Front National dans la circonscription, qui avait obtenu 3199 voix, avait déclaré qu'il voterait personnellement pour le député sortant. Les habitants de la 10ème circonscription n'ont que marginalement tenu compte de sa condamnation en justice. Ils ont reconduit un député qui s'est présenté comme un homme politique actif, présent aux côtés de ses électeurs.
Réélu, Christian Vanneste est ainsi bien placé pour les municipales de 2008, où il se représentera, sauf surprise. Il obtient d'ailleurs 8029 voix dans les bureaux tourquennois le concernant (7234 pour Najat Azmy) ; les autres bureaux tourquennois ayant apporté 4665 voix contre 2661 (pour le PS) au député UMP élu dès le 1er tour Bernard Gerard. Il affrontera certainement le 1er adjoint à l'actuel maire socialiste de Tourcoing, Michel-François Delannoy. Notons que Christian Vanneste a toujours echoué dans ses tentatives de conquête de la mairie de Tourcoing.
Le PS a perdu son pari de présenter une candidate issue des minorités visibles face au député chantre des bienfaits de la colonisation. Najat Azmy, bien que gagnant près de 23 points entre les deux tours, fait moins que Jean-Pierre Balduyck (16.852 voix), candidat en 2002, et 1500 voix de moins. Elle n'aura pas non plus réussi à s'implanter à Tourcoing, où les militants socialistes ne la soutenaient que du bout des lèvres, lui reprochant son parachutage face à la tourquennoise Sylvie Boudry.
Avis ici personnel, je regrette une nouvelle fois que les habitants de la Vallée de la Lys n'aient pas davantage tenu compte des prises de position pour le moins discutables de Christian Vanneste. L'UMP devra maintenant clarifier son positionnement face au député réélu Christian Vanneste ; mais je ne me fais pas d'illusion[1]. En tout état de cause, il conviendra de rester vigilants, que ce soit sur ses prises de position, ses travaux parlementaires, ses propositions de lois.
TITEM






