18/06/2007

Elections 2007 : fin de la tragédie en 4 actes (ou petite pièce moyenâgeuse naïve)

medium_Rideau_théâtre.jpgOyez, oyez, bonnes gens ! Le rideau est tombé dimanche soir sur la scène des élections françaises. 22 avril, 6 mai, 10 et 17 juin : 4 actes pour une pièce palpitante, avec ses héros, ses défis, ses tragédies... Et du suspens jusqu'au bout. 

Le scénario ? Dans ce vieux pays, la France, que l'on dit sans cesse en retard, rétif à toute réforme, le vieux roi doit céder la place son trône. Qui pour le remplacer ?

Le chevalier Sarkozy, au blason frappé du pommier, assoiffé de victoire et de pouvoir ? La princesse à la rose Ségolène qui sourit et plait au peuple (et aux tabloïds) ? Le baladin Bayrou, chasuble orange pétante, qui contait la France impartiale et réunie, le peuple souverain, refusant de servir la cause de la pomme ou de l'épine ? Le dragon Le Pen qui, terrorisant le petit peuple par l'invasion des sarrasins, espérait montrer que son souffle rauque pouvait aussi les défendre ? Chacun avait son projet pour la France, et est venu le présenter devant les Français, lors de grandes foires ou directement chez eux, grâce à la boîte à troubadours. Les Français allaient pouvoir voter. Et ils le firent, en nombre. En très grand nombre.

Le dragon Le Pen était furieux : le chevalier Sarkozy, en lui karchérisant la gueule (bah oui un dragon c'est comme le crocodile, ça a une grande gueule et des petits bras) avait conquis beaucoup de ses électeurs. Le baladin Bayrou n'a pas pu empêcher ses électeurs de revenir vers la princesse ou le chevalier. Le chevalier Sarkozy a fait parler les valeursmedium_chevalier.jpg de la chevalerie, de la noblesse et de la fraternité pour débaucher solliciter de nouveaux amis. Même la princesse, qui était en réalité célibataire mais on ne le savait pas encore, a essayé d'aguicher le baladin Bayrou (un autre François pour la France Présidente) et ses électeurs (je sais c'est gratuit...). La princesse et le chevalier s'affrontèrent lors d'une joute verbale ; les journalistes comme depuis el début de la campagne, se contentaient de compter les points, les coups et les soutiens. La princesse a sorti son arme secrète : la "colère saine", mais ça n'a pas vraiment marché. 

C'est finalement le chevalier Sarkozy qui l'a emporté. Pendant l'entracte, il a réuni plusieurs de ses amis pour gouverner avec lui : il y avait Fillon (encore un François !) qui voulait comme le chevalier Sarkozy gagner des joutes, l'éminence verte-écolo Juppé "le meilleur d'entre nous", la sorcière MAM qui n'aimait rien d'autre que les soldats et la maréchaussée, l'amuseur Borloo et ses tours de passe-passe social... Mais aussi, et c'est là que ça devient marrant, des "félons" (c'est en tout cas ainsi qu'on les appelait à gauche) : l'apothicaire Kouchner, Morin qui chantait avec Bayrou a jeté son dévolu sur la flotte et la cavalerie de métal, et le trésorier Besson, qui n'aimait pas du tout la princesse Royal. 

Mais pour gouverner la France, il fallait jouer au jeu de la démocratie. On demande aux Français de voter des représentants, les députés, qui décident votent les lois que le gouvernement leur soumet. Parfois ils se bagarrent à l'assemblée, parfois ils débattent mais ça ne va pas assez loin. Souvent ils sont absents. A la fin du 3ème acte, beaucoup de seigneurs bleus étaient arrivés en tête. 109 avaient été même élus au premier tour. Seulement les Français en avaient un peu marre de cette pièce dont ils pensaient connaître la fin, et ils avaient beaucoup moins voté. 

Pourtant ceux de la rose leur ont dit qu'il était important de voter, surtout s'ils ne voulaient pas de la TVA sociale, une nouvelle gabelle qui allait écumer leurs bourses. Ceux de la pomme déclaraient qu'il fallait remplir les caisses de l'Etat, vides, afin de pouvoir mener de grands projets. Grâce aux chasubles orange, ceux de la rose ont réussi à faire gagner plus de seigneurs de leur camp que ce que les sondages avaient prévus. Mais ceux de la pomme ne voulaient pas reconnaître qu'ils n'avaient pas vu cette medium_Fou_du_roi.jpgmauvaise dernière récolte

Même que Juppé, qui avait perdu dans son duché bordelais, est tombé en disgrâce. Il y a eu des méchants condamnés par la justice qui ont gagné (Vanneste, Ceccaldi-Reynaud...) d'autres qui ont perdu (Mellick, Carignon...). Des opportunistes comme Klarsfeld, qui parcourait la circonscription en roller pour aller plus vite au Palais du nouveau roi Sarkozy, qui a perdu. La harpie Noachovitch qui hurlait très fort et en appelait à Dieu. Bayrou et quatre de ses troubadours ont gagné leur combat, et ils devront chanter très fort eux aussi pour se faire entendre. Mais pour un nouveau camp, c'est pas si mal. Les pommes pas mûres (qui étaient orange et sont devenus bleu pâle) seront 22. Les ermites écolos ont réussi à trouver un nouveau disciple, et peut-être que les 17 rouge de la Cour des Miracles (car ça relève bien d'un miracle !) s'allieront avec eux. 577 petites scènes et petits seigneurs pour faire une grande scène.

Et les projets me direz-vous ? Beaucoup de promesses, peu de débats de fond sur l'identité de la France dans le monde, face aux nouveaux enjeux du Monde. Nous verrons si le roi Sarkozy et ses conseillers parviendront à remettre la France sur les rails... Enfin sur les chemins à la conquête du Graal : la croissance !

Le rideau est tombé, dimanche soir sur la scène des élections françaises... Mais "show must go on" !

TITEM 

17/06/2007

Résultats du deuxième tour de l'élection législative de la 10ème circonscription du Nord : Christian Vanneste largement réélu

medium_Christian_Vanneste_élu.jpgSans surprise, c'est Christian Vanneste qui est largement réélu, avec 58,56% des suffrages. Son adversaire Najat Azmy ne recueille que 41,44% des suffrages.

Ce deuxième tour de l'élection législative de la 10ème circonscription du Nord opposait : 

- Le député sortant Christian Vanneste (CNI-UMP apparenté), ayant obtenu 46.26% au premier tour.
- Najat Azmy (PS), qui a obtenu 21.10%.

Nombre d'inscrits : 78.409
Suffrage exprimés : 37.086
Bulletins blancs/nuls : 1.863
Taux d'abstention : 50,33%

Christian Vanneste : 21.719 voix
Najat Azmy : 15.364 voix

En dépit de son meilleur score par rapport en 2002 (56,41%), Christian Vanneste n'obtient qu'un nombre de votes sensiblement similaire à celui de 2002 (21.806 voix). Cela tend à confirmer la démobilisation des électeurs de la 10ème circonscription du Nord, notamment ceux des quartiers plus populaires, traditionnellement à gauche. C'est l'abstention, une nouvelle fois très forte, qui profite à Christian Vanneste, dont la réélection était annoncée et attendue. Reste que ce résultat confirme tout de même son bon résultat du 1er tour (résultat du 1er tour de l'élection législative dans la 10ème circonscription du Nord). 

Christian Vanneste a donc bel et bien bénéficié de la "prime au sortant", bien qu'il se présentait sous l'étiquette du CNI, parti affilié à l'UMP, dont il est par ailleurs le vice-président. Il avait pourtant bénéficié du soutien de l'UMP local. Vote par ailleurs sensiblement local : Christian Vanneste n'a pas été inquiété par le "retour de manivelle" de l'entre-deux-tours, qui a vu le sursaut du PS.

Christian Vanneste obtient un nombre de voix sensiblement similaire à celui de 2002, mais n'augmente que de 3500 voix par rapport à 2002. Il faut à ce titre souligner le report de voix du Front National au profit de Christian Vanneste, comme en 2002. Christian Baeckeroot, le candidat du Front National dans la circonscription, qui avait obtenu 3199 voix, avait déclaré qu'il voterait personnellement pour le député sortant. Les habitants de la 10ème circonscription n'ont que marginalement tenu compte de sa condamnation en justice. Ils ont reconduit un député qui s'est présenté comme un homme politique actif, présent aux côtés de ses électeurs.

Réélu, Christian Vanneste est ainsi bien placé pour les municipales de 2008, où il se représentera, sauf surprise. Il obtient d'ailleurs 8029 voix dans les bureaux tourquennois le concernant (7234 pour Najat Azmy) ; les autres bureaux tourquennois ayant apporté 4665 voix contre 2661 (pour le PS) au député UMP élu dès le 1er tour Bernard Gerard. Il affrontera certainement le 1er adjoint à l'actuel maire socialiste de Tourcoing, Michel-François Delannoy. Notons que Christian Vanneste a toujours echoué dans ses tentatives de conquête de la mairie de Tourcoing.

Le PS a perdu son pari de présenter une candidate issue des minorités visibles face au député chantre des bienfaits de la colonisation. Najat Azmy, bien que gagnant près de 23 points entre les deux tours, fait moins que Jean-Pierre Balduyck (16.852 voix), candidat en 2002, et 1500 voix de moins. Elle n'aura pas non plus réussi à s'implanter à Tourcoing, où les militants socialistes ne la soutenaient que du bout des lèvres, lui reprochant son parachutage face à la tourquennoise Sylvie Boudry.

Avis ici personnel, je regrette une nouvelle fois que les habitants de la Vallée de la Lys n'aient pas davantage tenu compte des prises de position pour le moins discutables de Christian Vanneste. L'UMP devra maintenant clarifier son positionnement face au député réélu Christian Vanneste ; mais je ne me fais pas d'illusion[1]. En tout état de cause, il conviendra de rester vigilants, que ce soit sur ses prises de position, ses travaux parlementaires, ses propositions de lois.

TITEM 



[1] D’ailleurs France 2 Télévisions présentait Christian Vanneste comme un apparenté UMP, tandis que France 3 le présentait comme UMP, bien que n’ayant pas obtenu l’investiture du parti. En revanche, Gilles Bourdouleix, porte-parole du CNI, était présenté comme le député élu de la 5ème circonscription du Maine-et-Loire.

13/06/2007

Christian Vanneste soutenu par le candidat d'extrême-droite

Nouveau soutien pour Christian Vanneste : celui du candidat FN de la 10ème circonscription du Nord, où il se présente à sa réélection. Christian Baeckeroot n'a obtenu que 8,19% des suffrages, perdant 11% par rapport à 2002, faisant encore moins que les 13% de Jean-Marie Le Pen. Et visiblement, il n'en veut pas tant que ça à Christian Vanneste qui a lui gagné presque 5500 voix.

La presse locale rapporte en effet ce communiqué de Christian Baeckeroot, également conseiller municipal (Tourcoing), régional (Nord-Pas-de-Calais) et conseiller communautaire (Communauté Urbaine de Lille) : 

medium_Baeckeroot.jpg"Je remercie les électeurs qui m'ont apporté leurs suffrages. Le Front National estime qu'il leur appartient de voter pour qui ils veulent, dimanche prochain. C'est à eux de se déterminer. Cependant, à titre personnel et compte tenu des positions courageuses de Christian Vanneste pour la défense des valeurs familiales, je voterai pour lui dimanche prochain." 

Alors que le blog de Christian Vanneste relayait régulièrement les quelques soutiens de personnalités UMP (à défaut de pouvoir se targuer de l'étiquette UMP ou d'un soutien franc de Nicolas Sarkozy) il est fort à parier qu'il ne se vantera pas de pareil soutien.

Dis-moi qui te soutiens, je te dirais qui tu es ? 

Il est bien sûr possible de botter en touche et de prétendre que ce soutien ne signifie rien, que chacun est libre de soutenir qui il veut, que la personne soutenue n'est pas responsable des personnes qui le soutiennent. Mais je pense bien au contraire que ce soutien est parfaitement significatif. 

Christian Baeckeroot, qui fut aussi le premier président du FNJ (Front National de la Jeunesse) se situerait plutôt dans la branche historique du Front National, catholique conservatrice et nationale. A plusieurs reprises, il a critiqué l'entreprise de dédiabolisation de Marine Le Pen. La réussite de cette dernière aux législatives, là où lui échoue, l'oblige d'ailleurs à temporiser ses critiques. Mais il a également critiqué le recul progressif du Front National sur la question de l'Islam, alors que le parti tentait justement de se rapprocher des quartiers dits sensibles (voir ici et ici.)

Au 2ème tour, bien que le Front National n'ait donné aucune consigne de vote, Christian Baeckeroot annonce qu'ilmedium_Vanneste_tribunal.2.jpg votera personnellement pour Christian Vanneste. C'est une demi-surprise, Christian Vanneste étant par ailleurs inscrit au CNI, l'ancien parti de Jean-Marie Le Pen. Christian Baeckeroot salue les "positions courageuses" de son adversaire sur la "défense des valeurs familiales". Ajoutez à cela le soutien à maintes fois appuyé de e-deo à Christian Vanneste contre le "lobby homosexuel", site d'information catholique conservateur voire d'extrême-droite (si l'on en croit son blogroll), interviewé par le quotidien d'extrême-droite Mensuel (catholiques traditionnalites dont le slogan est "Dieu, Famille, Patrie"...

La manière dont Christian Vanneste "défend la famille" n'est pas, je l'ai déjà dit, courageuse. Les propos qu'il a pu tenir sont "stupides" (selon le mot même de Nicolas Sarkozy), et ses positions sont d'un autre âge. Enrobées dans un tissu philosophique fragile qui tiennent plus du café du commerce, elles prennent tout leur sens - si besoin était encore - lorsque l'on voit qui, des deux mains, les applaudissent ou les prient.

TITEM

P.S. : J'ai pour ma part trouvé ce communiqué relayé sur le blog de Bernard Despierre, candidat des Verts dans la 10ème circonscription du Nord.  

12/06/2007

Faut-il encore parler du Front National ?

medium_Marine_1_Gollnisch_0.2.jpgLe premier tour de l'élection législative du 10 juin a bien confirmé le recul historique du Front National. Le parti d'extrême-droite ne recueille que 4,29%, loin des 11,1% des législatives de 2002, ou même des 10,44% de son Président aux présidentielles de 2007. Un score d'autant plus faible que historiquement, l'abstention (ici de 39,56%) a toujours joué en faveur du FN. Ce reflux est significatif dans toutes les régions jusques et y compris ses bastions du Nord-Pas-de-Calais, d'Alsace et de PACA. Seule Marine Le Pen tire son épingle du jeu : avec 24,47%, elle est la seule de son parti à se qualifier pour un second tour face au député socialiste sortant Albert Facon, dans la 14ème circonscription du Pas-de-Calais (Hénin-Beaumont). 

Ceux qui au lendemain du 22 avril demandait de tirer les conséquences des dégâts de la Marine et de sa stratégie de dédiabolisation en sont pour leurs frais. Bruno Gollnisch, candidat dans la 13ème circonscription du Rhône, n'obtient que 6,95%, Carl Lang dans la 23ème du Nord, 11,60%, Christian Baekeroot dans la 10ème du Nord 8,19%. Conséquences directes : Le Paquebot (siège du Front National à Saint-Cloud) pourrait être venu afin de pallier le manque à gagner suite à ces échecs électoraux, des licenciements ainsi qu'un appel au don des militants sont également envisagés. 

La mort du Front National ? 

La question de l'avenir du Front National se pose bel et bien. Dans son éditorial du Monde "FN, fin", Eric Fottorino pense que l'on "peut dresser sans attendre, avec la force de la chose votée, l'acte de décès de l'extrême droite". Le Front National n'a jamais obtenu d'aussi mauvais résultats électoraux. Les électeurs du FN ont compris en 2002, année de l'apogée, que jamais leur candidat ne parviendrait au pouvoir. Au soir de cette dernière élection, leurs représentants étaient boudés, ils ne représentaient plus rien. Même le semblant de coup de colère de Bruno Gollnisch, quittant le plateau de France 3, est passé inaperçu : il n'avait en fait plus rien à ajouter. 

Autant l'on peut se réjouir de ce lourd revers d'un parti qui pendant presque 25 ans (depuis les municipales à Dreux enmedium_Le_FN_aussi_a_échoué.4.JPG 1983) a flirté avec le racisme, l'antisémitisme mâtiné de négationnisme, autant il faut se garder de toute précipitation. Faut-il encore parler du Front National, me demandais-je il y a quelques mois, alors que, me moquant de prises de paroles ridicules de Jean-Marie Le Pen, un blogueur me faisait remarquer que c'était une manière de lui faire de la pub. C'était tout ce qui restait au menhir : tenir des propos choquants sur la nationalité de Nicolas Sarkozy et de Rachida Dati, déclarer que les Français étaient un peuple habitué au cocufiage... afin de faire parler de lui. Démontrant là si besoin était non seulement sa malhonnêteté, mais aussi son impuissance face à Nicolas Sarkozy. 

La stratégie de "siphonage" du président de l'UMP a parfaitement fonctionné, prouvant que le vote FN était essentiellement un vote protestataire. Ne reste qu'une frange plus radicale. Le Front National compte sur le retour d'électeurs "dupés" par celui qu'il qualifie "d'illusionniste". Avant cela, Jean-Marie Le Pen devra organiser sa succession, concomitante du choix stratégique : le FN tel qu'on l'a connu est bien dépassé, mais nul doute qu'il cherchera une autre voie. Retour aux fondamentaux avec Gollnisch, au risque de ne conserver que la base radicale, ou ouverture et dédiabolisation avec Marine Le Pen, là où l'UMP est devenu une alternative acceptable, ferme mais pas raciste ? Nul doute que l'on continuera à parler du Front National. Et peut-être plus que dans les livres d'histoire, ne serait-ce que pour ne pas oublier la nocivité de ses idées. 

TITEM

PS : L'affiche de cinéma détournée a été trouvée sur le site des Fakes de Lobo. J'ai réalisé l'autre image.

11/06/2007

Vers le désert d'avenir pour le PS ?

medium_PS_rose_inversée.jpgLa gauche était donnée perdante par tous les sondages. La gauche est partie perdante, résignée, démissionnaire, se bornant à appeler les Français à ne pas donner une trop large majorité à Nicolas Sarkozy. La gauche est arrivée perdante : elle n'obtient qu'à peine 25% des suffrages, soit un peu plus qu'en 2002. Ses alliés accusent eux aussi le coup. Mais ses chiffres importent relativement peu, car nous ne sommes dans un scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Au final, le PS risque fort d'avoir moins de députés qu'en 2002.

Dès l'annonce des premiers résultats, la gauche appelait les abstentionnistes (17 millions soit 39,56%) à se mobiliser pour leurs candidats restants, afin de limiter la vague, la "chape" bleue qui s'annonce. La droite, avec raison, rappelle que les Français votent pour qui ils veulent, et réagiront marginalement au message "pas trop de députés de droite". 

Une telle interrogation en réalité cache les vrais enjeux qui s'annoncent pour le Parti Socialiste. Le plus préoccupant n'est peut-être pas sa situation actuelle - ils peuvent toujours rebondir. Mais le veulent-ils vraiment ? Quelques minutes après sa défaite à l'élection présidentielle, Ségolène Royal se félicitait de la campagne qu'elle avait menée, du renouveau qu'elle avait engagé dans le paysage politique. Un peu comme si sa victoire, c'était d'être parvenue à faire 47% contre un président d'ores et déjà élu. 47%, un score pourtant moyen. 

Ségolène Royal et l'inconséquence de la défaite : langue de bois ou aveuglement total ?

Et au journal télévisé de David Pujadas, Ségolène Royal, à la recherche des voix MoDem, essaye de nous refaire le coupmedium_Ségolène_Royal_colère.jpg de la "colère saine", s'attaquant d'un ton cassant au manque de pluralisme de France 2. En cause ? Deux reportages. L'un consacré à Alain Juppé, seul ministre dont l'élection n'est pas assurée. Le nom du numéro 2 du gouvernement a été annoncé 5 fois, pas celui de son adversaire socialiste, pourtant interviewée. L'autre, consacré à des personnalités politiques socialistes, les unes en ballotage très favorable (Fabius, Hollande, DSK...) les autres en difficulté (Montebourg, Dray, Chevènement...). Ségolène Royal accuse : " (c'est) assez scandaleux pour les candidats que vous annoncez battus d'avance"... Certes elle ne peut dévoiler ses doutes. De là à mimer la colère, c'était parfaitement grotesque.

Voilà le danger pour le Parti Socialiste : le déni de ceux qui le gouverne. Le PS aurait soit-disant entamé l'ouverture politique vers les minorités, alors que l'on voit toujours les mêmes têtes aux commandes quand la droite se renouvelle. Le PS aurait entamé sa refondation politique : or il navigue toujours entre la résurrection de la gauche plurielle et la tentation socio-démocrate, la droite a trouvé une voie et une voix : le programme de N. Sarkozy. Les défaites seraient des tremplins pour l'avenir, or les Français ont refusé par trois fois le projet du candidat socialiste. D'après Ségolène Royal, il n'y aurait pas de problème d'entente au sein du PS. Entre ceux qui veulent refonder le parti, ceux qui critiquent la manière dont ont été conduites les élections, ceux qui veulent leur place au soleil... François Hollande voit d'un mauvais oeil cet appel direct de sa compagne à François Bayrou, qu'elle a appelé dimanche soir.

On annonce que la plume de Laurent Fabius, Guillaume Bachelay, programme la sortie de son prochain ouvrage : "Désert d'avenir. Histoire de la gauche, 1983-2007". Au train où vont les choses, le 2ème tome "2007 et après" risque fort de voir le jour lui aussi.

TITEM 

10/06/2007

Résultats du premier tour de la 10ème circonscription Nord : C. Vanneste en ballotage très favorable

Les résultats du premier tour de l'élection présidentielle dans la 10ème circonscription du Nord donnent :

Nombre d'inscrits : 78409
Suffrages exprimés : 39036
Bulletins blancs/nuls : 1008
Taux d'abstention : 48,93%

- Christian Vanneste (CNI-UMP app.) : 46,26% ; ballotage favorable (18058 voix)
- Najat Azmy (PS) : 21,10% (8235 voix)

Ce sera donc un 2ème tour classique avec un duel gauche/droite (droite conservatrice néanmoins). 

- Marie-Paule Heiblé (MoDem-UDF) : 9,12% (3560 voix)
- Christian Baekeroot (FN) : 8,19% (3199 voix)
- Alain Lambré (PCF) : 3,65% (1424 voix)
- Bertrand Despierre (Les Verts) : 3,47% (1357 voix)
- Yann Merlevède (LCR) : 2,83% (1103 voix)
- Régis Debliqui (LO) : 1,89% (736 voix)
- Laurence Hernoult (Nouveaux écologistes) : 1,40% (546 voix)
- David Legauffre (MNR) : 0,79% (307 voix)
- Pascale Risbourg (MRC) : 0,66% (259 voix)
- Simina Cirjean (FEA) : 0,65% (255 voix)

medium_Vanneste.4.jpgAucune surprise dans la 10ème circonscription du Nord, traditionnellement à droite, qui a voté Nicolas Sarkozy à 57,50% au 2ème tour de l'élection présidentielle. Le député sortant, Christian Vanneste, est en ballotage favorable ; il a recueilli 46,26% des suffrages exprimés. En dépit de sa condamnation, la prime au sortant a marché à plein. Il fait 14% de plus qu'en 2002, grâce à ses 18058 voix, soit près de 5500 en plus, alors que le nombre d'électeurs a augmenté de 3600. Les électeurs de la circonscription semblent ne pas avoir tenu compte des antécédents judiciaires de leur député et les soutiens plus ou moins avoués de la droite. Christian Vanneste a sans doute bénéficié en outre du très mauvais score du Front National et n'a pas souffert de la forte abstention, à la différence de ses adversaires. 

Christian Vanneste est en ballotage d'autant plus favorable que le PS s'affaisse de près de 10medium_Najat_Azmy.2.jpg points : la socialiste Najat Azmy ne recueille en effet que 21,10% des suffrages, soit 8236 voix : c'est 5000 de moins que l'ancien candidat socialiste, le maire de Tourcoing Jean-Pierre Balduyck. La candidate issue des minorités, investie par Paris, fortement contestée par les militants locaux, fait les frais des divisions de son parti.

Petite surprise : c'est la centriste Marie-Paule Heiblé qui arrive en 3ème position, avec 9,12% des suffrages exprimés. Elle obtient 3560 voix, soit 700 de plus que Catherine Bacon en 2002. Résultat pour autant décevant si on le compare aux 16% obtenus par François Bayrou, mais à l'image du reflux du MoDem au niveau national. Le report des voix de droite opposées à Christian Vanneste a été marginal. 

Grosse surprise : le grand revers subi par le candidat frontiste Christian Baeckeroot. Il avait pu se maitnenir au 2ème tour en 1997, il avait obtenu 19,70% des voix en 2002 : il n'obtient plus que 8,19%, soit 10 points de moins, et près de 5000 voix de moins. L'effet des présidentielles, et le report des électeurs du Front National vers la droite parlementaire a également fonctionné dans la 10ème circonscription du Nord, où le FN obtenait de bons scores. Le transfert des voix du Front National vers Christian Vanneste paraît évident.  

Il faudrait plus qu'un excellent report des voix au profit de la candidate socialiste, ainsi qu'une participation plus élevée, pour qu'elle espère reprendre le siège de Christian Vanneste. En effet cette dernière reconnaissait en direct sur le plateau de France 3 Lille que les jeunes et les électeurs issus des minorités s'étaient davantage abstenus, mais qu'elle n'avait pas l'intention d'abandonner le combat. La candidate MoDem, Marie-Paule Heiblé, avait annoncé dès avant l'élection qu'elle ne soutiendrait pas Christian Vanneste au second tour.

Cela ne sera sans doute pas suffisant : Christian Vanneste, lui, bien implanté dans la circonscription, annoncé comme favori, peut aborder ce second tour de manière confiante. En direct de France 3 Lille, il déclarait que les électeurs se préoccupaient davantage d'emploi, de logement, et non de "préoccupations parisiennes". Un nouveau coup de griffe de la part de ce notable, toujours enclin à mettre en exergue son côté provincial face au "parisianisme".

Commentaire personnel : c'est toutefois faire bien peu de cas de sa condamnation qui avait fait beaucoup de vagues dans toute la France, et pas seulement à Paris. Une critique gratuite et inutile, à l'image d'autres propos qu'il avait pu tenir en diverses circonstances.

A titre personnel, si je suis en mesure de comprendre un tel résultat, il me déçoit très fortement. J'avais en effet cru que la condmnation de Christian Vanneste et que ses prises de position dangereuses pour la démocratie (en termes de laïcité et de respect de la justice) feraient se poser davantage de questions aux électeurs de ma circonscription. 

TITEM 

P.S. : On pouvait toujours rêver, voilà ce que le site de France 3 diffusait peu après 20h : 1ers_résultats_10è_circonscription_Nord_France_3.2.jpg

08/06/2007

Pourquoi je voterai MoDem et sa candidate aux législatives

medium_Marie-Paule_Heiblé.4.jpgIl y a un peu moins de deux mois, je vous faisais part de ma décision (certes prise depuis plus longtemps à de voter François Bayrou au premier tour de l'élection présidentielle du 22 avril 2007. Aussi je ne vous surprendrai pas en disant que pour l'élection législative de la 10è circonscription du Nord, je voterai MoDem, et par conséquent, sa candidate dans ma circonscription, Marie-Paule Heiblé.

Que reste-t-il du MoDem depuis ses 6,8 millions de voix (18,57% des suffrages) et le départ de 25 de ses 29 députés vers l'UMP et ce "Nouveau Centre / PSLE " fallacieux ? Ses quelques 70.000 (pré)adhérents. Car il ne faut pas se leurrer : l'UDF version MoDem a vu sa composition sociologique et électorale renouvelée. Des électeurs peu partisans rejetant le clivage traditionnel droit/gauche ou se sentant "au centre", convaincus que les bonnes solutions ne sont pas l'apanage d'un seul parti, ont rejoint François Bayrou et sa refondation démocratique. Quel sera l'avenir de cette voie ? les élections législatives ne suffiront pas à répondre à cette question. 

Pourtant, je continue de faire confiance en ce projet : la concertation en vue de l'intérêt commun devrait être la seule manière de gouverner un Etat. D'ailleurs, Nicolas Sarkozy ne s'y est pas trompé, en appelant dans le gouvernement Fillon des personnalités de gauche et du centre... mais une ouverture génétiquement modifiée, trompeuse (voir ici). 

Aussi il est nécessaire de nous offrir un contre-pouvoir contre cet écueil d'un gouvernement qui veut s'accaparer tous les pouvoirs. Un contre-pouvoir, qui se manifesterait par une parole libre. Cela signifie ne pas dire oui-amen à tous les projets de loi, mais de voter selon l'intérêt et la pertinence de ce projet, non en raison du "fait majoritaire". Cela ne signifie pas non plus voter non à tous les projets de loi, pour faire vivre une opposition sur la contestation permanente, qui empêche toute discussion constructrice. 

Cette ambition, c'est celle du MoDem et de leurs candidats : porter une parole libre autant qu'exigeante à l'Assemblée Nationale. Au final, le nomre de députés sera aussi symbolique que peu représentatif. Le nombre de vois comptera également, car il permettra de financer les élections de demain, notamment les municipales de 2008. Aussi est-il important que ceux dont les voix s'étaient portées sur le nom de François Bayrou aux présidentielles poursuivent leur geste en votant MoDem.

Concernant la candidate MoDem de la 10ème circonscription du Nord, Marie-Paule Heiblé.

Conseillère municipale d'Halluin, elle n'est pas novice en politique, même si comme beaucoup de ses collègues du MoDem, elle fait le baptême d'élections de plus grande importance. Ce qui compte, ainsi que l'a souligné François Bayrou, c'est de mettre en place une nouvelle équipe, définitivement libre, et représentative des nouveaux militants et électeurs du centre. 

Je n'ai malheureusement pas eu l'occasion de la recontrer (je l'aurais fait si je n'avais pas eu des obligations à ce moment-là). mais j'ai pu constater son engagement au service d'une parole libre et de valeurs humanistes. Ce dont notre circonscription, marquée par la figure de Christian Vanneste, a vraiment besoin.

Je reprends les propos de sa proposition de foi. "La seule candidature crédible est centriste". Oui, c'est la seule crédible face à une candidate de gauche qui fait les frais des divisions locales, tandis que sur le plan national, les petites querelles ne font aps avancer la question de l'identité du Parti Socialiste. La seule candidature crédible face à un candidat de droite aux soutiens fragiles, plus ou moins avoués et avouables, homme politique condamné par la justice qu'il se permet pourtant de remettre en cause, arguant de préceptes religieux au sein de l'Assemblée Nationale laïque... Et j'en passe !  

Je souhaite donc à Marie-Paule Heiblé de faire le meilleur score possible, et pourquoi pas de se qualifier pour le second tour, faisant ainsi mentir les projections de notre circonscription qui annoncent un duel Najat Azmy (PS) / Christian Vanneste (CN-UMP app.)? 

TITEM

 

30/05/2007

Vanneste et "le courage du bon sens" : ne nous leurrons pas !

Hasard du calendrier médiatique : mardi soir, le journal télévisé de France 2 décidait de consacrer son reportage sur "les circonscriptions dont les résultats seront très suivis" à la 10ème du Nord, celle du député sortant UMP Christian Vanneste. Les journalistes Arnaud Boutet et Patrick Wursthorn l'ont présenté comme un candidat "sulfureux" arborant un "sourire confiant". Christian Vanneste est sans conteste un homme qui déclenche beaucoup de passion : on l'adule ou on le déteste. Il convient de remettre les pendules à moins de deux semaines du premier tour des élections législatives... 

Le vrai-faux de l'investiture de Christian Vanneste.

medium_Vanneste_UMP.3.jpgLa question de son étiquette a été maintes et maintes fois discutées ici et là... Certains critiquant Nicolas Sarkozy qui aurait trahi sa promesse, d'autres se félicitant des soutiens de Christian Vanneste.

J'en ai déjà parlé dans une précédente note : Christian Vanneste se présente sous l'étiquette "Union pour la Majorité Présidentielle"... ce qui ne signifie pas UMP, dont le sigle ne se retrouve pas sur ses affiches. Et en effet, Christian Vanneste a été investi par le seul CNI, mais n'est pas investi par l'UMP. Sa situation est plus ambiguë qu'il n'y paraît. Certes, Nicolas Sarkozy, à la suite de Valérie Pécresse, a déclaré que Christian Vanneste ne serait pas investi par l'UMP, et tâcherait de trouver un autre candidat. Mais point de candidat UMP.

On peut arguer en effet que Christian Vanneste, solidement ancré, est en revanche soutenu par la section UMP de la 10ème circonscription du Nord, le secrétaire départemental du Nord Thierry Lazaro et quelques autres hommes politiques. La réception de Chrsitian Vanneste par le Premier Ministre François Fillon a là aussi fait couler beaucoup d'ancre. Rappelons qu'il y était reçu en tant que député UMP sortant, non en tant que candidat... Même si beaucoup de parlementaires sont aussi candidats à leur rélection. 

L'enjeu sera donc pour Christian Vanneste de convaincre qu'il est soutenu par sa famille politique... laquelle devra alors à son tour clarifier son positionnement face à Christian Vanneste.

"Le courage du bon sens"

C'est le titre d'un ouvrage de Michel Godet, c'est également le slogan choisi finalement par Christian Vanneste, après avoir un temps penché pour "Un député courageux". Pour lui, il s'agit d'avoir le courage de prendre des décisions de bon sens qui vont dans l'intérêt général, pour les retraites par exemple. Citons plus particulièrement cet appel que l'on peut lire sur son blog : "Courage et bon sens car il faudra garantir la sécurité des biens et des personnes, en total respect de nos libertés individuelles, comme nous l'avons fait depuis 2002".

Des propos de bon sens, mais qui méritent qu'on les remette en contexte. Rappelons en effet que Christian Vanneste  a été condamné pour ses propos homophobes : quel liberté laisse-t-il à ceux qu'il accuse de constituer une menace pour la survie de l'humanité ? Il est également le rapporteur de la loi DAVDSI sur les droits d'auteur, ce qui a posé de lourdes questions restées sans réponse sur la liberté d'utilisation des copies dans un cadre privé. 

Mais peut-on parler de courage lorsqu'il laisse croire qu'il est soutenu par son parti alors qu'il a lui même choisi de s'encarter au CNI pour éviter la sanction de l'exclusion ? Qu'il n'a pas le courage d'affronter sa famille sur cette question où sa position atypique sur l'homosexualité est dénoncée ? Le courage d'affronter ses détracteurs sur son blog régulièrement soumis à la censure, lui qui se dit le défenseur de la liberté d'expression ? 

Il faut aussi avoir du bon sens, et l'affirmer. Si on ne peut lui faire l'injure d'être le député d'une circonscription où lamedium_Vanneste_Sénat.5.jpg situation économique (chômage) et sociale (sécurité) s'est améliorée ses dernières années - mais il n'est pas le seul responsable politique de la circonscription à avoir agi en ce sens ! - il en va tout autrement de certaines de ses prises de position. Et le sujet est important (quoique j'ai pu lire chez certains de ses partisans, notamment sur le blog de La Voix du Nord) : il s'agit d'élire celui ou celle qui va nous représenter, et qui se distingue par ses valeurs, ses actes. 

Je suis d'accord avec Christian Vanneste : le courage n'est rien s'il n'est pas relié avec un peu de bon sens. Pourtant, ce bon sens lui fait défaut, comme lorsqu'il entend affirmer que l'homosexualité est un comportement dissocié de la personne, qu'elle est un choix de personnes désordonnées que l'on peut rééduquer, que l'homophobie est un fantasme d'un lobby gay qui ne représente rien. Le courage ne se mesure pas à la capacité à dire ce qui peut rassurer les personnes  inquiétes de certaines avancées sociales instrumentalisées par leurs opposants. Surtout lorsqu'il s'agit de faire l'économie du bon sens.

Je m'interroge plus largement quant à élire député un homme qui remet en question certaines valeurs de notre République : la liberté (d'aimer, de vivre sans discriminations...). Mais également la laïcité, alors que toute une partie de l'argumentation de sa proposition de loi pour l'abrogation de la loi qui l'a condamnée (!) se référait explicitement à des textes religieux ! Et que dire encore de l'indépendance et le respect de l'autorité de nos institutions judiciaires, qu'il a régulièrement remis en cause ? Non seulement suite à sa condamnation ("La démocratie est en suspens") mais suite à d'autres jugements où il a pu affirmer sans broncher "Une justice 10000 fois injuste". Faut-il rappeler que cet homme est élu d'une famille politique dont le candidat à fait du respect des institutions un pilier de sa campagne ?

Un vote de bon sens les 10 et 17 juin 2007 !

Ne nous leurrons pas sur la question de sa place dans sa famille politique, qui au niveau national trouve volontiers Christian Vanneste bien encombrons. Ne nous leurrons pas non plus sur "le courage du bon sens", slogan qui cache des positions n'ayant rien à voir ni avec le courage, ni avec le bon sens.

Ne nous leurrons malheureusement pas sur l'issue de ce scrutin. Christian Vanneste est député sortant : la règle est celle de la réélection, surtout si sa famille politique est elle-même reconduite. Nicolas Sarkozy a recueilli 57.50% des votes dans la 10ème circonscription du Nord. En l'absence d'un véritable candidat de centre-droit, Christian Vanneste compte bien surfer sur la vague bleue, et aborde avec confiance cette élection... A moins que les électeurs n'en décident autrement : la participation sera l'enjeu de ce scrutin, l'abstention s'étant élevée à 42% en 2002 !

Christian Vanneste a peut-être accompli un bon travail de député, présent sur le terrain et à l'Assemblée Nationale. Mais un certain nombre de ses prises de position me semblent moralement et éthiquement incompatibles avec la fonction de député. Aussi comme moi, ayez le courage et le bon sens de voter pour un candidat qui saura nous représenter, et défendre nos intérêts, sans sacrifier nos valeurs démocratiques les plus précieuses.

TITEM 

29/05/2007

Peanuts game, set and match... contre Vanneste

 

En français, on appellerait ça un "jeu-cacahuète" : une fois que l'on a mis la main dans le ravier, le mal est fait, difficile de s'arrêter... Ici difficile de s'arrêter avant d'être sûr d'avoir fait le score maximum. Les jeux les plus connus qui relève de cette définition sont bien sûr le démineur et le solitaire. 

On pourrait préférer l'anglophone "peanuts game". J'ignore si le terme existe, et Christian Vanneste pourra s'offusquer à loisir de cette dictature de la "novlangue". J'y verrais davantage un jeu de mot, le mot "peanuts" étant passé dans la langue française pour signifier "rien". 

Rien à voir d'ailleurs : rappelez-vous de cette réplique de "Qui veut la peau de Roger Rabbit", où Maroon Acme se félicite de Dumbo qui "travaille pour des cacahuètes", et le détective Eddie Valliant de lui répondre "je ne travaille pas pour des cacahuètes". 

Venons-en au vif du sujet : le jeu en question, qui commence à circuler sur les sites Internet et les blogs. Il paraît qu'Internet relaye le meilleur comme le pire, c'est le moment de ne pas faire mentir l'adage, et de rendre hommage au député défenseur de la liberté d'expression... 107.579 mètres qui dit mieux ?

TITEM 

19/05/2007

Elections législatives : 12 candidats dans la 10ème circonscription du Nord, dont Vanneste (UMP-CNI)

medium_Urne_vote.jpgLes inscriptions pour les élections législatives de 2007 sont closes depuis 18h hier (vendredi 18 mai 2007). On annonce plus de 7550 candidats dans l'ensemble des 577 circonscriptions de France, soit moins que les 8456 de 2002. En moyenne, chaque circonscription devrait voir 13.1 candidats concourir, contre 14.65 en 2002. 

Mais cette élection est différente de celle de 2002. Certes, il s'agit une nouvelle fois, pour la droite, de confirmer dans les urnes l'élection du Président de la République, ici Nicolas Sarkozy. Certains ont même annoncé qu'ils se soummettraient au suffrage universel pour confirmer leur nomination, c'est le cas de François Fillon et d'Alain Juppé.

Pour la gauche, il faut limiter la défaite en imposant un contre-pouvoir suffisant, représentant la petite moitié des Français ayant voté pour eux. L'ambition du centre et de ses 6,8 millions d'électeurs au premier tour de la présidentielle est similaire. Il lui faut en plus confirmer l'émergence du nouveau parti centriste, le Mouvement Démocrate (MoDem), présents dans 535 circonscriptions, tout en faisant face à la fronde d'une 2ème vague de députés UDF passées à l'UMP. Ces derniers se présentent sous l'étiquette "UDF-Majorité Présidentielle" et pourraient former un groupe PSLE à l'Assemblée Nationale (Parti Social Libéral Européen). Le Front National enfin va chercher à former un maximum de triangulaires voire de quadrangulaires. 

Liste des 12 candidats de la 10ème circonscription du Nord pour l'éléction législative des 10 et 17 juin 2007 :

NB : La liste est donnée par ordre d'inscription à la préfecture, le premier arrivant recueillant le panneau n°1 et ainsi de suite. Cette liste sera confirmée par arrêté préfectoral la semaine prochaine. En cliquant sur le nom vous accéderez à leur site Internet. Notez que celui de Christian Vanneste, chantre de la liberté d'expression, est régulièrement soumis à la censure de son cabinet parlementaire. 

1) Christian Vanneste (supp. Christian Desmet). Député sortant. Candidat UMP-CNI
2) Alain Lambre (supp. Dominique De Clercq). Gauche populaire et antilibérale (Alain Lambré est adjoint au maire d'Halluin)
3) Christian Baeckeroot (supp. René Declercq) FN
4) David Legauffre (supp. Michel Potemza) Alliance patriotique MNR
5) Régis Debliqui (supp. François Deltour) Lutte Ouvrière
6) Bernard Despierre (supp. Karima Delli) Les verts (Bernard Despierre est conseiller municipal de la ville de Tourcoing, secrétaire régionaldu parti des Verts)
7) Marie-Paule Heiblé (Patrick Bossut) UDF-Mouvement Démocrate (MoDem)
8) Laurence Hernoult (supp. Martine Allies) ?
9) Simina Cirjean (supp. Rose-Marie Smet) FEA (la France en Action)
10) Najat Azmy (supp. Marie Deroo) PS
11) Pascale Risbourg (supp. Virginie Maes) MRC
12) Yann Merlevede (supp. Charline Crolot) LCR

 medium_Najat_Azmy_Roubaix.JPG

Najat Azmy seule candidate PS dans la 10ème circonscription du Nord.

Conseillère municipale de Roubaix et vice-présidente des Marianne de la diversité pour la région Nord-Pas-De-Calais, Najat Azmy souhaite reconquérir le siège perdu par le maire de Tourcoing, Jean-Pierre Balduyck, en 2002. Née au marocaine, elle veut prendre le contre-pied de Christian Vanneste, chantre de la colonisation. Mais la candidate parvient-elle à convaincre les électeurs qui ont pu être choqués par la querelle d'investiture entre Najat Azmy, investie par le PS national, et Sylvie Boudry, préférée du PS local ? 

 

Christian Vanneste finalement candidat sous l'étiquette CNI-UMP grâce à ses soutiens locaux.

Au niveau national, on annonçait qu'il ne serait pas investi. Valérie Pécresse, alors porte-parole de l'UMP et actuelle ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, estimait que cela constituait la plus grave des sanctions. Dernièrement, Nicolas Sarkozy écartait toute idée d'investiture, et attendait que l'on trouve un autre candidat UMP dans la circonscription. Au niveau local, il en va tout autrement. L'UMP de la circonscription et le secrétaire départemental, Thierry Lazaro, verrouillent le cadenas et soutiennent Christian Vanneste. Au final, c'est l'UMP local qui donne l'étiquette UMP au député sortant. On peut regretter que Nicolas Sarkozy ne se soit pas davantage engagé pour empêcher cette investiture, comme il s'y était engagé, ou investisse un autre candidat. 

L'enjeu pour lui sera de montrer que malgré ses déboires juridico-médiatiques, il est soutenu par son parti (ce qui n'est pas le cas d'ailleurs : cf. la liste des investitures UMP pour le Nord). Quand sera-t-il là de la part des électeurs, qui ont pu être choqués des différentes prises de position de Christianmedium_Christian_Vanneste_Tourcoing.2.jpg Vanneste ? Pas seulement ses propos homophobes ("le comportement homosexuel est une menace pour la survie de l'humanité" "l'homosexualité peut-être rééduquée" le "lobby homosexuel" est "sectaire", ce sont des "khmers roses") pour lesquels il a été condamné, conformément à la loi sur la liberté de la presse et la Convention Européenne des Droits de l'Homme.

Mais également sa remise en cause de la décision souveraine de la justice ("depuis ma condamnation, la démocratie est en suspens") et de la loi qui l'a condamné (cf. sa proposition de loi pour abroger la loi qui l'a condamné). Son refus de signer un rapport sur les sectes prétextant qu'il remettait en cause la liberté de conscience, alors qu'il est élu dans une circonscription qui accueille les témoins de Jéhovah. Sans oublier son amendement sur le rôle positif de la France dans les colonies, unanimement condamné par les historiens (Article_Vanneste_colonisation.jpg), et finalement déclassé par le Conseil Constitutionnel. 

Il mène depuis sa médiatisation post-judiciaire une campagne de victimisation, basée sur un slogan : "un député courageux". La notion de courage étant sujette à caution... 

Marie-Paule Heiblé et Christian Baeckeroot pourraient jouer les trouble-fêtes.

medium_Marie-Paule_Heiblé_Halluin.2.jpgInvestie par le nouveau parti Mouvement Démocrate (MoDem), la conseillère municipale d'Halluin pourrait profiter des divisions internes de la gauche locale et de l'absence d'un candidat de centre-droit pour s'inviter au second tour de l'élection législative. Il lui faudra cependant mener la campagne tambour battant pour convaincre de la pertinence de l'émergence de son mouvement dans une circonscription où François Bayrou a fait moins que son score national (15%).

Christian Baeckeroot, ancien et premier président du FNJ, conseiller régional FN est régulièrement candidat dans lamedium_Christian_Baeckeroot.4.jpg 10ème circonscription du Nord, où il obtient 20% des sondages. En 1997, il était au second tour de l'élection législative. En 2002, à cause d'une trop faible participation (un comble, alors que l'abstention favorise le Front National !) il obtenait 19% des suffrages exprimés mais pas les 12,5% des inscrits. Il compte sur le recul modéré de Jean-Marie Le Pen dans la circonscription pour reprendre la main et confirmer son implantation. 

Le taux de participation sera certainement l'élément décisif de l'élection législative dans notre circonscription. En 2002, il avait atteint 42.44%.

TITEM 

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