16/07/2007
La rupture Royal : tirer (enfin) les leçons d'une défaite ?
De retour de vacances en Corse - ce qui vaut à Paris Match d'être poursuivi pour avoir publié des photos la montrant en maillot de bain, en compagnie de sa fille - Ségolène Royal se remet au travail. Point de départ de ses devoirs de vacances : un séminaire sur l'analyse d'une défaite. Elle a retrouvé notamment ses camarades : Julien Dray, Delphine Batho (qui a pris la suite de Ségolène Royal dans la 2è circonscription des Deux-Sèvres) ainsi que ses deux co-directeurs de campagne, François Rebsamen et Jean-Louis Bianco.
Surprenante Ségolène Royal qui pendant la campagne veut concilier démocratie participative et des thèmes que l'on dit "de droite". Être à l'écoute des Français, c'est bien. Avoir un projet clair, précis et presque exhaustif... des convictions (!), c'est mieux. Au final, elle n'obtient qu'un peu moins de 47% des suffrages : 17 millions de Français. C'est beaucoup et peu à la fois. Mais pour Ségolène Royal, l'élan est en marche pour de futures victoires. Et l'horizon 2012 n'est que dans 5 ans pourrait-on dire.
"Ouf, il était temps ?" ou "Voilà qui ne va pas arranger les disputes de bac à sable ?"
Et bien sans doute un peu des deux...
Pendant ces deux derniers moi, ce fut comme si elle avait gagné les élections : elle parle de la liesse, de l'espoir qu'elle a fait naître... Mais nullement de ceux qu'elle a déçus en ne finissant pas sa course à l'Elysée. Pas plus de ce qu'il aurait fallu faire pour convaincre la majorité. Voir de l'avant, c'est positif, mais encore faut-il prendre la mesure de ses défauts, de ses points faibles. La sagesse populaire dirait "C'est en ce plantant qu'on prend racine".
Voilà donc que Ségolène Royal met fin à cette méthode Coué ridicule "voyez ce que j'ai envie que vous voyez" pour ne pas démotiver les militants socialistes qui assistent impuissants à la fuite des "cerveaux". Avec quelle réussite... Mais ne nous réjouissons pas vite : ce n'est que la première étape d'un bilan que la candidate socialiste désire "sans complaisance et sans masochisme". Il était temps.
Mais voilà qui n'arrangera pas (à court terme) les affaires du PS. Déchiré par "l'ouverture sarkozyste"
et la façon dont il convient de réagir, divisé entre une fraction "Royal" qui veut la refondation immédiate, et une fraction "Hollande" qui tient au respect d'un calendrier long... Voilà que de nouveaux réglements de compte s'annoncent : quel part chacun a dans la défaite ? Calendrier qui, du reste, sera bien difficile à tenir : comment imaginer le premier congrès majeur après les municipales de 2008 seulement ? C'est aujourd'hui que le Parti Socialiste doit accomplir sa refonte idéologique. L'enjeu est de taille : relancer le débat démocratique dans une société qui semble n'avoir rien à redire aux différents projets du président nouvellement élu.
TITEM
23:00 Publié dans Retour de manivelle : politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Politique, France, Royal, PS, Elections présidentielles 2007, Sarkozy
18/06/2007
Elections 2007 : fin de la tragédie en 4 actes (ou petite pièce moyenâgeuse naïve)
Oyez, oyez, bonnes gens ! Le rideau est tombé dimanche soir sur la scène des élections françaises. 22 avril, 6 mai, 10 et 17 juin : 4 actes pour une pièce palpitante, avec ses héros, ses défis, ses tragédies... Et du suspens jusqu'au bout.
Le scénario ? Dans ce vieux pays, la France, que l'on dit sans cesse en retard, rétif à toute réforme, le vieux roi doit céder la place son trône. Qui pour le remplacer ?
Le chevalier Sarkozy, au blason frappé du pommier, assoiffé de victoire et de pouvoir ? La princesse à la rose Ségolène qui sourit et plait au peuple (et aux tabloïds) ? Le baladin Bayrou, chasuble orange pétante, qui contait la France impartiale et réunie, le peuple souverain, refusant de servir la cause de la pomme ou de l'épine ? Le dragon Le Pen qui, terrorisant le petit peuple par l'invasion des sarrasins, espérait montrer que son souffle rauque pouvait aussi les défendre ? Chacun avait son projet pour la France, et est venu le présenter devant les Français, lors de grandes foires ou directement chez eux, grâce à la boîte à troubadours. Les Français allaient pouvoir voter. Et ils le firent, en nombre. En très grand nombre.
Le dragon Le Pen était furieux : le chevalier Sarkozy, en lui karchérisant la gueule (bah oui un dragon c'est comme le crocodile, ça a une grande gueule et des petits bras) avait conquis beaucoup de ses électeurs. Le baladin Bayrou n'a pas pu empêcher ses électeurs de revenir vers la princesse ou le chevalier. Le chevalier Sarkozy a fait parler les valeurs
de la chevalerie, de la noblesse et de la fraternité pour débaucher solliciter de nouveaux amis. Même la princesse, qui était en réalité célibataire mais on ne le savait pas encore, a essayé d'aguicher le baladin Bayrou (un autre François pour la France Présidente) et ses électeurs (je sais c'est gratuit...). La princesse et le chevalier s'affrontèrent lors d'une joute verbale ; les journalistes comme depuis el début de la campagne, se contentaient de compter les points, les coups et les soutiens. La princesse a sorti son arme secrète : la "colère saine", mais ça n'a pas vraiment marché.
C'est finalement le chevalier Sarkozy qui l'a emporté. Pendant l'entracte, il a réuni plusieurs de ses amis pour gouverner avec lui : il y avait Fillon (encore un François !) qui voulait comme le chevalier Sarkozy gagner des joutes, l'éminence verte-écolo Juppé "le meilleur d'entre nous", la sorcière MAM qui n'aimait rien d'autre que les soldats et la maréchaussée, l'amuseur Borloo et ses tours de passe-passe social... Mais aussi, et c'est là que ça devient marrant, des "félons" (c'est en tout cas ainsi qu'on les appelait à gauche) : l'apothicaire Kouchner, Morin qui chantait avec Bayrou a jeté son dévolu sur la flotte et la cavalerie de métal, et le trésorier Besson, qui n'aimait pas du tout la princesse Royal.
Mais pour gouverner la France, il fallait jouer au jeu de la démocratie. On demande aux Français de voter des représentants, les députés, qui décident votent les lois que le gouvernement leur soumet. Parfois ils se bagarrent à l'assemblée, parfois ils débattent mais ça ne va pas assez loin. Souvent ils sont absents. A la fin du 3ème acte, beaucoup de seigneurs bleus étaient arrivés en tête. 109 avaient été même élus au premier tour. Seulement les Français en avaient un peu marre de cette pièce dont ils pensaient connaître la fin, et ils avaient beaucoup moins voté.
Pourtant ceux de la rose leur ont dit qu'il était important de voter, surtout s'ils ne voulaient pas de la TVA sociale, une nouvelle gabelle qui allait écumer leurs bourses. Ceux de la pomme déclaraient qu'il fallait remplir les caisses de l'Etat, vides, afin de pouvoir mener de grands projets. Grâce aux chasubles orange, ceux de la rose ont réussi à faire gagner plus de seigneurs de leur camp que ce que les sondages avaient prévus. Mais ceux de la pomme ne voulaient pas reconnaître qu'ils n'avaient pas vu cette
mauvaise dernière récolte
Même que Juppé, qui avait perdu dans son duché bordelais, est tombé en disgrâce. Il y a eu des méchants condamnés par la justice qui ont gagné (Vanneste, Ceccaldi-Reynaud...) d'autres qui ont perdu (Mellick, Carignon...). Des opportunistes comme Klarsfeld, qui parcourait la circonscription en roller pour aller plus vite au Palais du nouveau roi Sarkozy, qui a perdu. La harpie Noachovitch qui hurlait très fort et en appelait à Dieu. Bayrou et quatre de ses troubadours ont gagné leur combat, et ils devront chanter très fort eux aussi pour se faire entendre. Mais pour un nouveau camp, c'est pas si mal. Les pommes pas mûres (qui étaient orange et sont devenus bleu pâle) seront 22. Les ermites écolos ont réussi à trouver un nouveau disciple, et peut-être que les 17 rouge de la Cour des Miracles (car ça relève bien d'un miracle !) s'allieront avec eux. 577 petites scènes et petits seigneurs pour faire une grande scène.
Et les projets me direz-vous ? Beaucoup de promesses, peu de débats de fond sur l'identité de la France dans le monde, face aux nouveaux enjeux du Monde. Nous verrons si le roi Sarkozy et ses conseillers parviendront à remettre la France sur les rails... Enfin sur les chemins à la conquête du Graal : la croissance !
Le rideau est tombé, dimanche soir sur la scène des élections françaises... Mais "show must go on" !
TITEM
19:20 Publié dans Retour de manivelle : politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Elections législatives 2007, Elections présidentielles 2007, France, Humour, Sarkozy, Royal
09/05/2007
Royal / Bayrou : un même destin ?
Après une campagne où ils se sont disputés les électeurs de centre-gauche, et le résultat du 1er tour qui vit finalement la candidate socialiste l'emporter sur le candidat centriste, ces deux-là pourraient être bien plus proches qu'on a voulu le dire. Du candidat "sans programme" selon Dominique Strauss-Kahn, François Bayrou passait au statut de personne fréquentable, avec lequel Ségolène Royal pouvait même débattre, dans les conditions que l'on connaît. Finalement, François Bayrou déclarait qu'il ne voterait pas pour Nicolas Sarkozy, tout en ne concédant pas vouloir voter pour Ségolène Royal.
Et aujourd'hui ? Nicolas Sarkozy est élu président avec 53% des suffrages. Et chacun de ses deux malheureux concurrents doit faire face à une crise de leadership au sein de son parti.
Il faut sauver le soldat Bayrou ! (voir ici le billet)
Au PS, les éléphants ont les défenses longues (voir ici le billet)
Unis dans l'adversité ?
Chahutés dans leur leadership, François Bayrou et Ségolène Royal devront-ils se contenter de jouer les seconds couteaux de la politique après avoir nourris tant d'espoir de la part des Français (respectivement 6.8 et 9.5 millions) ? Des discussions me semblent nécessaires de la part de ces deux personnes au même objectif : empêcher l'UMP de recueillir une majorité absolue au Parlement. L'UMP n'a d'ailleurs aucun intérêt à une telle majorité : donner une place à l'opposition ne se limite pas à élargir son gouvernement à 2 ou 3 personnes "de gauche ou du centre". Etrangement, sa tactique de rapprochement avec un UDF-canal historique, façon "faux-nez de l'UMP" commentait Marielle de Sarnez, étoufferait la possibilité de faire participer une réelle opposition. Faut-il rappeler ces commentaires qui disaient que l'élection de 2007, par son taux de participation, donnait naissance à une nouvelle ère politique ? Qu'il faudra représenter les 17 millions d'électeurs qui n'ont pas voté Sarkozy ? De 2002 à 2007, les trois grands partis démocratiques sont passés de 40 à 75%. Il est temps de faire la politique autrement, au risque de revenir au séisme de 2002. Et nul doute que l'on tombera de plus haut.
TITEM
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07/05/2007
Le temps de la concorde, attentifs et exigeants
Les urnes ont parlé, et leur verdict est sans appel : Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, et président de l'UMP, a été élu hier dimanche 6 mai 2007 le 6ème Président de la République, avec 53.06% des suffrages, soit 18.983.408 voix. Si l'on excepte l'élection au suffrage universel de 2002, jamais un Président n'avait recueilli autant de voix.
On peut se réjouir du taux de participation de cette élection. On peut également souhaiter que cela marque une nouvelle ère politique : trois quinquagénaires leaders des trois grands partis démocratiques qui ont fait (l'UMP), sont en train de faire (UDF-Mouvement Démocratique), ou devront faire (Parti Socialiste) leur changement.
Ces derniers jours, j'ai été plutôt agacé par des diabolisations de plus en plus franches et éhontées vis-à-vis de Nicolas Sarkozy, et le manque de respect envers ses électeurs. J'apporte ici un témoignage tout à fait personnel : entre des tracts féministes dénonçant l'Union Machiste et Patriarcale (sic), ceux de gauche qui stigmatisaient ceux qui iraient "voter avec l'extrême-droite", pour un candidat dont la famille politique était il y a 70 ans antisémite (et qui a soutenu les nazis pendant la guerre ai-je entendu... on croit rêver !!!)... on peut regretter que l'exercice de la démocratie se soit fait simultanément aux escalades verbales aussi inutiles que ridicules.
Le débat présidentiel fut relativement satisfaisant au niveau des programmes, même si l'on peut regretter que certains sujets furent négligés (relations internationales et européennes, exercice général du pouvoir...) : autant de sujets sur lesquels étrangement, Nicolas Sarkozy a insisté dans son discours immédiatement après l'annonce des résultats, salle Gaveau.
Près de 19 millions de voix, près de 3/4 d'entre elles étant un vote d'adhésion : incontestablement, la droite a su faire son aggiornamento. Sa ligne politique est claire, aussi contradictoire soit-elle pour certains : libéralisme économique et étatisme, gaullisme européen et atlantisme, autorité, méritocratie, codéveloppement avec le Tiers-Monde...
Le changement oui, mais rassemblés et exigeants !
On sent que les Français ont envie que Nicolas Sarkozy incarne le changement auxquels ils aspirent, qu'on le regrette
ou qu'on le souhaite. Pour ce faire, il aura besoin d'une majorité. Mais Nicolas Sarkozy n'a aucun intérêt à gouverner seul, avec une majorité absolue entièrement acquise à sa cause, qui ne ferait qu'enregistrer ses décisions, et sans prendre le temps de la discussion avec les partenaires sociaux. La conjoncture lui est favorable : la France a soif, et besoin de changement. Nicolas Sarkozy a affiché - et en tant que Président, c'est naturel- son envie de réconcilier la France, lors de son discours : Place de la concorde : tout un symbole ! Même s'il n'a pas l'intention de céder sur certains points qui lui sont chers : fin de la repentance, ministère de l'intégration...
Car ce n'est certainement pas en se montrant mauvais joueur que l'on fait progresser les choses. Quand j'entends des personnes (à gauche) accuser Nicolas Sarkozy de vouloir dresser la France l'une contre l'autre, et montrant leur refus de la démocratie par la violence (comme près de chez moi à Rennes) ou en stigmatisant le choix des Français (témoignages recueillis ça et là sur la toile : "Honte d'être Français" "Au moins 53% de cons en France" "Vous avez eu ce que vous méritiez") je me demande qui sont vraiment les extrêmistes sectaires. Heureusement, ce ne sont le fait que d'une minorité. Pour autant, c'est un défi pour le nouveau Président qui devra tempérer les anxiétés.
L'abstention a été très faible, les médias l'ont répété. Ils ont oublié de rappeler qu'après la déroute de 2002, où au 1er tour, les trois grands partis démocratiques ont obtenu 40% des suffrages, ils en obtenaient 75% en 2007. Il faudra en tenir compte, et se montrer exigeants envers ceux qui nous gouverneront. La France a ainsi montré son refus des extrêmes, et son envie d'avancer. La majorité veut une voie libérale, mais la voie des autres comptera également, et la composition de l'Assemblée Nationale nous donnera d'autres enseignements.
TITEM
22:50 Publié dans Retour de manivelle : politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Elections Présidentielles 2007, France, Sarkozy
Résultats de l'élection présidentielle dans la 10ème circonscription du Nord
Résultats du 2ème tour de l'élection présidentielle 2007 :
Nicolas Sarkozy : 57.50%
Ségolène Royal : 42.50%
Résultats du 1er tour de l'élection présidentielle 2007 :
77864 inscrits
17415 abstentions 22,36%
60449 votants 77,63%
59551 exprimés 76,48%
Nicolas Sarkozy : 34,60%
Ségolène Royal : 23,31%
François Bayrou : 16,13%
Jean-Marie Le Pen : 12,75%
Olivier Besancenot : 4,39%
Arlette Laguillier : 1,91%
Philippe de Villiers : 1,76%
Marie-George Buffet : 1,65%
Dominique Voynet : 1,57%
José Bové : 1,02%
Frédéric Nihous : 0,63%
Gérard Schivardi : 0,21%
Ces résultats semblent montrer un ancrage à droite de la 10ème circonscription du Nord... Mais il aurait été bon de pouvoir les mettre en relation avec les résultats des précédents scrutins présidentiels. Mais on peut se référer à l'élection législative de 2002 (cf. ma note ici) et attendre de voir la réaction des électeurs de la 10ème circonscription, laquelle sera certainement très disputée.
A plus grande échelle, notons le basculement historique de la région Nord-Pas de Calais à droite, bien que l'écart soit faible : Nicolas Sarkozy a obtenu 50.31% des voix. Si le Pas-de-Calais demeure à gauche (52.04% pour Ségolène Royal), le Nord a préféré le candidat UMP à 54.75% des suffrages. Certains y verront sans nul doute un bon report des voix du Front National, alors que Jean-Marie le Pen obtenait encore 15% des voix dans la région. L'autre explication vient sans doute du score plus faible de François Bayrou dans le Nord-Pas de Calais, grévant d'autant la possibilité pour la candidate socialiste d'obtenir un réservoir de voix suffisant.
Tous les résultats sur le site du Ministère de l'Intérieur.
TITEM
15:00 Publié dans 10ème circonscription Nord | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Elections présidentielles 2007, 10ème circonscription Nord, Tourcoing
23/04/2007
Les électeurs UDF plus que jamais sollicités
On les moquait de vouloir voter pour un candidat sans charisme, qui n'avait pas de programme si ce n'est celui de faire le jeu des extrêmes en prônant la fin de la bipolarisation de la vie politique. On leur diagnostiquait un utopisme gentillet qui signifierait - non vous imaginez ?? - que les hommes de gauche et de droite travaillerait ensemble, comme cela se fait dans d'autres pays européens. On rigolait quand il annonçait qu'il pouvait concurrencer les candidats des deux partis majoritaires.
Au final, François Bayrou recueille 18.57% des suffrages exprimés, multipliant par 2.5 son score de 2002. Ce sont quasiment 7 millions de Français qui ont voté pour lui (6.820.914 exactement, plus que Jacques Chirac en 2002, 3.7 fois plus que ce qu'il avait eu en 2002). Un score que tous saluent aujourd'hui. François Bayrou est parvenu à faire émerger un centre "large, fort et indépendant" : le 3ème parti en France, devant le Front National, ce dont tous les démocrates se réjouiront. Bien que les médias parlent de la rebipolarisation de la vie politique française, le score de François Bayrou, son audience, ne sont pas négligeable. D'ailleurs, Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy et leurs états-majors l'ont bien compris, et multiplie les gestes bienveillants à l'égard de l'électorat centriste.
François Bayrou était le candidat "sans programme" selon DSK ? Voilà que Jean-Louis Bianco trouve un certain nombre de points d'accord entre le programme du candidat UDF et Ségolène royal. François Bayrou était "le pire de tous" selon Simone Veil ? François Fillon trouve lui aussi des convergences dans les programmes de Nicolas Sarkozy et François Bayrou, et rappellent les liens passés entre l'UDF et l'UMP. De telles démonstrations, dont on sent bien les motivations électoralistes, font sourire : voilà que l'action centriste prend de la valeur !
Mais c'est de bonne guerre... et je l'accepte car je suis fair-play. Au lendemain des résultats, plusieurs de mes amis - y compris des non-centristes- m'ont demandé ce que j'allais faire, et ont même tenté de me convaincre de voter qui Royal, qui Sarkozy. Aussi je vais vous mettre à l'aise : je ne sais pas. Je refuse de me prononcer sur tel ou tel candidat, qui ne représente pas pour moi le projet nécessaire pour la France.
Certains UDF ont arrêté leurs choix : certains voteront blanc ou nul. D'autres retourneront d'où ils sont venus : auprès de Ségolène Royal, ou voteront pour la candidate socialiste par rejet de la personnalité anxiogène de Nicolas Sarkozy. D'autres enfin voteront Nicolas Sarkozy, qui semble - et je ne pense pas faire preuve d'un écart subjectif en affirmant cela - nettement plus serein et confiant que Ségolène Royal, et dont le programme, ouvertement libéral, semble constituer une nouveauté dans le paysage politique français. (Sur ce point, certains pourraient faire valoir que je minimise l'action libérale menée par d'autres gouvernements précédents, mais les observateurs étrangers s'accordent à dire que Chirac est un homme de centre-droit, Sarkozy un libéral-conservateur).
L'enjeu actuel n'est pas au 2ème tour de l'élection présidentielle. Il se situe après, pour les législatives. L'UDF a tout intérêt à ne pas donner de consigne de vote, et j'espère que François Bayrou n'en donnera pas. Soutenir Royal, ce serait décevoir les déçus du sarkozysme qui sont venus vers l'UDF, et ce serait se mettre en opposition directe avec les candidats UMP. Soutenir Nicolas Sarkozy, c'est défaire tout le travail d'indépendance effectué par l'UDF, et décevoir les déçus du royalisme. Certains parlementaires ont d'ores et déjà annoncé leur ralliement à Nicolas Sarkozy, moyen pour eux de sauvegarder leurs postes.
Tout l'enjeu pour l'UDF est de conserver le dynamisme encore fragile lors de ce premier tour des élections
présidentielles. Si le PS et l'UMP tente de monnayer leurs voix, ce n'est pas seulement pour remporter l'élection présidentielle, c'est également pour fragiliser la nouvelle base socio-démocrate de l'UDF sur laquelle doit se créer un nouveau parti. C'est pourquoi l'UDF a tout intérêt, pour conserver une audience forte en toute indépendace, à concentrer sur ses électeurs sur le prochain enjeu : les élections législatives. C'est le seul moyen pour l'UDF de transformer l'essai de construction d'un grand parti centriste, à l'image des libéraux anglais, de la Marguerite italienne ou du Zentrum allemand.
Toute alliance signifierait rupture de la dynamique indépendantiste, et rupture avec les valeurs de liberté portée par l'UDF. La liberté de ne pas s'exprimer en fonction d'intérêts partisans, ou de l'envie de strapontins politiques.
TITEM
23:35 Publié dans Retour de manivelle : politique | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Elections présidentielles 2007, Bayrou, UDF
Elections présidentielles 2007 : vers un changement de la politique en France ?
Les Français ont donc fait leur choix, et l'élection présidentielle, comme à chaque fois, a livré son lot de surprises. Une élection très particulière puisque pour la première fois, ni le Premier Ministre, ni le Président en exercice se sont présentés. Pour la première fois également, l'un des grands partis présente une femme. Ces résultats n'ont pas manqué de commentaires et il faudra sans doute quelques temps pour bien en comprendre tous les enjeux. Mais je tiens à livrer ici mon sentiment.
La première surprise de cette élection : le taux de participation. On savait les Français intéressés par cette élection en dépit de débats plutôt plats, l'abstention pour ce premier tour ne s'élève qu'à 16.22%, un taux qui n'avait pas était atteint depuis 1974 (15.8%). Il serait intéressant de savoir vers qui se sont tournés ces électeurs supplémentaires. Une bonne nouvelle pour la démocrate dans tous les cas, à l'heure où certains parlaient de la France comme d'une "démocratie d'abstention".
L'autre surprise - si l'on peut dire - ce sont les excellents scores de Nicolas Sarkozy (31.18%) et de Ségolène Royal (25.87%), les deux prétendants à l'Elysée qui s'affronteront au 2ème tour le 6 mai. Non pas que les sondages se seraient trompé (ce serait même le contraire) : mais ces pourcentages prennent une toute autre dimension si on prend en compte le nombre de bulletins de vote .
11 450 302 pour le candidat de l'UMP, soit près de 2 fois plus que Jacques Chirac en 2002, ce qui traduit un véritable vote d'adhésion en sa faveur. Il est sans conteste le candidat qui ne laisse pas indifférent : on l'adule ou on le craint. Il est en tout cas parvenu à conserver sa première place quasiment de bout en bout de la campagne, qu'il aborde avec confiance. Des résultats qu'un candidat de droite n'avait pas retrouvé depuis fort longtemps, mais diffilice à mettre en comparaison vu que le nombre de votants a bien évidemment augmenté.
9 501 295 pour la candidate du PS, c'est là encore près de 2 fois plus que Lionel Jospin en 2002. Elle égale en pourcentage François Mitterand en 1981. Elle est parvenu à conjurer le sort du 21 avril 2002 qui vit l'élimination de Lionel Jospin, et à faire taire ceux qui ne la voyaient pas au second tour. Mais c'est sans doute moins sa personnalité, qui a joué que le fameux "vote utile"... dont je ferais état plus tard. ![]()
En 3ème position, on retrouve comme prévu le candidat de l'UDF, alors même qu'un sondage CSA post-campagne (samedi 21 avril) le plaçait en 4ème position. Parti de 6% au début de l'année, François Bayrou obtient 18.5% des voix, soit 2.7 fois plus qu'en 2002, mais surtout 6 820 914 de voix, soit 3.5 fois plus qu'en 2002, un nombre de bulletins supérieur à Jacques Chirac en 2002 ! Le candidat centriste est apparu souriant, satisfait du résultat obtenu bien qu'espérant parvenir au 2nd tour. Pour lui, sa réussite est d'avoir fait apparaître un "centre large, fort et indépendant". Un tel score le place en arbitre du second tour, et déjà, les démonstrations de sympathie à gauche comme à droite pour récupérer son électorat, voire un soutien verbal de François Bayrou se font jour. Pour autant, si les jeunes ont majoritairement intégré récemment le parti centriste, François Bayrou fait surtout un beau score parmi les plus de 55 ans, et il n'est pas parvenu à attirer les sympathies de l'électorat populaire.
Saluons le fait que le 3ème parti de la France ne soit plus le Front National, mais un parti démocrate. L'autre surprise du jour, mais qui s'explique aisément par l'effet automatique d'une forte participation (comme je l'avais démontré ici), c'est la chute de Jean-Marie Le Pen : il n'obtient que 10.44% des voix, son plus mauvais score. Avec 3 835 029 bulletins à son nom, il perd même presque 1 million de voix. Grand perdant (et mauvais perdant) de cette élection : il accuse Nicolas Sarkozy de lui avoir voler ses électeurs, et tous d'avoir piqué ses idées. Mais le million de voix perdu par Jean-Marie Le Pen ne suffit pas à expliquer le score de Nicolas Sarkozy. Le Président du FN joue les Cassandre en annonçant les cinq années de malheur à venir, et plaint les Français qui vont se faire "cocufier". On appréciera la remarque... En tout cas, la prochaine réunion du Front National s'annonce houleuse, et la passation de pouvoir avec sa fille Marine Le Pen, sa directrice de campagne, critiquée pour avoir trop joué sur le côté populaire pourrait être plus difficile que prévue.
Au-delà, c'est la débâcle. Aucun candidat ne parvient au seuil de remboursement des frais de campagne, fixé à 5% des suffrages exprimés. Seul Olivier Besancenot, avec 4.05% des voix, tire son épingle du jeu. Le "vote utile" et le syndrome du 21 avril ont eu un effet dévastateur sur les votes à gauche : le PCF et Marie-George Buffet enregistrent leur plus mauvais score de leur histoire : 1.93%. José Bové avec 1.32% des voix n'est pas incarner le vote anti-libéral et non partisan. Pour sa dernière campagne, Arlette Laguillier ne recueille que 1.33% des voix, son plus mauvais score, et perd 1.2 millions de voix par rapport à 2002. Lourd revers enfin pour Dominique Voynet : les verts, avec 1.57% des voix, perdent eux aussi près d'1 million de voix. Gérard Schivardi arrive en dernière position avec 0.34% des suffrages.
Au final le vote utile a donc considérablement joué. Mais Ségolène Royal a grillé une cartouche qui risque de se retourner contre elle : elle dispose d'un très faible réservoir de votes pour le 2ème tour. Pour s'assurer une victoire, elle va devoir impérativement rechercher les voix du centre. Les partis de gauche ne recueillent en effet que 36% des suffrages.
A droite enfin, Frédéric Nihous perd son pari de dépasser les verts :il arrive 11ème avec 1.15% des voix. CPNT perd 800.000 voix. "La ruralité d'abord" n'a pas convaincu. Enfin, Philippe de Villiers n'est pas parvenu à être la surprise qu'il annonçait, ni à représenter une alternative entre la droite traditionnelle et la droite nationale : il ne recueille que 2.23% des suffrages.
Les médias annoncent, et semblent même se féliciter, du retour de la bipolarisation de la vie politique française. Ce jugement prête à débat : François Bayrou représente tout de même 18.5% de l'électorat ce qui est loin d'être négligeable, d'ailleurs les médias ne manquent pas de rappeler que même en position d'arbitre, il est la clé du 2nd tour. En outre, cette bipolarisation devrait interroger les journalistes : de 40% des suffrages en 2002, les trois partis démocrates majoritaires (PS, UDF, UMP) recueillent maintenant 75% des suffrages ! Est-ce à dire que les Français se sont réconciliés avec les grands partis, qu'ils ont le sentiment qu'ils vont répondre à leurs attentes ? Cette réaction pour empêcher Le Pen d'arriver une nouvelle fois au second tour s'est traduit par "un vote utile" lequel ne reflète pas réellement l'opinion des Français. Mais ces derniers sont loin d'avoir signé un chèque en blanc à Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, et n'hésiteront pas à faire entendre leurs désaccords, faute d'avoir pu le faire dans les urnes.
TITEM
22:15 Publié dans Retour de manivelle : politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Elections présidentielles 2007, Médias, France, Bayrou, Royal, Sarkozy
Merci François Bayrou !
Bayrou: discours du 22 avril
Vidéo envoyée par bayroufr

Discours de F.Bayrou quelques minutes après le résultat de l'élection presidentielle.
"J’ai une bonne nouvelle pour vous. A partir de ce soir, la politique française a changé et elle ne sera plus jamais comme avant. Malgré des manoeuvres innombrables, malgré l’alliance objective du Parti socialiste et de l’UMP, malgré des sondages manipulés – je veux rappeler que certains instituts n’hésitaient pas à annoncer ces dernières heures encore que l’extrême droite allait être devant nous, malgré ces forces considérables, plus de 7 millions de Français se sont réunis pour porter une magnifique idée du changement.
C’est à ces millions de Français que je pense : ils ont fait une magnifique campagne électorale. Ils ont formé une force nouvelle, La seule force nouvelle de la politique française. Ils ont ouvert un chemin d’espoir pour la France et ce chemin d’espoir ne s’arrêtera pas. Il y a enfin un centre en France. Un centre large, un centre fort, un centre indépendant capable de parler et d’agir au-delà des frontières d’autrefois. Ceux-là, ces millions de Français, ont compris que la vieille guerre des deux camps ne répondait plus au mal de la France. Je vous le dis le mal de la France est plus grave qu’on ne le croit dans les deux partis qui sont encore ce soir arrivés en tête.
Nous ne sortirons pas la France de la situation qui fait souffrir tant de femmes et d’hommes qui ont besoin qu’on s’occupe d’eux et pas des guerres de partis. Nous n’en sortirons pas sans un changement profond. Ceux-là, ces millions de citoyens ont voulu qu’on ne raconte pas d’histoire au pays, que l’on ne fasse pas de fausses promesses, qu’on les regarde comme des citoyens c'est-à-dire comme des responsables. Cette espérance que nous avons fait naître, j’en ai la charge, je ne l’abandonnerai pas, ni une minute, ni une seconde pendant les jours, les semaines et les mois qui viennent. J’aime cette espérance. Je mettrai toutes mes forces à rénover la politique française. Je l’ai rénovée hier, je la rénoverai demain. Je n’abandonnerai aucune de ces convictions. Je ne reviendrai pas en arrière.
Je récuse et je récuserai toujours l’idée qu’il n’y ait en France que deux idées de l’avenir. L’avenir de la France exige au contraire qu’on fasse vivre ensemble les valeurs des uns et des autres. L’avenir de la France exige une démocratie profondément nouvelle, honnête avec des rêves et des principes si souvent bafoués depuis longtemps. Toutes les décisions que je serai amené à prendre dans les jours qui viennent, toute les positions que nous adopterons, seront inspirées par cette seule conviction : la nouvelle politique est en train de naître, cette espérance est grande et juste, et personne, vraiment personne ne l’arrêtera.
Je vous remercie"
François Bayrou a obtenu 6.820.914 voix, ce qui représente 18,57% des suffrages exprimés. Il obtient 1,2 millions de bulletins de plus que Jacques Chirac en 2002.
En 2002, il avait obtenu 1.949.219 voix ce qui représentait 6,84% des suffrages exprimés. Il a donc multiplié son score brut par 3,5, son score pourcentagé par 2,7.
Aujourd'hui, nous pouvons être fier de ce résultat, alors que les Cassandre nous promettaient un destin à la Chevènement. Même si l'on peut regretter de ne pas être présents au 2nd tour : nous y serons d'une manière ou d'une autre, tant les démarches pour tenter de récupérer les voix de l'UDF vont être grandes de la part des deux partis vainqueurs. A nous de faire preuve de mémoire au moment de faire un choix, et de nous réunir pour nous faire entendre à nouveau aux législatives, aux municipales, et de poursuivre cette dynamique.
Merci à François Bayrou d'avoir su porter les espoirs des Français et des militants jusqu'au bout, d'avoir été cohérent avec ses valeurs jusqu'au bout.
TITEM
13:25 Publié dans Retour de manivelle : politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Elections présidentielles 2007, UDF, Bayrou
22/04/2007
Emission spéciale élections présidentielles sur Radio Campus Rennes
A l'occasion de ce premier tour de l'élection présidentielle, Radio Campus Rennes organise une émission spéciale, préparée par les équipes de Des Hauts et Débats et A gauche à droite. Suivez en direct les résultats dès 20h sur 88.4 FM ou http://www.radiocampusrennes.fr. L'émission débutera dès 19h par des analyses de la campagne électorale en compagnie d'uiversitaires. Après la proclamation des premiers résultats, vous pourrez entendre les réactions à chaud de personnalités politiques locales, et mesurer l'ambiance dans les QG de campagne.
L'émission spéciale présidentielle, c'est en direct sur Radio Campus Rennes, ce dimanche de 19h à 21h30 !
11:55 Publié dans Mes chroniques à Radio Campus Rennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Radio Campus Rennes, Politique, Elections présidentielles 2007
20/04/2007
Revue des professions de foi des candidats
Chronique diffusée lors de l'émission des Matinales du vendredi 20 Avril
Plus que 3 jours pour faire votre choix si vous faites partie de ces quelque 20% d’indécis. Et pour vous convaincre, outre les meetings, les interviews dans les médias, les affiches électorales, vous avez tous reçus leur profession de foi. Tour d’horizon des 12 candidats à ce premier tour des élections présidentielles, par ordre alphabétique.
Un portrait très recherché : la main gauche ouverte recouvrant le poing droit fermé symbolisant la détermination et la sérénité, le regard posé : le candidat de l’UDF François Bayrou a la volonté de rassembler, « la France de toutes nos forces » (son slogan). L’alliance visible au doigt marque l’envie d’aller à la rencontre des électeurs avec son programme synthétisé en 18 points.
« Le facteur sonne toujours deux fois », débute ainsi Olivier Besancenot, candidat LCR. Avec une devise-slogan : « Nos vies valent plus que leurs profits ». La photo demeure sobre mais le blouson en jean rappelle qu’il est le plus jeune candidat. Il souhaite mener une vraie rupture avec les politiques libérales de gauche et droite, et incarner la voix du peuple.
Syndicaliste, paysan, altermondialiste emblématique, José Bové n’affiche pourtant qu’une petite photo de lui, et développe largement son programme de lutte contre le libéralisme. Il insiste particulièrement sur le 22 avril, date où le rêve rejoint l’acte et le vote, car pour lui « un autre avenir est possible », et en dehors des partis, il est en mesure d’incarner ce rassemblement.
Lèvres aussi rouges que le fond de sa petite photo, Marie-George Buffet, la candidate du PCF souhaite battre la droite dure qui dure trop longtemps : Bayrou Sarkozy et Le Pen. Elle développe 7 raisons de s’opposer à eux, et 15 propositions pour mener une autre politique, anti-libérale. Elle s’adresse en particulier aux jeunes, rappelle les inégalités qu’ils subissent et la victoire contre le CPE.
Grande photo pour Arlette Laguiller de Lutte Ouvrière, alors que les partis d’extrême-gauche ont tendance à insister davantage sur les mesures concrètes. Le visage a peu vieilli, le programme peu changé. 6 campagnes électorales, Arlette regarde à droite… vers l’avenir. Elle est consciente que le seul moyen de changer les choses, c’est de s’exprimer, dans les urnes et dans les rues.
Intéressante est la profession de foi de Jean-Marie Le Pen. Le bras gauche tendu, il semble guider une foule trouble en arrière-plan : cette majorité silencieuse et en colère et à laquelle il est attentif. Au recto, une affiche qui n’est pas sans rappeler l’appel du 18 juin 40. A situation exceptionnelle, homme providentiel. Et un slogan toujours ferme : la France et les Français d’abord.
Ne dites pas à Frédéric Nihous, le sourire franc encadré d’un bouc, qu’il n’est que le candidat des chasseurs, son parti, c’est Chasse Pêche Nature et Traditions, son slogan, « La ruralité d’abord ». Il représente les 80% du territoire oubliés des politiques. Aménagement du territoire, vision de la nature différente de l’écologie où l’homme et ses traditions sont centrales.
Une profession de foi largement commentée : celle de Ségolène Royal pour le PS. Un slogan ambigu : « La France Présidente » qui évoque la nation, un sourire qui n’est pas sans rappeler celui de la Joconde, elle propose des nouvelles règles du jeu pour que la France saisisse toutes ses chances, et développe 10 mesures exprimant ce qui va changer tout de suite.
« Ensemble tout devient possible » : le président de l’UMP Nicolas Sarkozy ne souhaite pas seulement incarner ce projet de rupture avec la fatalité, il a la volonté de faire changer les choses. « Je veux être » revient à 6 reprises. Debout devant un paysage de campagne, le buste droit, il se tient prêt. Une photo qui n’est pas sans rappeler celle victorieuse de Mitterrand en 1981.
Artisan maçon, Gérard Schivardi est soutenu par le Parti des Travailleurs mais n’est pas trotskyste, il est maire de Mailhac dans l’Aude, soutenu par des maires, et tous ceux qui pour défendre les communes, souhaitent rompre avec l’Europe de Maastricht (son leitmotiv) et prôner la défense du service public et la continuité territoriale. C’est la seule profession de foi entièrement en noir et blanc.
On pourrait l’appeler lui aussi dents blanches tant le sourire est franc. Le slogan est tout aussi direct : « fier d’être français ». Philippe de Villiers, du MPF insiste sur ses réalisations comme Président du Conseil général de Vendée, sa vision prophétique, ses soutiens. Patriotisme, identité, vitalité, liberté : 4 mots transversaux pour 10 priorités qu’il développe.
Enfin Dominique Voynet, la candidate des verts affiche sa confiance, bras croisés et sourire franc, avec en arrière-plan un fond… vert et notre planète. L’écologie semble intégrée par les Français, mais elle met en garde, la révolution écologique, c’est elle : pas d’écologie sans les écologistes. Elle développe largement son programme : 15 orientations, 50 propositions, ainsi que ses soutiens… dont celui de Nicolas Hulot.
Et maintenant, aux urnes, citoyens !
TITEM
15:55 Publié dans Mes chroniques à Radio Campus Rennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Radio Campus Rennes, Politique, Elections présidentielles 2007





