17/03/2007
Lucie Aubrac : une figure de la France s'éteint
C'est avec certes un peu de retard mais pas moins d'émotion que je souhaite un hommage sincère quoique humble à Lucie Aubrac.
Professeure agrégée d'histoire, elle ne s'est pas contentée de l'enseigner. Elle l'a vécue : suite à la débâcle de 1940, elle organise avec son mari Raymond Samuel et des amis, dont Jean Cavaillès, le réseau Libération-Sud. Elle en est un pilier moral, stratégique. Son coup de poing le plus marquant : l'attaque le 21 octobre 1943 d'un camion allemand. Elle libère 14 résistants, parmi lesquels son mari.
A la fin de la guerre, elle n'aura de cesse de mettre ses convictions au service de ses idéaux - elle fut proche des milieux communistes, sans être engagée, montrant déjà là son esprit d'indépendance. Auprès d'Amnesty International, des sans-papiers... Mais également auprès des jeunes. De l'école primaire aux universités, elle arpentera la France pour être une "passeure de mémoire" : raconter la Résistance, son engagement, la désobéissance... Pour ne jamais oublier.
Lucie Aubrac est morte mais la mémoire de la résistance qu'elle n'a cessé de transmettre ne doit pas s'éteindre, pas plus que son image, celle d'une femme battante, déterminée, aimante. Les hommes politiques ot rendu un hommage unanime à cette forte personnalité. "Symbole d'honneur et un idéal pour tous les Français" selon le Premier Ministre Dominique de Villepin, elle "incarnait le visage de la liberté, du courage et de l'amour" pour Nicolas Sarkozy.
On lui a reproché ses affinités politiques. Reproché même de présenter un visage lisse et idéal de la Résistance, qu'elle voyait comme un bloc. Pour pasticher Marcel Pagnol, je dirais qu'elle n'exagérait pas, mais qu'elle magnifiait. Elle représente une figure de la France, cette France que Jacques Chirac célébrait dans son discours de l'Elysée le 11 mars dernier. On a critiqué, à juste titre, le bilan mitigé du Président de la République : on ne peut lui faire l'injure d'avoir eu une idée de la France, forte de sa diversité, refusant l'extrêmisme, riche de sa capacité à étonner.
Je ne retiens qu'une même conclusion de ces deux faits : la France est un pays riche de son histoire, parfois mythifiée (Autrefois la France s'appelait la Gaule) dont nous devons sans cesse nous nourrir. Les Français aussi ont besoin d'idéal.
TITEM
19:16 Publié dans Au panthéon des grands hommes et femmes | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Personnalité, Histoire, Guerre, France
22/01/2007
Deces de l´abbe Pierre, petit pere des pauvres et des Francais
C´est depuis la ville de Dresde où je suis actuellement en voyage d'études que j'ai appris en me connectant sur ma boîte mail le décès de l'abbé Pierre, à l'âge de 94 ans.
Celui qui déclarait humblement à Marc-Olivier Fogiel qu'il souhaitait pour épitaphe "Il a essayé d'aimer" a tenu jusqu'au bout son engagement auprès des pauvres. Son dernier combat fut celui qui le vit aux côtés des Enfants de Don Quichotte. La meilleure façon dont les pouvoirs publics pourront lui rendre hommage est de respecter leur parole en mémoire de celui qui reste l'une des personnalités préferées des Français.
Je manque de temps pour en dire plus, mais je tenais à exprimer mon émotion.
TITEM
PS : Retrouvez ainsi que je l'avais promis un billet plus complet sur l'Abbé Pierre, une chronique consacrée à son sujet lors d'une émission de Des Hauts et Débats et à laquelle j'ai participé, sur ce lien.
21:20 Publié dans Au panthéon des grands hommes et femmes | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Personnalité, Religion, Pauvreté
24/11/2006
Philippe Noiret, unique en son genre
Chacun a une bonne raison d'apprécier Philippe Noiret. C'est sans doute pour cela que l'hommage rendu à ce monstre sacré du cinéma français est unanime.
Le premier film dans lequel je l'ai vu jouer, c'était le Bossu, de Philippe de Broca, où il jouait le rôle du régent de Nevers. Il n'était pas le personnage principal, mais comment ne ps oublier cette voix douce mais puissante, chaleureuse... Une voix de bronze pour un artiste en or. Comment oublier la fausse désinvolture qui l'animait devant la caméra comme sur les planches, le rendant simplement humain ?
Plus tard, je l'ai vu jouer dans "Père et fils", où il campe un homme déjà âgé qui feint d'être gravement malade pour réunir ses fils, qui se détestent, lors d'un "dernier voyage", pour voir les baleines à bosses ? Comment oublier ce formidable moment de colère contre Pascal Elbé "Les baleines grises vertes rouges jaunes à bosses ou sans bosses, je m'en tape les couilles !"
Mais ce serait terriblement réducteur de ne conserver de cette homme que cet extrait où il perd ses nerfs. Comme il serait tout aussi réducteur de parler simplement de l'homme à cigares, du Ripoux, de l'hédoniste...
Non, Noiret c'était tout à la fois. Dans "Grosse fatigue", où il joue son propre rôle, spolié par son sosie, il a cette réplique pleine d'auto-dérision : "Mon sosie ? Bah, il fait du Noiret". Et pourtant, inimitable, irremplaçable...
Un grand acteur nous a quittés, et c'est ainsi qu'à ma manière, je voulais lui rendre hommage.
TITEM
23:25 Publié dans Au panthéon des grands hommes et femmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma, Personnalité
13/10/2006
Muhammad Yunus, Prix Nobel de la Paix 2006
19:45 Publié dans Au panthéon des grands hommes et femmes | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Personnalité, Economie
19/06/2006
Deux grands humoristes...
Par un malheureux hasard du calendrier, alors que nous allions fêter le 20ème anniversaire de la mort de Coluche aujourd'hui 19 juin, l'humoriste Raymond Devos décédait à son tour jeudi dernier. Les humoristes ont chacun marqué leur génération et la France, à leur manière, différente. ![]()
A l'unanimité, la France a salué le génie poétique de Raymond Devos. Il savait nous toucher avec des histoires un peu absurdes en maniant la langue : les jeux de mots et autres mots d'esprit, un art dans lequel peu l'égalent. Il laissera un grand vide dans le paysage de la belle langue française.
Si l'humour de Coluche ne faisait pas l'unanimité (Raymond Devos s'était même un jour offusqué du mélange des genres entre politique et humour) sa générosité forçait l'admiration. Fondateur des Restos du Coeur, il était de tous les combats pour la solidarité. La loi permettant de déduire de sa déclaration d'impôt les dons faits à des associations porte d'aileurs son nom.
Un petit hommage personnel à ses deux artistes qui me font encore rire, même si ce ne sont que des rediffusions.
TITEM
23:18 Publié dans Au panthéon des grands hommes et femmes | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
02/03/2006
Serge Gainsbourg, 15 ans après
Comment ça ? Serge Gainsbourg, un grand homme ? Cet alcoolique, ce fumeur de gitanes, de provocateur ? L'homme qui a choqué la France en brûlant un Pascal, choqué Whitney Houston en lui déclarant sa flamme "I want to fuck her", choqué les paramilitaires avec sa version reggae de la Marseillaise ?
On retient bien plus souvent le côté sombre de l'artiste, le côté "Gainsbarre". Mais aujourd'hui, si ses amis semblent regretter l'homme et sa générosité, les artistes et les mélomanes retiennent l'auteur-compositeur de très grand talent. Tant de succès, pas seulement les siens (La Javanaise, Aux armes etc., Love on the beat...) mais aussi ceux des autres (Les petits papiers pour Régine, Pull Marine pour Isabelle Adjani, l'album "Variations sur le même t'aime" pour Vanessa Paradis...). Une vingtaine d'artistes anglo-saxons lui rend même un vibrant hommage à l'occasion d'un disque reprenant les différents succès de l'homme à la tête de chou.
Bref, cet homme, qui se plaignait de ne briller que dans un art mineur, et non dans la peinture, demeure un artiste majeur de la chanson française, auquel je rends cet hommage 15 ans après sa mort, lui qui les fuyait volontiers. salut l'artiste !
TITEM
19:40 Publié dans Au panthéon des grands hommes et femmes | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
14/01/2006
Daniel Balavoine
Il y a 20 ans disparaissait un immense artiste, à la voix inimitable : Daniel Balavoine. Je veux rendre hommage aussi bien au chanteur, qu'à l'homme de coeur qui s'est mobilisé pour l'Afrique, et y est mort, ou à l'homme engagé. Plus que son coup de gueule "de la part des jeunes" devant Mitterrand, c'est son coup de gueule antimilitariste lors de l'émission 7/7, et la critique des anciens combattants qui félicitaient les jeunes partant en mission au Moyen-Orient, que je retiens.
Il nous reste aujourd'hui ces plus belles chansons, certains regrettent qu'elles éclipsent l'ensemble de son oeuvre. Ce qui est sûr, c'est que personne, et surtout pas les clones de la Star'Ac arriveront à son niveau. J'ai été profondément choqué par la niaiserie de certains qui en font leur maître (comme tant d'autres morts trop tôt), et dont ils massacrent l'oeuvre sans vergogne.
Il est parti avant les siens, trop tôt.
TITEM
23:25 Publié dans Au panthéon des grands hommes et femmes | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
01/11/2005
L'Abbé Pierre ou "du fondamentalisme positif"
Derrière ce titre fallacieux, une volonté d'analyser le discours de l'Eglise et celui d'un homme qui en fait partie tout en se trouvant en décalage avec le discours discriminatoire officiel.
Il est l'homme préféré des Français, bien qu'il ne souhaite plus faire partie du classement. On admire son courage, son abnégation, ses combats... Le vieil abbé (93 ans) a conservé toute sa vitalité et sa lucidité. Et l'on continue de parler de lui : son combat pour les pauvres est loin d'être achevé.
Mais dans son livre Mon Dieu... Pourquoi ? l'Abbé Pierre y confie certaines de ses positions qu'on annonce déjà comme catholiquement incorrectes. Même s'il souhaite que l'on s'attarde davantange sur son opinion sur l'eucharistie, on ne peut que s'intéresser à ces positions en porte-à-faux avec la Curie trop bien pensante et moralisatrice.
- Il y annonce notamment avoir connu bibliquement une femme : il aurait en effet connu "le désir sexuel" auquel il aurait cédé de "manière passagère". Mais cette relation fut source "d'insatisfaction" car elle ne pouvait s'exprimer dans la durée, à la différence de son choix de vie, engagement solennel de longue durée.
Je rejette catégoriquement l'opinion de l'Eglise sur la relation sexuelle. Considérer qu'elle n'a que pour but la procréation, c'est éluder la question des sentiments et réduire l'homme et la femme à leurs organes.
- Il juge que le mariage des prêtres n'est pas incompatible avec leur engagement au service de Dieu ; même si pour sa part, il juge que son engagement était si total qu'un engagement marital était impossible. Il rappelle que Jésus avait des apôtres mariés.
Entièrement d'accord avec l'abbé sur ce point, j'ajoute que le célibat des prêtres n'est de rigueur que depuis le XIIème siècle, et que l'irrespect de cette régle par les papes Médicis est l'un des raisons (secondaires) du schisme qui vit la naissance du protestantisme.
- L'Abbé Pierre ne voit aucun obstacle à l'ordination des femmes et voudrait qu'on lui "démontre que l'accès des femmes au sacerdoce est contraire à la foi". Ainsi, si Jésus n'a pas choisi d'apôtres femmes, c'était essentiellement pour des questions de mentalités dominées par le modèle patriarcal.
J'approuve également cette opinion, d'autant que sans le travail des femmes catéchistes, l'Eglise aurait perdu encore plus d'influence qu'il lui en reste aujourd'hui.
- L'Abbé Pierre "comprend le désir sincère de nombreux couples homosexuels de faire reconnaître leur amour par la société". Il est favorable à une "alliance" homosexuelle, pour éviter la forte connotation du mot "mariage" (ce même argument a conduit à une loi sur le "partenariat" homosexuel au Danemark). Il ne s'oppose pas non plus à l'adoption par les couples homosexuels, mais souhaite que l'on prenne "le temps d'écouter les psychologues et de voir dans la durée".
Cette relativité du mariage, non dans les droits, qui doivent absolument être garantis, serait une bonne idée si l'on était sûr que quelques personnes trop bien pensantes des organismes sociaux, qui seraient chargés d'assurer cette surveillance, n'en profitaient pas pour retirer la garde de ses enfants pour des raisons "d'éthique personnelle".
Pour autant, on peut reprocher l'utilisation du mot "alliance" (l'argument m'a été donné par mon ami Maxime dont je vous conseille le blog : http://politikos.hautetfort.com ) , car on peut pas juridiquement accorder les mêmes droits à 2 "ensembles différents" sous 2 noms différents.
La religion est une construction de l'homme, cela n'est plus remis en question. Mais de nos jours, on utilise la religion comme argument d'autorité pour les points de vue les plus douteux, et les moins en accord avec les droits fondamentaux. L'Abbé Pierre en fait état, déclarant notamment que le terrorisme justifié par la religion est "une gifle que l'on donne à Dieu". La religion s'est progressivement dénaturée de son message originel, les Ecritures ne sont pas en reste. J'en veux pour preuve certains propos que l'on trouve dans le Lévitique :
Dans ce livre du début de la Bible, l'homosexualité masculine est condamnée en ces termes : "si un homme couche avec un homme comme l'on couche avec une autre femme, c'est un crime abominable". L'homosexualité féminine n'est elle, pas condamnée. L'auteur (ou les auteurs) dresse une liste quasi-exhaustive des relations incestuelles prohibées, condamne également la zoophilie (dans des termes plus légers que l'homosexualité), mais ne condamne pas les relations sexuelles à plusieurs (les partouzes, pour parler trivialement). A croire que l'auteur n'a souhaité condamner que ce qu'il désapprouvait, et a conservé ce qu'il pouvait l'arranger. De plus, si l'on veut croire que Dieu est à l'origine de ses condamnations, et si Dieu et la norme suprême, en quoi aurait-il besoin de se justifier ? A moins qu'il n'y ait quelque chose qui lui soit supérieur, ce qui est par définition impossible. Il en découle que ce message de la Bible n'est que le reflet d'une opinion antique qui n'a rien à voir avec le message d'amour développé par la religion chrétienne, et surtout par Jésus.
Je souhaite ainsi un retour FONDAMENTAL au message divin, fondamental dans le sens du retour au texte, au VRAI texte. Ce que j'appelle le "vrai texte", c'est celui des 10 Commandements. Que l'on croit ou non en Dieu, ce message est la base même du lien qui relie les hommes entre eux et avec Dieu (ce que signifie d'ailleurs le mot "religion"). Certes, la Bible apporte un aperçu particulièrement intéressant sur la construction des religions monothéistes, aspect qu'il est impossible d'éluder. Mais qu'on relise les 10 Commandements, et l'on s'aperçoit qu'il n'y a rien de trop, ni rien de manquant pour régir nos relations. Ils sont l'essence même du droit et de la liberté immuables.
L'Abbé Pierre ne dit pas autre chose en rappellant comme un leitmotiv cette pharse : "Aimez-vous les uns les autres" lui qui souhaite avoir pour épitaphe "Il a essayé d'aimer". Il a réussi.
00:55 Publié dans Au panthéon des grands hommes et femmes | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
08/10/2005
Prix Nobel de la paix 2005
Toutes mes félicitations à Mohamed El Baradei, et son Agence Internationale de l'Energie Atomique, pour le prix nobel de la paix 2005 reçu hier, en récompense de leur action contre la prolifération des armes nucléaires.
Force est de constater que ce prix est hautement politique, comme l'avait pu être la palme d'or pour "Farheneit 9/11" de Michael Moore, au festival de Cannes. Il s'agit là aussi d'envoyer un signal fort à l'administration fédérale américaine (à ne pas confondre avec les Etats-Unis), pour leur signifier qu'ils ne peuvent faire tout ce qu'ils veulent sans en référer auprès de la communauté internationale.
Mais c'est aussi un signal très fort, en cette année de commémoration des 60 ans de Hiroshima et Nagasaki. Pour se souvenir, alors que certains voudraient minimiser la portée d'un événement qui marquera durablement la pensée philosophique de l'action de l'homme.
Il est enfin, et c'est pour moi le plus important, un signal fort envers l'Iran et la Corée du Nord. Le silence relatif des médias concernant les velléités nucléaires de ces 2 dictatures m'effraient autant que les provocations de ces 2 pays. Il est à espérer que ces pays n'utiliseront jamais l'arme nucléaire contre un autre pays- si tenté qu'ils la possèdent un jour. Ce que veulent ces pays, ce n'est pas tant le fait d'utiliser l'arme nucléaire que la posséder. Ce serait un gage de stabilité pour leurs régimes dictatoriaux... ce qui n'est guêre souhaitable à long terme.
Souhaitons vivement que ce prix nobel procure à l'AIEA une notoriété suffisante et une légitimité accrue pour pouvoir influencer les pays contre le danger d'une guerre nucléaire.
TITEM
00:30 Publié dans Au panthéon des grands hommes et femmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20/09/2005
Simon Wiesenthal
Pour le premier billet de cette rublique, actualité oblige, j'ai choisi de parler de Simon Wiesenthal.
L'ensemble de la communauté internationale a exprimé sa douleur à l'annonce de la mort de cet homme, autrichien, de confession juive, et qui a passé une grande partir de sa vie à traquer les criminels nazis. Sa plus belle victoire ? Avoir contribué à la capture d'Eichmann. A moins que ce ne soit tout simplement d'avoir survécu dans les 5 camps de la mort où il fut détenu.
Je ne le connaissais que de réputation. Mais quelle réputation ! L'exemplarité de son
combat pour la justice ne doit jamais nous faire oublier ce que l'homme a été capable de faire, il y a seulement 60 ans... Il était l'un des dépositaires de la mémoire de la Shoah. Et cette flamme ne doit jamais s'éteindre : les vents mauvais du négationnisme soufflent toujours, malgré toutes les souffrances endurées.
TITEM
23:45 Publié dans Au panthéon des grands hommes et femmes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note





