13/12/2007

De l'utilité de la visite de Kadhafi

Même ici à Montréal, on en entend parler. Et n'étant pas totalement coupés des médias français, j'ai bien l'impression que la polémique est forte. Informé par tel ou tel journal papier, radio ou TV, chacun a pu se forger une opinion. Je ne vous apporterai rien de nouveau hormis ma propre opinion.

Kadhafi & Sarkozy - femmesactuelles.com

Faire du commerce, oui. On ne peut pas prétendre ne commercer qu'avec les démocraties, régime politique qui est loin d'être la règle générale par le monde. Préférer la diplomatie, discuter avec tout le monde... à la rigueur.

Mais recevoir de cette manière-là un dictateur, lui dérouler le tapis rouge, assouvir le moindre de ses caprices, encaisser sans broncher ses leçons de morale (c'est l'hôpital qui se fout de la charité !) et ses mensonges éhontés (Plus c'est gros, plus ça passe : "Il n'y a pas d'élections en Libye car les Libyens se gouvernent eux-mêmes" ou "Il n'y a pas de prisonniers politiques en Libye")... Non, non et non ! Négocier des contrats commerciaux ne s'effectue pas en faisant l'économie de nos valeurs françaises, de la soif du respect des droits de l'homme !

Même si avant, d'autres Présidents de la Républiques ont reçu en grandes pompes des dirigeants peu recommandables, de façon à ce que nos valeurs n'apparaissent qu'en second plan. Même si l'homme en question semble collaborer pour lutter contre le terrorisme, et "bon prince" a "consenti" à libérer des otages accusés d'un crime dont il était conscient qu'ils n'en étaient pas coupable. Pas aussi rapidement ! On ne peut pas dire que le colonel Kadhafi soit réellement sur la voie de la démocratisaion.

5 jours de fanfaronnade et de lubies : est-ce donc le prix que la France doit payer ?

Plus grave encore à mes yeux, car cela concerne directement ceux qui nous gouvernent, ceux que l'on a élu. Ceux qui hier applaudissaient Nicolas Sarkozy lorsqu'il déclarait qu'il mettrait fin à la diplomatie de complaisance, et qui aujourd'hui justifient sans sourciller l'accueil du dictateur libyen.

Ainsi lors de son discours d'investiture comme candidat de l'UMP, Nicolas Sarkozy déclarait :

 

 

"Je vous le dis parce je le crois au plus profond de mon cœur, je ne veux pas, je ne crois pas à ce que l’on appelle la realpolitik, qui fait renoncer à ses valeurs sans gagner un seul contrat. Je ne peux être complice d’une dictature à travers le monde, parce que la France a des principes, avoir des principes sans les défendre, ce n’est pas être fidèle à l’histoire et à l’identité de la France".

Ces derniers jours, on a plutôt eu le droit à ce genre de discours :

"La vérité c’est que la France parle à tout le monde à partir du moment où ses interlocuteurs sont prêts à faire le chemin vers la respectabilité. Et par railleurs si de surcroît je peux libérer des gens et gagner des milliards d’euros de contrats pour les ouvriers français et la croissance française j’aimerais qu’on m’indique pourquoi je ne dois pas le faire, alors que les autres le font".

Je le répète, ceux qui hier applaudissaient Nicolas Sarkozy lorsqu'il déclarait qu'il mettrait fin à la diplomatie de complaisance, et qui aujourd'hui justifient sans sourciller l'accueil du dictateur libyen. Mais ont-ils seulement le choix ? Rama Yade s'est exprimé en des termes très vigoureux... Une visite express à l'Elysée et une remontrance plus tard, la voilà obligée de tenir sa langue. "Elle exprime une sensibilité, qui n'est pas la voix de la France", déclarait Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée.

Qu'elle le pensât effectivement ou que cet effet de mots ait été prévu, peu importe. Devait-elle démissionner pour aller jusqu'au bout de sa pensée ? Mais à quoi cela aurait-il servi ? A pas grand chose. L'incident "Rama Yade" permet au moins une chose, si besoin était : nous montrer qu'en France, sous prétexte de rassembler les hommes et les idées, c'est au contraire l'avis d'un seul qui compte.

Rappel à la mémoire : quelques jours plus tôt, le député villepiniste de l'Hérault Jean-Pierre Grand était suspendu pour avoir critiqué Nicolas Sarkozy. Quelques semaines encore auparavant, le porte-parole du Nouveau Centre, Nicolas Perruchot, donnait sa démission jugeant manquer de liberté de parole...

TITEM

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Commentaires

On déroule le tapis rouge pour ce guide...

Et aucun média ne parle du mouvement universitaire contre la loi LRU alors que Lille3 et des dizaines d'autres facs sont bloquées depuis plus d'un mois (enfin, officieusement puisque le ministère de l'éducation considère que non...ahem).

Et Yvan Colonna est condamné à la perpétuité avec un dossier vide.

Et...
...je crois que ce qui se passe en France actuellement est plus grave que ce qu'on voudrait nous faire croire.

Ecrit par : Marie | 15/12/2007

Sauf que... Pourquoi aucun média ne parle du mouvement universitaire ? On en parle un peu quand même, ne serait-ce que dans les médias locaux. Mais le mouvement s'essouffle. Il n'y a plus guère que quelques universités bloquées par une minorité fortement politisée qui refuse tout vote démocratique à bulletins secrets, au profit de méthodes globalisantes de vote par portail ou à main levée.

Jusqu'à remettre en cause la validation de l'année universitaire de la majorité. C'est sûr, c'est exactement comme ça qu'on va régler le problème de l'université !!

Ecrit par : Titem | 17/12/2007

A Lille3 les "bloqueurs" eux même ont appelé au déblocage puisqu'il est devenu inutile... Et pourtant il a été une fois de plus reconduit (avec environ 100 voix d'avance, ce qui n'est pas énorme).

Ceux qui ont voté pour cette poursuite sont donc soit les fameux "glandeurs" qui veulent des vacances prématurées, soit des gens qui avaient peur de passer leurs examens dans ces conditions floues.

Et puis les votes par portail (à Lille3 toujours, je ne parle que de ce que je connais -très bien) ont toujours été surveillés par des leaders bloqueurs et antiblocage à chacune des portes pour que tricherie il n'y ai pas...

Je ne suis ni syndiquée, ni "fortement politisée", et je commente le mouvement que j'ai connu de manière tout à fait sincère ici. Je suis peinée de cette image d'anarchiste minoritaire extremiste, violent (j'ai même entendu "sanguinaire", etc, qu'on attribue à moi et beaucoup d'autres, et qui ne correspond en rien à la réalité (les anarchistes à kheffier sont 15 grand maximum).

Ecrit par : Marie | 18/12/2007

C'est ce que j'ai cru entendre aux informations de France 3 Lille hier, ainsi qu'en prenant des nouvelles d'un de mes amis étudiant à Lille 3.

Il n'empêche que le vote par portail, qu'il soit ou non très encadré, est une méthode globalisante qui ne garantit pas la confidentialité et l'individualité du vote. Quand bien même cette méthode serait parfois utilisée au Parlement anglais. Et je ne parle même pas du vote à main levée.

Tous les bloqueurs ne sont évidemment pas des anarchistes. Mais là où je voulais en venir par ce commentaire, c'est lorsqu'il n'y a aucun dialogue, des risques de tensions, que cela pénalise un grand nombre de personnes... "il faut savoir arrêter une grève". Quelle est l'utilité, la publicité d'un tel mouvement, alors que cette réforme est sur le point d'entrer en vigueur ?

Je le dis sans animosité :)

Ecrit par : Titem | 19/12/2007

D'ailleurs ce soir au Journal de David Pujadas, il annonce que la dernière fac bloquée, Paris III, a voté le déblocage. Celui de Lille III n'a aucune publicité, donc aucune efficacité.

On pourra dire que les médias ne disent pas tout, cachent la vérité... mais c'est clair qu'il y a un malaise et que cette mobilisation n'ayant aucun effet, devrait être reconsidérée.

Ecrit par : Titem | 20/12/2007

Elle l'a déjà été (reconsidérée) et encore une fois si Lille3 est bloquée cette semaine ce n'est certainement pas de la faute aux grévistes, mais de ceux qui craignaient des conditions d'examens trop compliquées une semaine avant les vacances de noël.

Quand à la non-couverture des médias, la remise en question est-elle réellement à faire du côté des "mobilisés"? Le problème vient malheureusement de "plus haut".

Avec toute la bonne foi du monde,

Ecrit par : Marie | 20/12/2007

Justement, dans la hiérarchie des informations, faut-il parler que telle faculté est la seule (ou l'une des rares) en France à être bloquée pour protester contre une loi dont la mise en vigueur ne fait plus de doute ?

Parce qu'il s'agit de Lille 3, pour France 3 Nord-Pas-de-Calais, la voix du Nord... Oui il faudrait en parler. Pour les médias nationaux, rien n'est moins sûr.

Si l'on en parle, on dira que l'on accorde trop d'importance à une minorité d'étudiants dont le mouvement contre cette loi s'est progressivement essoufflé. Et comme tu le précises, certains ont aussi voté le blocage en raison du flou sur les conditions d'examen, pas seulement contre cette loi.

Si l'on en parle pas, on dira que les médias ne font pas leur travail d'information, qu'ils tronquent la vérité, qu'ils sont sarkozystes (!)

... Et pour ma part, je suis plutôt du premier avis.

Ecrit par : Titem | 20/12/2007

Là est le problème qu'y compris régionalement on en parle pas (ou du moins trop peu! que ce soit en fréquence ou en quantité -et qualité...).

En ce qui concerne la national, je ne crois pas qu'on accuserait les médias de trop accorder d'importance à ce genre de mouvement quand dans un JT plusieurs minutes sont consacrées à la réunion des cinq Spice Girls le temps d'un concert à Londres, où d'une photo où marchent côte à côte le président et une ancienne mannequin dans un célèbre parc d'attractions. Navrante people-isation de la politique...

Bien cordialement,

Ecrit par : Marie | 21/12/2007

Peoplisation de la politique, indéniablement. Mais il n'empêche que dans tout média (surtout la télé en cette période de fêtes), il y a de la place pour toute l'information, y compris la plus divertissante.

Et encore une fois je repose la question, la mobilisation d'une minorité étudiante dans une poignée d'universités contre une loi qui va de toute manière entrer en vigueur
est-elle une information importante ? Non. Après quelques semaines d'actualité, le mouvement est mort, il faut l'admettre, l'actualité suit son cours.

Mais il n'est pas exclu que le mouvement étudiant reprenne sous d'autres formes après la période de partiels, simultanément avec le mouvement des enseignants-chercheurs. Et là, les médias en reparleront certainement.

Ecrit par : Titem | 21/12/2007

Ne voyez-vous pas l'image

Ecrit par : Russian Women Favourite ;) | 22/06/2009

Merci.

Ecrit par : leo Ship Repair | 27/07/2009

Merci à vous.

Ecrit par : honey russian brides | 29/07/2009

Thank you.

Ecrit par : jey custom software development | 30/07/2009

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