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15/11/2007

De la démocratie à l'université

Article également disponible à la lecture sur mon nouveau blog d'opinion
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Les manifestations étudiantes contre le projet Pécresse de réforme des universités, voté au Parlement, et les blocages des universités, me font inévitablement penser à un autre conflit social que j'ai pu voir de près : celui contre le Contrat Première Embauche, le bien nommé C.P.E.

Retour sur mon expérience d'étudiant "bloqué" lors du CPE

f7b956ac91e20caff0cc3b0a868a08ff.jpgJ'étais absolument opposé au blocage de l'IEP de Rennes, pour tout un ensemble de raisons. D'abord parce que le redoublement étant interdit en première année, je craignais pour la suite de mes études. Puis ce blocage me paraissait être le fait d'une minorité fortement politisée et idéaliste, les autres étudiants votant le blocage n'allant pas jusqu'au bout de leur démarche et restant chez eux pour étudier, battant le pavé à l'occasion. Un mouvement qui n'avait par ailleurs aucun relais dans les médias : qu'elle ne fut pas ma suprise de voir dans un article du Monde consacré aux IEP en grève aucune mention de Rennes, l'un des premiers à être bloqué !

J'estimais sur le fond que le C.P.E n'était pas utile, qu'il n'amènerait guère de changements, et ne valait donc pas le coup que l'on mobilise en sa faveur ou en sa défaveur. Tout le reste n'était qu'idéologie.

Enfin, j'estimais que l'assemblée générale auto-créée n'avait reçue aucun mandat pour décider si oui ou non elle pouvait bloquer les cours de l'ensemble des élèves, notamment les étudiants étrangers qui n'étaient en rien concernés par ce conflit franco-français. Avec recul, je dirais que cette AG pouvait bien décider. D'autant qu'à l'IEP de Rennes, c'était près de la moitié de la promotion qui prenait part à un vote à bulletin secret.

Le blocage dans les autres universités aujourd'hui

Abrogation loi d’autonomie - Libération.fr Il n'en va pas de même dans toutes les universités. J'ai été proprement abasourdi de lire qu'en une soirée, un groupuscule de quelques 600 étudiants contre 100 avait voté le blocage de l'université de Paris X-Nanterre qui compte... 36.000 étudiants ! A peine 2% des effectifs ! Et on appelle ça de la démocratie ? C'est un coup de force !

Il y a ceux qui disent que 53% des Français ont voté pour Nicolas Sarkozy, afin qu'il mette en place ses réformes, et que toutes les grèves actuelles sont le fait d'une minorité de l'opinion. Ce que les sondages tendent d'ailleurs à confirmer, même si le but de ces grèves est aussi de mettre l'opinion publique de son côté. Il y a ceux qui disent qu'une élection n'empêche nullement de contester telle ou telle réforme, dans la rue si besoin. C'est exact, mais à condition d'y mettre les formes.

Dans les universités, on vous dira que si vous êtes contre le blocage, vous pouvez toujours prendre part aux AG et voter. Mais quitte à voir son université bloquée parce que le bureau de l'AG, composé de bloqueurs, verra grosso modo qu'à mains levées il a toujours raison, ou qu'une autre minorité de bloqueurs refusera le vote anti-blocage et bloquera quand même la tenue des cours le lendemain, autant rester chez soi à travailler, et ne pas subir près de 2 heures de propagande gauchisante, ou d'écouter les rêves idéologiques d'étudiants prêts à la révolution. Et je caricature à peine.

La palme revenant à cet étudiant interviewé par France 2, qui refusait le vote à bulletins secrets organisé à Rennes 2 (et qui a donné raison aux opposants au blocage à 62%) sous le prétexte fallacieux que ses camarades ne pouvaient pas voter puisqu'ils ne participaient pas aux AG ! En voilà une drôle de conception ! On ne peut pas voter si l'on n'est pas informé de votre propagande ? Que dirait-on si on retirait à certains citoyens leur droit de vote parce qu'ils n'auront pas lu les professions de foi des différents candidats, ou regarlé les débats télévisés ? Ainsi, on ne pourrait pas avoir d'idées a priori ?

Sur le fond du problème, je vois un simple constat : la faiblesse des moyens accordés aux universités en France, comparés aux autres pays développés, et comparés même aux lycées ! À quand des campus dignes de ce nom, vastes, et où l'on disposerait de multiples installations sportives et culturelles ? Cela pourrait même permettre de régler le conflit de la précarité étudiante si l'on y construit davantage de logements ! À quand des masters véritablement professionnalisants, des entreprises proches de nous, étudiants ? Il est donc bien nécessaire d'une part de trouver des fonds, d'autre part de resserrer les liens université/entreprise.

Pour finir sur l'apprentissage de la démocratie à l'université, j'apprends que sur ma promotion de quelques 170 élèves partis à l'étranger, seuls 6 ont voté par procuration aux élections des représentants étudiants au conseil d'administration de l'IEP de Rennes. En mettant de côté ceux qui ont des difficultés pour trouver une connexion, il faut croire que certains trouvent plus valorisant de palabrer devant une assemblée avant de voter plutôt que de faire ce simple effort de donner procuration pour une élection qui nous concerne beaucoup plus directement.

TITEM 

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