14/11/2007
Avec 1600 milliards de dollars, on fait la guerre et la paix
Article également disponible à la lecture sur mon nouveau blog d'opinion.
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On ne peut bien sûr pas revenir sur ce qui a été fait. Il est vain d’imaginer qu’elles auraient pu être les conséquences de nos actes si l’on avait agi différement. Mais tout de même…
Ce sont des chiffres que l’on connaît plus ou moins, mais qui nous dépassent totalement. Je les ai redécouverts en lisant le gratuit Métro de Montréal aujourd’hui. Les élus démocrates de la Commission économique paritaire du Congrès américain a publié un rapport où elle donne le montant de la facture des guerres en Afghanistan et en Irak.
Depuis 2002, les Etats-Unis ont dépensé 1600 milliards de dollars. 1600 milliards. Pas besoin de convertir en euros pour mesurer le pharaonesque de ce nombre. 1600 milliards, c'est un peu moins que le PIB de l'Italie : excusez-du peu ! Dans cette comptabilité, les auteurs ont pris en compte, selon Métro, les intérêts des prêts du gouvernement, les pensions de guerre aux soldats blessés, les investissements perdus et les perturbations des marchés pétroliers.
Invitée du journal gratuit, l'animatrice de Plus sur Commandes Valérie Roberts réagit en disant qu'elle "trouve le montant astronomique ! Investir le même montant dans un programme pour enrayer la pauvreté aurait été bien plus bénéfique que cette dépense pour une guerre qui n'est pas justifiée".
Comment ne pas l’approuver ? On peut toujours arguer que la démocratie ne s’impose à coups de canon, mais, quand bien même on approuverait cette guerre, accepterait les victimes « pour le plus grand bien » et l’extension de la démocratie, on sait pertinemment que le résultat est loin d’être à la hauteur des dollars engagés.
On comprend mieux dès lors la frustration de certains Américains quand ils disent qu’ils auraient préféré que tout cet argent soit engagé dans l’éducation ou dans le système de santé, par exemple. Et si ces 1600 milliards de dollars avaient servi à investir dans les pays pauvres ? Investir en immobiliers, infrastructures, appareils, et non pour alimenter les comptes en banque de dictateurs sanguinaires ou de petits chefs corrompus !
La journée mondiale pour le refus de la misère avait adopté cette année le slogan : « Refuser la misère, un chemin vers la paix ». Donner la possibilité aux exclus de la mondialisation les moyens d’assurer leur subsistance, d’être éduqués, soignés, dans le respect de leurs cultures. Cela ne règlera pas immédiatement tous les conflits religieux, communautaires ou géographiques, mais pourrait permettre d’apaiser bien des tensions ; un chemin vers la paix. Et là, même en admettant l’échec, les moyens utilisés seraient bien plus louables.
Cela peut paraître anodin, évident, voire naïf... Mais perdre sa capacité de révolte, c'est aussi perdre une part de son humanité. Les réalisations concrètes ne suivent pas les déclarations d'intention et les beaux discours. Peu de pays consacrent effectivement 1% de leur PIB au développement des pays pauvres.
Et vous, que feriez-vous avec 1600 milliards de dollars ?
TITEM
22:00 Publié dans Retour de manivelle : international | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Economie, Développement, Guerre, Etats-Unis, Irak, Afghanistan






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Commentaires
je tombe un peu par hasard sur ce billet écrit il y a un peu moins de 2 ans, sait-on aujourd'hui combien cette guerre a-t-elle coûté? c'est désolant...
Ecrit par : assurance sante | 10/05/2009
Sait-on combien ça aurait coûté de laisser Saddam dans ses oeuvres ? Et Hitler ? Et Staline ? Il y a des guerres incontournables, malheureusement.
Rachid
Ecrit par : complementaire sante | 24/09/2009
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