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25/10/2007
Et... Vous aimez les chiens ? Eduquez-les !
Article également disponible à la lecture sur mon nouveau blog.
Il ne fait pas bon être un toutou aujourd'hui. Une vraie vie de chien ! Jadis meilleur ami de l'homme, voilà que nos amis à quatres pattes sont pointés du doigt... de très loin pour éviter qu'ils nous mordent. Encore un enfant mort à la suite des morsures infligées par un chien, à Bobigny. C'est la 3ème attaque en 2 mois.
On a longtemps accusé ses "chiens dangereux" : pittbull, rotteweiller, american stafforshire terrier... C'est oublier que la race de chien responsable du plus grand nombre de morsures est... le labrador, chien plébiscité par de nombreux Français !
On a fini par prendre conscience que le comportement du chien était aussi la résultante de l'attitude du maître. Que les chiens dressés à l'attaque seront des chiens dangereux. Qu'un chien maltraité, battu, est potentiellement un chien agressif. Peu importe la race du chien.
C'est précisément le cas de ce tragique fait divers : l'animal, un croisé beauceron/berger allemand, travaillait avec son maître, agent de sécurité. On se doute bien qu'il a été entraîné pour cela, mais peut-être pas suffisamment domestiquer pour qu'il fasse la part des choses entre le "travail" et le reste du temps. Il reste un animal, aussi sensible qu'imprévisible.
Le chien était semble-t-il maltraité, ce qui là encore peut expliquer un comportement agressif. La Société Protectrice des Animaux (S.P.A.) parle d'un "pelage terne, (d'une) dentition très abimée, (de) côtes saillantes, (de) marque sur le museau du port prolongé de la muselière".
Une muselière que le chien de Bobigny n'était pas tenu de porter en permanence, n'entrant pas dans les catégories établies dans la loi sur les chiens dangereux, en attente de ratification. Le projet de loi est donc insuffisant, ce qui n'est pas étonnant : il répond à l'urgence, en voulant faire croire que le gouvernement est réactif, mais il ne répond aux véritables enjeux. Sur ce sujet comme sur d'autres, d'ailleurs.
On feint de croire à la responsabilité de l'animal : cette loi prévoit l'euthanasie de races de chiens "interdites", sauf si l'animal est né avant 1999 ou que les maîtres sont jugées de bonne foi. "Ineptie de la catégorisation administrative" des chiens et "aberration des mesures d'euthanasie" dénonce la SPA. Et risque de décisions décisionnaires mal justifiées. Michèle Alliot-Marie, la ministre de l'Intérieur et des Canidés, doit revoir sa copie.
La loi prévoit que les maîtres devront suivre une formation s'assurant qu'ils maîtrisent leur animal. C'est bien. Mais cela
ne va pas assez loin. Il faudrait pouvoir contrôler la vente des animaux, ceux venant des pays de l'Est et de particuliers indélicats dont le but n'est que lucratif. Un chien sevré trop tôt, non éduqué par la mère, donne un chien taré, potentiellement agressif et dangereux. Et un chien a également besoin d'être dressé.
Sur ce point, je rejoins entièrement les revendications de la S.P.A. J'ai longtemps vécu, tout jeune, aux côtés d'une femelle beauceron, avec laquelle j'ai pu être "envahissant", mais une chienne dressée, calme et patiente. Je ne dis pas que c'est la solution miracle, mais que l'on pourrait résoudre en grande partie d'une part la surpopulation des asiles pour animaux et d'autre part le problème des chiens dangereux.
Le chien meilleur ami de l'homme oui. Mais un chien dressé !
16:00 Publié dans Retour de manivelle : société | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Société, loi, chiens, responsabilité
24/10/2007
La Pologne de retour en Europe (?)
C’est un grand jour pour la Pologne. Une grande chance aussi. Une chance pour elle, grâce à la victoire du parti libéral PO de Donald Tusk aux élections législatives, de revenir dans le concert des nations, et de montrer un visage différent que celui que la diarchie gémellaire Kaczynski, conservatrice et eurosceptique, nous présentait.
Je le dis avec autant de sincérité que j’ai eu à plaisir à visiter ce pays il y a 4 ans maintenant. Et j’y ai découvert des gens chaleureux, plein d’humour, parfois roublards mais sympathiques, ayant soif d’Europe. Mais aussi des gens ayant peur de l’Europe, de l’ouverture… très campés sur des positions catholiques rétrogrades.
C’est cela aussi la Pologne. Il y eut la coalition du parti conservateur, PiS (Droit et Justice) avec le parti populiste agrarien et anti-libéral Saamobrona ainsi que la Ligue des Familles Polonaises, ultra-catholique, xénophobe, antisémite, anti-européen et homophobe (rien que ça !). Il y eut le soutien de la radio antisémite Radio Maryja.
Il y eut le Ministre de l’Education, Roman Giertych, qui écrivait à la porte de son bureau “interdit aux journalistes et aux homosexuels”, licencia des employés ouverts aux droits LGBT, lança une enquête sur l’homosexualité d’un teletubbie, ridiculisant son pays.
Il y eut l’euroscepticisme des frères Kaczynski, négociant jusque tard dans la nuit pour obtenir des concessions de la part des autres pays européens, retardant le processus d’intégration.
Il y eut la vague germanophobe, où la présidence polonaise réclamait plus de voix au prétexte fallacieux que si l’Allemagne n’avait pas envahi la Pologne en 1939, la Pologne serait plus peuplé et aurait de ce fait plus de poids en Europe, ce qui avait fini par provoquer l’exaspération d’Angela Merkel et de la presse Allemande.
Il y eut enfin les dirigeants et spécialistes de l’Europe qui avouaient à demi-mot qu’il souhaitait la défaite du PiS et de ses alliés extrémistes.
C’est chose faite. Porté par une vague de participation (53% seulement, mais 13 points de plus qu’il y a deux ans), la Plateforme Civique remporte les élections. PiS a été puni dans les urnes pour avoir succombé à la corruption qu’il souhaitait combattre et pour ses positions eurosceptiques qui marginalisaient la Pologne. Saamobrona et la LPR, avec à peine 1,5%, sont balayés du paysage politique.
Le chef de PO, et futur Premier Ministre, Donald Tusk, a annoncé qu’il signerait la charte des Droits Fondamentaux que les Frères Kaczynski refusaient de signer.
Alors certes, il faudra encore surveiller la Pologne. Lech Kaczynski a prévenu qu’il userait de son droit de veto. Donald Tusk devra aussi composer et faire des compromis entre l’Europe et des Polonais souvent sceptiques. Il a promis de s’attaquer au problème de la corruption, et maintiendrait la controversée police anti-corruption. Il lui faudra aussi s’intéresser à ces Polonais qui fuient leur pays pour des raisons économiques, vers l’Irlande notamment.
Il est lui aussi catholique, dans un pays très croyant, et il ne faut pas croire que sur l’avortement ou l’homosexualité, la Pologne prendra un virage aussi rapide que l’Espagne par exemple. Mais c’est la fin des alliances morbides avec l’extrême-droite… du moins en Pologne. La Pologne peut repartir sur de nouvelles bases.
A lire également sur mon nouveau blog.
TITEM
10:00 Publié dans Retour de manivelle : international | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Pologne, Europe, Politique, Elections
23/10/2007
J.K. Rowling fait sortir Dumbledore du placard
Note également disponible à la lecture sur mon nouveau blog culture et loisirs.
Je prends les transports montréalais ce matin et m'empare du dernier Métro. A droite de la une sur la victoire de Kimi Raïkonnen en F1, cet encart, rose - forcément ! -
La première chose qui me vient à l'esprit, c'est, "Ca y est, les fanfictioners ont encore frappé,
après avoir fantasmé Harry couchant avec sa nemesis Draco, après avoir raconté les prouesses sexuelles de Hermione se tapant toute sa promotion poudlarienne, voilà qu'ils imaginent Dumbledore aimant jouer avec les baguettes magiques".
Et en lisant l'article, quel ne fut pas en effet mon étonnement. J.K. Rowling, l'auteur du célébrissime Harry Potter, donne régulièrement des conférences. Avant la sortie des "Reliques de la Mort", il s'agissait de divulguer à dose homéopathique des détails sur les prochains tome. Depuis, elle donne des éléments supplémentaires sur le livre, les personnages. C'est ainsi que dernièrement, lors d'une séance au Carnegie Hall, on a pu apprendre que Neville Londubat, professeur de botanique, a épousé la Poufsouffle Hannah Abbot, nouvelle tenancière du Chaudron Baveur.
Et le plus étonnant donc, à la question d'un fan : "Did Dumbledore, who believed in the prevailinfg power of love, ever fall in love himself?" Joanne K. Rowling a répondu ceci :
"My truthful answer to you... I always thought of Dumbledore as gay". (voir le reste de cette conférence sur ce site)
Diantre ! L'un des personnages les plus charismatiques d'un des romans les plus connus, lus... au monde, chevalier de l'ordre de Merlin et de la jacquette ?
Il faut croire que oui. Alors certes le livre fait état à plusieurs reprises de la relation entre les jeunes Albus et Gellert, une relation intense et courte. Ils s'écrivent souvent, ont des gestes d'amitié très proche... Mais qui n'indique pas nécessairement que... !
Plus tard dans l'interview, l'auteure révèle que Albus Dumbledore était tombé éperduemen
t amoureux de Gellert Grindelwald, avec lequel il avait pour projet de réunir les Reliques de la Mort et de gouverner les Moldus "pour le plus grand bien". Leurs pouvoirs magiques leur donnaient une responsabilité à exercer pour le bien des moldus.
Mais Grindelwald ne partageait pas ses sentiments, et prenant définitivement la pente de la magie noire, Dumbledore dut le dueller pour mettre fin à ses sinistres entreprises.
Pour J.K. Rowling, cet amour déçu fut la grande tragédie de la vie de Dumbledore. Elle rapporte également qu'elle a supprimé du scénario du tome 6 un passage où le directeur de Poudlard devait raconter une histoire entre lui et une jeune fille, puisque le vieux sage est gay !
Cette révélation a suscité les applaudissements de l'auditoire. Seules quelques personnes sur Internet sont sceptiques sur l'opportunité de la révélation. Pourquoi si tard ? Pour faire augmenter les ventes, parce que cela n'aura plus d'influence sur les ventes du libre disent d'autres ?
Comme si les lecteurs se seraient arrêtés de lire un tel succès littéraire parce qu'un des personnages est gay ! Il s'agit certes d'un détail qui aide à mieux comprendre la personnalité complexe d'Albus Dumbledore, mais qui n'a que peu d'intérêt dans le déroulement de l'histoire et qu'à mon avis, seul Albus et sa créatrice pouvaient connaître.
Je vous laisse imaginer ce que pourrait avoir de comique un chapitre où Dumbledore avoue à Harry qu'il préfère les hommes !
Ceux qui ne doivent pas rire en revanche, c'est toute la clique religieuse (catholique ou évangéliste) qui accusait Harry Potter de pervertir l'esprit des jeunes en les incitant à la sorcellerie... voilà qu'en plus on les pousse au vice sodomite !
Un des personnages principaux du roman le plus lu de ces dernières années, gay. Voilà qui devrait permettre de contribuer à la banalisation de l'homosexualité... même si cela doit faire grincer des dentiers. Et ce n'est pas une image de grande folle ou d'homme mûr initiant de jeunes éphèbes que l'on nous propose, mais un homme brillant, avec ses qualités et ses défauts, ses tourments.
Une révélation qui va alimenter pendant encore longtemps le mythe de Harry Potter... et qui anime l'excitation et la curiosité des lecteurs francophones qui attendent le 26 octobre la sortie du dernier tome des aventures du sorcier à lunettes.
TITEM
10:00 Publié dans Sur la table de chevet | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Harry Potter, Homosexualité
18/10/2007
C. Vanneste ou la liberté d'expression quand ça m'arrange
Note également disponible à la lecture sur mon nouveau blog d'opinion.
Christian Vanneste n'est pas mort, il continue de refaire parler de lui, et encore sur le terrain judiciaire. Mais cette fois-ci, ce n'est plus en tant qu'accusé - rappelons qu'il s'est pourvu en cassation suite à sa condamnation en appel pour propos homophobes - mais en tant que partie civile !
J'en avais fait mention dans une précédente note, relayant un communiqué de Jean-Luc Roméro. Ce dernier a confirmé hier qu'il était convoqué par le Tribunal de Grande Instance après une plainte par constitution civile de Christian Vanneste, en vue d'une mise en examen. Il est reproché au conseiller régional d'Île-de-France d'avoir laissé un commentaire perçu comme injurieux à l'encontre du député du nord. La personne qui a laissé un commentaire doit également être mis en examen.
Plusieurs commentaires à ce sujet :
- Cela confirme bien que tout ne peut être dit sur Internet, et que l'on n'est nullement anonyme... jusqu'à un certain point. Les blogueurs sont bel et bien responsables des choses écrites sur leur blog.
- Cette plainte ne peut toutefois pas manquer de faire sourire. Quoi, le chantre de la liberté d'expression porte plainte... parce qu'il ne lui plaît guère que certains usent de cette même liberté d'expression ? Une action en justice qui paraît dès lors ridicule et mesquine, au niveau du personnage... Au fait on a le droit de le dire ça, ou faut-il demander l'avis du nouvel ami de Christian Vanneste, Philippe Bilger, avocat général près la Cour d'Appel de Paris, pour qui la loi qui a condamné le député du Nord est "sujette à caution" ?
On me répondra qu'il s'agit d'une injure, et que ce n'est que juste retour des choses puisque Christian Vanneste a été condamné pour injure à caractère homophobe. De deux choses l'une : soit il va jusqu'au bout de son opinion, et accepte qu'on puisse l'injurier comme il a injurié les gays (même s'il ne reconnaît pas qu'il s'agit d'une injure), soit et c'est plus certainement le cas, il s'agit tout simplement d'une dispute digne de la cour de récré, une vengeance contre Jean-Luc Roméro qui a témoigné contre Christian Vanneste. Une manoeuvre procédurière destinée à se faire mousser pour la beauté de la liberté d'expression - que de crimes on commet en ton nom...
Voilà un homme qui vit dans l'absolue certitude de ses raisonnements qu'il assimile à des convictions, nécessairement respectables puisqu'il s'agit de son opinion ! Or toute opinion n'est pas bonne à dire.
Est-il plus grave d'injurier Christian Vanneste que de dire que les homosexuels ont un comportement nuisible à la survie de l'humanité, qu'il est possible de les rééduquer... et j'en passe ? Là n'est peut-être pas la question la plus importante, même si j'ai mon avis à ce sujet : plutôt critiquer un homme que de s'en prendre indifféremment à un groupe malgré tout hétérogène (d'autant qu'on ignore encore la teneur de l'injure du jeune homme qui a dû se sentir agressé par les propos condescendants du député de Tourcoing-Nord).
Va-t-on devoir porter plainte contre tous ceux qui auront rapporté et cautionné les propos de Christian Vanneste sur son blog ?
Un espace où l'on lit d'ailleurs à presque tous les commentaires des opinions éculées sur l'homosexualité ? Une chose est sûre, il n'est pas possible de porter plainte contre ce genre de bêtises ou contre leur exaspérant sentiment de connaître mieux encore que les gays l'homosexualité. Ca n'empêche pas de trouver tout cela absolument méprisable.
TITEM
10:00 Publié dans 10ème circonscription Nord | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Vanneste, Roméro, Justice, Homosexualité, Homophobie, Liberté d'expression, Opinion
17/10/2007
Les Témoins, d'André Téchiné (2007)
Note également disponible à la lecture sur mon nouveau blog culture et loisirs
Paris, été 1984.
Manu débarque à Paris, où il partage la chambre de sa soeur Julie dans un hôtel modeste. Il fera la connaissance d’Adrien et nouera une amitié chaste et joyeuse avec ce médecin quinquagénaire, qui lui fera découvrir le style de vie de son milieu.
Au cours d’une balade en bateau, Adrien présentera à Manu Sarah et Mehdi, un couple de jeunes mariés qui vient d’avoir son premier enfant.
Une passion amoureuse imprévue et l’irruption de l’épidémie du sida, encore perçue dans les médias et l’imaginaire collectif comme une peste moderne et honteuse vont bouleverser le tranquille agencement de ces destins particuliers. Chacun va devenir acteur et témoin d’un drame contemporain, où ceux qui ne mourront pas ressortiront peut-être plus forts, mais en tout cas pas indemnes.
Drame français d’André Téchiné
2007 ; 1h52
Avec Michel Blanc (Adrien), Emmanuelle Béart (Sarah), Mehdi (Sami Bouajila), Julie (Julie Depardieu), Manu (Johan Libéreau)
Avoir 20 ans à l’été 1984. Derniers soubresauts d’une époque où depuis une révolution de mai, on jouissait sans entrave. Pas même celle de l’odieux amandement Mirguet (qualifiant l’homosexualité de “fléau social”, et établissant la majorité sexuelle en matière de rapports homosexuels à 21 ans), aboli en 1982 à l’initiative du garde des Sceaux Robert Badinter.
Quelques nuages noirs pointent à l’horizon, ceux d’une maladie énigmatique venue d’Amérique, et qui nourrit les fantasmes les plus fous, la méfiance, voire la haine ; car ce que l’on ne connaît pas suscite automatiquement de violentes réactions. Les Rita Mitsouko chante “Marcia Baïla”, hommage à cette danseuse argentine morte du cancer, une drôle de coïncidence à l’heure où une génération apprend cette abréviation : SIDA.
Avoir 20 ans à l’été 1984, comme Manu. Il connaîtra “les beaux jours” (1ère partie du film d’André Téchiné), les dernières lueurs d’une époque insouciante. L’amour avec des inconnus dans les lieux publics à l’heure où c’est encore le seul moyen de rencontrer ses “semblables”. Il rencontrera Adrien, médecin quinquagénaire, puis ses amis, Sarah et Medhi. Une rencontre, et une époque, qui changera leur vie. Mais il est déjà trop tard.
C’est “La Guerre” (2ème partie). La guerre contre une maladie dont on ignore tout ou presque, et qui nourrit les fantasmes de la presse, qui alerte sur le “cancer gay” ou la “nouvelle peste”. Toute guerre a ses combattants, et ses victimes. Les amis, indirectement touchés par la psychose de tout un pays, entretiennent rancoeurs et méfiance.
Mourir à l’hiver 1984, se sentir honteux et sale, voir son corps autrefois vigoureux, désirable, dépérir, sous le regard de quelques amis qui ne vous jugent pas.
Puis vient “Le retour de l’été” (3ème et dernière courte partie). Parce que l’on a traversé les épreuves, et que la vie doit reprendre le dessus. Ceux qui restent sont les témoins d’un changement d’ère, les témoins du passage sur terre de leur ami, avatar d’une jeune génération sacrifiée.
Tout témoignage se doit d’être juste. Là est la principale qualité des Témoins de Téchiné. D’un drame social qui marquera toute une époque, le réalisateur tire une excellente oeuvre, sobre et profondément juste, absolument pas misérabiliste. Michel Blanc tient là un de ses plus grands rôles, mais les autres acteurs ne sont pas en reste. Mentionnons Johan Libéreau, très émouvant tout au long de l’évolution de son personnage. Ce film n’est pas un documentaire : il témoigne crument mais justement de la réalité d’une atmosphère, celle de l’année 1984, au rythme de la voix douce d’Emmanuelle Béart.
… Même si j’aurais davantage pensé que l’été 1983 avait été celui de la prise du conscience du SIDA en France. Ainsi, Libération consacrera sa une à “L’épidémie du “cancer gay”" dans son édition du 19-20 mars 1983.
Allez lire également les témoignages de Robin Campillo et Laurent Gloaguen, autres témoins de cette époque, qui tous nous enseignent une chose : se protéger soi et les autres. Parce que ces gens qui sont morts ne le furent pas en vain.
TITEM
18:00 Publié dans La dernière séance | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma, Histoire, SIDA, Homosexualité
11/10/2007
Les 3 P'tits Cochons, de Patrick Huard (2007)
Au chevet de leur mère plongée dans un profond coma, trois frères veillent en échangeant sur les «pour» et les «contre» de l’adultère. Rémi, l’aîné nanti, prévient ses cadets des dangers qui les guettent, mais en vain. Mathieu, qui étouffe dans sa banlieue, est déjà sur le point de tromper sa femme avec une collègue. Christian, le benjamin adepte de cybersexe, s’éprend d’une de ses étudiantes de Tae Kwon Do, sans se douter que sa conjointe policière et frigide le surveille de près. Seul Rémi, chez qui ses frères en déroute conjugale finiront par échouer, semble au-dessus de tout soupçon. Quoique son épouse ne semble pas convaincue de sa vertu.Comédie dramatique québécoise de Patrick Huard
2007 ; 2h04
Avec Claude Legault (Mathieu Quintal), Guillaume Lemay-Thivierge (Christian Quintal), Paul Doucet (Rémi Quintal), France Castel (Lucille, la mère)…
Parce que les affiches du métro montréalais en faisaient la promotion, et parce qu’autour de nous, certains de nos amis ou colocataires avaient été le voir, voilà que mes amis et moi avons décidé de partir voir ce film : les Trois Petits Cochons.
Première difficulté : trouver une salle de cinéma qui ne soit pas trop cher. Par chance, on nous a appris que dans une rue proche de Saint-Denis métro Berri-UQAM, le cinéma faisait des places de cinéma à 4,95$ (environ 3 euros) le mardi. Une très bonne chose pour nos petits budgets : des places de cinéma au prix de ceux pratiqués en France lors de la fête du cinéma, mais ce tous les mardis !
Grand moment aussi lorsqu’à tour de rôle, il nous fallait annoncer que nous voulions une place pour les Trois Petits Cochons. Vraiment trop mignon… Mais non, ce film n’a rien d’un dessin animé pour enfants (vous allez vite comprendre pourquoi…) même si la référence n’a rien d’anodine.
Deuxième difficulté : comprendre ce que disent les acteurs, et certaines références ou expressions qui échappent au français fraîchement débarqué en Amérique. Grand moment encore, mais de solitude cette fois, lorsque toute la salle éclate de rire… Sauf vous ! Et heureusement, vos voisins français n’ont pas plus compris que vous. L’honneur est sauf.
C’est moins le cas de la morale… car voici un film pour le moins surprenant. Trois frères se retrouvent réunis autour du lit d’hôpital de leur mère mourante. On retrouve une situation proche de celle des Invasions Barbares, ce film plutôt réussi de Denys Arcand. Sauf que là, point de dialogues aussi fins et grivois à la fois, où des dialogues sur le sens de la vie, mais des répliques bien grasses, des scènes de sexe plutôt explicites…
Alors l’histoire du film est simple : pendant que maman meurt, les deux plus jeunes choisissent au même moment d’aller voir ailleurs, “ panthère ” ou jeune karatéka en manque de contact… au grand dam de l’aîné, fils modèle, qui joue les pères pudeurs. On suit chacun de leurs parcours erratiques sur le chemin de l’adultère, à tour de rôle. Oh les p’tits cochons… Et oui ! Pas facile de mener une double vie ! Et comme dans le conte, les deux premiers vont rejoindre le dernier, le plus malin… qui aurait bien envie lui aussi de voir le loup.
Je vous épargne le ramoneur jaloux que sa femme s’effeuille sur Internet, la bande originale saoulante du début à la fin, les longueurs du film…
Un film plutôt drôle néanmoins, sans morale, pas toujours bien filmé (mais… elle respire ? Je pensais qu’elle était morte ??) qui se laisse regarder une fois, pas plus. Pour tout, dire j’ai du mal à comprendre l’engouement autour de ce film, à 100 lieues minimum du C.R.A.Z.Y. de Jean-Marc Vallée ou des Invasions Barbares de Denys Arcand.
18:30 Publié dans La dernière séance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma
10/10/2007
Le Goût des autres, d'Agnès Jaoui (2000)
Castella est un chef d’entreprise peu porté sur la culture. Pourtant, un soir, en allant par obligation assister à une représentation de “Bérénice”, il tombe en adoration du texte et de l’actrice principale, Clara. Par une coïncidence, celle-ci va lui donner des cours d’anglais, nécessaires à son travail. Castella tente de s’intégrer à ce milieu artistique mais sans grand succès. On ne bouscule pas ainsi les cadres de références et les barrières culturelles sans faire d’histoires.
Comédie dramatique française d’Agnès Jaoui
2000 ; 1h52
Avec Jean-Pierre Bacri (Castella), Anne Alvaro (Clara), Gérard Lanvin (Franck Moreno), Alain Chabat (Bruno Deschamps), Agnès Jaoui (Manie)
Parmi les récompenses, 4 Césars en 2001 (Meilleur film, scénario, second rôle masculin (Gérard Lanvin) et féminin (Anne Alvaro)
J’avais bien sûr entendu parler de ce film, et pas seulement pour les récompenses qu’il a reçues. J’avais déjà pu voir la pièce écrite par Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui, Cuisines et Dépendances, que j’avais moyennement apprécié. Et chose importante, bien que reconnaissant le talent de Jean-Pierre Bacri, son humeur bougonne m’exaspère continuellement. Je n’allais donc pas voir ce film avec les meilleurs sentiments…
Et justement, voilà un film sur les préjugés et nos petits travers dans lesquels nous sommes susceptibles de nous reconnaître. Castella, chef d’entreprise toujours en train de râler et de dire des grossièretés (devinez qui est l’acteur…) se prend de passion pour le théâtre et la culture de manière générale, pour les beaux yeux d’une actrice qui est aussi sa professeur d’anglais.
Une idée très séduisante. Pour y parvenir, quelques autres personnages en perte de repères qui tous frôlent la dépression. On rit de leurs interrogations, de leur manque de tact comme de nos petits travers.
Après, on aime ou l’on aime pas. Le manque de tact des personnages, leur maladresse, leur humeur continuellement maussade est exaspérante !… Parce qu’il est gênant de pouvoir se reconnaître de ce film qui se veut un miroir sociologique de certains milieux, de leurs préjugés et de leur code ?
Toujours est-il que le film traîne par ailleurs en longueurs, et la galerie de portraits de personnages dépressifs n’engage vraiment pas à la joie tout au long de ce film qui peut vous plomber le moral. C’est agaçant, à moins d’en rire (mais ça n’est pas toujours drôle). Mais les acteurs sont excellents, et, une nouvelle fois, le scénario intéressant.
18:30 Publié dans La dernière séance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma, récompense





