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30/04/2006

Alexis : le Traité du Vain Combat, de Marguerite Yourcenar

"Alexis a 24 ans quand il se décide à quitter Monique, sa femme, à cause de ses «penchants interdits». Cette longue lettre de libération constitue le premier roman de Marguerite Yourcenar publié en 1929. Le jeune musicien analyse tout au long de cette confession les raisons de sa souffrance et de son mutisme. Il raconte son adolescence, ses tentatives d’aveux avortés, sa culpabilité qui le mure dans le silence. Son secret lui brûle les lèvres, mais il sait que personne ne lui pardonnera de le révéler. Il lutte contre le désir de se suicider. Cette lettre très pudique du mari à son épouse tient plus de la réflexion philosophique sur le comportement humain que de la fiction. Tout est dit, même s’il ne s’agit que de sous-entendus. «Les mœurs, quoi qu’on dise, ont trop peu changé pour que la donnée centrale de ce roman ait beaucoup vieilli», écrivait Marguerite Yourcenar en 1963. Près de 50 ans après cette constation, la souffrance d’Alexis résonne toujours. "
 
Peut-on aimer un livre uniquement parce que vous êtes en accord avec l'auteur, les thèmes et les idées qu'il développe ? Non, bien sûr.
 
Et pourtant, force est de constater que si la littérature est l'individualité dans l'écriture, ainsi que Marguerite Yourcenar le définit dans la preface de court roman, ce livre est bien de la littérature. Au-delà de l'auto-psychanalyse pointue et émouvante de Alexis, c'est son style, très posé, précis, mais d'une infinie prudence, qui fait tout le charme de ce livre. Nous sommes, malgré nous ou de bonne grâce, les confidents du jeune musicien tourmenté.
 
Un roman dense, riche, au style incomparable, mais parfois un peu absconds, comme pour mieux excuser le narrateur de ce qu'il perçoit comme une faute, et qui explique cette lettre.
 
A lire absolument pour aller au-delà des apparences, y compris les plus convenues.
 
TITEM 

Trackbacks

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Commentaires

Ce livre a l'air très captivant, relatant un sujet encore trop souvent soumis à contreverse dans nos pseudo société moderne et démocratique... peut etre une lecture future!!!

A bientot.

Ecrit par : fxrd | 01/05/2006

Ce livre est captivant, vraiment.

Le sujet dont il est question est certes de plus en plus abordé dans les fictions actuelles. Mais ce qui fait l'originalité d'Alexis, c'est finalement l'atemporalité du récit. Le style du narrateur, un peu suranné, participe à la fois de sa pudeur et d'un propos superposable à n'importe quel époque.

Ecrit par : Titem | 01/05/2006

Bravo pour le choix de ce livre et surtout de la grande Marguerite Yourcenar.
Symbolique: elle fut la 1ère femme à intégrer l'Académie française...
Très bon 1er mai cher Titem.

Ecrit par : Jean-Luc Romero | 01/05/2006

bien entendu que yourcenar et ce livre sont sublilmes.... alexis ne dit jamais qu'il est homosexuel, tout est dans la suggestion... c'est ce que roland barthe appelle le plaisir du texte, jouer entre le gouffre connu et le gouffre inconnu, sans sombrer dans l'un ou dans l'autre! et ce debut " que reste il d'un texte apres une traduction" et cet amour de la musique.... longue vie a la litterature!

Ecrit par : le pouvoir au peuple! oui, mais dans la limite des stocks disponibles | 02/05/2006

Certes, ce roman est sublime. Certes, Marguerite Yourcenar est un grand écrivain, cependant, d’aucuns trouvent que le roman éprouve le temps et vieillit. Quant à moi, je pense qu’Alexis, œuvre de jeunesse, ne vaut pas Les mémoires d’Hadrien. Par contre j’aime ce livre par ce qui fait sa force : le message porté par le sous-titre, à savoir que le fait de se battre contre une orientation sexuelle qui s’impose à vous comme une évidence est un combat voué à l’échec. L’acceptation de soi n’est pas un échec, au contraire. C'est se conquérir, s'accepter au terme d'une lutte épuisante, d'un vain combat. Et ce cheminement, tout le monde l'éprouve un jour ou l'autre. Et si le mot « homosexualité » n’est jamais invoqué par Alexis cela renvoie à la remarque qu’il se fait : «Comment un terme scientifique pourrait-il expliquer une vie ?» et cette remarque vaut pour toutes les tentatives de catégorisation de nos vies. Juste un mot, pour finir, si vous devez relire ce livre, relisez-le à voix haute, il est encore plus touchant, on entend presque la musique…

Ecrit par : c'est pas pour cafter, mais Pierre Desproges c'est quand même plus drôle | 02/05/2006

Pierre Desproges est sûrement plus drôle que M. Yourcenar, à moins qu'elle même se considérait comme une grande comique, je sais pas j'ai jamais lu ses bouquins, mais c'est vrai que ça a pas l'air drôle tous les jours avec elle.

Ecrit par : Bon ben je l'ai pas lu donc je peux pas parler, mais je suis tellement bavard que je ramène ma fraise | 02/05/2006

desproges adict ?

Ecrit par : commentaire précédent sur Alexis | 02/05/2006

Dommage que ces commentaires soient "anonymes", mais si j'en crois les adresses, bienvenue à toi Sophie et Martin (qui est le 3ème ??)

... Et bon courage dans vos révisions à tous les étudiants de ScPo, en particulier le groupe 7 de 1ère année ;)

Ecrit par : Titem | 02/05/2006

marion !

Ecrit par : c'est pas pour cafter, mais les lettres c'est le pieds | 02/05/2006

ce livre est un ratage complet, absolument interessant où l'auteur passe son temps à philosopher sur la vie tel un bernard henry levy. elle croit qu'elle révele la vérité supreme a chaque page! bref plus jamais de yourcenar pour moi!!!!!!!

Ecrit par : lola | 26/02/2008

Je suis entièrement en désaccord... Avons-nous lu même livre ?

L'auteur ne philosophe pas, et n'a absolument aucune vérité suprême à assener, si ce n'est celle romanesque d'un homme à la recherche de soi au fil de la lettre qu'il écrit à sa femme.

Marguerite Yourcenar avait même pensé à réécrire ce roman, parce qu'avec recul - et à juste titre - elle trouvait son oeuvre désuète (preuve qu'elle savait se remettre en question. Finalement elle a estimé que ce qui comptait dans ce roman, ce sont les mots de l'homme à l'époque où ils avaient pu être prononcés.

Ecrit par : Titem | 27/02/2008

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