17/01/2006

Homophobie : florilège d'un mal

"L'homophobie fait couler beaucoup d'encre... (sale pédé ! tapette ! gouinasse ! camionneuse !) mais aussi des larmes et du sang. 17 Mai = Journée contre l'homophobie."

A l'occasion d'articles sur d'autres blogs traitant de la question de l'homophobie ou de l'initiative de 174 parlementaires visant à interdire par une loi toute possibilité pour les couples homosexuels d'adopter des enfants, on a assisté à un véritable déchaînement de violence, de haine ou tout simplement de bêtises. Florilège de quelques dérapages ; je signale que je n'ai pris que les phrases les plus pertinentes, prises dans leur contexte. En outre, pour ceux qui croiraient encore à une utopie de l'homophobie, je les invite à rejoindre ces deux sites de Jean-Luc Romero : son blog et son site Internet. Sachez par avance que les propos tenus y sont encore plus choquants, et d'autant plus inadmissibles...

"L’homosexualité a toujours été le vecteur primordial des maladies sexuellement transmissibles." Lettre de Jean Rigal de Sucy-en-Brie du 14 décembre 2005, reçue par Jean-Luc Romero, conseiller régional UMP d'Île-de-France.
... C'est bien plus difficile que ça. Certes, en proportion en France, les contaminations dues à un rapport homosexuel sont plus nombreuses. Les premiers cas de SIDA furent rencontrés chez des homosexuels. Cela est dû au mode de transmission du SIDA, pas besoin de rentrer dans les détails physiologiques. Mais outre que l'expression "vecteur primordial" ne veut rien dire, le mythe du "cancer gay" est inutilement stigmatisant, et ne contribue en rien à la lutte contre le SIDA. Le SIDA touche surtout les déshérités d'Afrique et d'Asie.

"Homophobe est un terme dévoyé, tout comme la plupart des autres "phobes" usités aujourd'hui !". Commentaire d'Alceste, sur le blog de Jean-Luc Romero.
Voilà l'exemple typique de propos de café du coin qui permet de déculpabiliser tous ceux qui tiendraient des propos racistes, xénophobes, antisémites, misogynes, homophobes etc. Cette affirmation eut notamment lieu après une polémique, selon laquelle toute personne opposée au mariage gay serait, aux dires des homosexuels, des homophobes. Cela est bien sûr exagéré ; il n'empêche que des propos anti-mariage homo ne sont pas toujours dénués d'arguments homophobes : «Le Pacs et d'autres saletés ont uniquement comme fondement l'obsession du sexe et ces absurdes prétentions des pédés sont hors sujet et nauséeuses» Roberto Calderoli, ministre des Réformes Roberto Calderoli (Ligue du Nord) en Italie.

"Quand à la théorie de "l'égalité des droits" revendiqués entre couples homos et hétéros, c'est de la pure démagogie.
Pourquoi des choses différentes auraient-elles les même droits ? A quand le droit aux hommes de concevoir des gosses, et celui aux femmes d'avoir un pénis ? A quand le droit aux clandestins d'être élus président de la République ?"
Commentaire d'Alceste, sur le blog de Jean-Luc Romero.
Différents ne signifie nullement inférieurs... ni même supérieurs comme certains voudraient faire dire à de soi-disant "extrémistes homosexuels". "Ni plus, ni moins... Comme les autres". Si cela, c'est de la démagogie, il faut alors revoir entièrement la définition de l'égalité républicaine.
Quand au reste des propos...

"Suffisamment d'études sérieuses montrent le danger d'une négation de la différence sexuelle dans l'éducation de l'enfant. A partir du moment où ces études existent, le principe de précaution s'applique." Commentaire de "le conservateur", sur le blog de Jean-Luc Romero.
Le problème est que l'on parle beaucoup de ces fameuses études, mais c'est comme le monstre du loch Ness : on en parle beaucoup mais personne ne l'a jamais vu ! A l'inverse, de très nombreuses études démontrent le contraire. Comme le fait remarquer Jean-Luc Romero, ce genre d'études existent depuis des décennies aux Etats-Unis, pas en France. De sorte que le principe de précaution est dépassé. Par ailleurs, il témoigne d'une dangereuse condescendance envers les couples homosexuels, et une stigmatisation de leurs enfants... Ce qui est paradoxal pour ces gens qui souhaitent les défendre.

"Ces personnes ont choisi une vie sans possibilité d'enfants" Extraits de la motion des 174 parlementaires.
Faux : les homosexuels ne choisissent pas cette vie. Ils ne peuvent choisir que de l'assumer ou non. En outre, il est parfaitement malhonnête d'affirmer ceci. On stigmatise les homosexuels qui ne peuvent avoir d'enfants (cf. les propos de Christian Vanneste qui, déformant les maximes kantiennes, parlent d'une fin de l'humanité en cas de généralisation du comportement homosexuel, faute d'enfants), on parle en leur nom en disant qu'ils ont choisi de ne pas en avoir, et on leur interdit d'en avoir ou d'en adopter !

"Une société ne peut reconnaître légalement que des couples hétérosexuels, sinon elle serait vouée à disparaitre." Commentaire de Rollon sur le blog de Regis Sada.
Si une telle société peut s'effondrer aussi facilement, il y a lieu de se poser quelques questions... Comme si l'éducation -donc à l'échelle individuelle- pouvait déboucher sur l'effondrement et la disparition de la société !

"L'enfant n'est ni un objet de consommation, ni un objet de désir !!!" Commentaire de Rollon sur le blog de Regis Sada.
Mention spéciale du jury... Que l'enfant ne soit pas un objet de consommation, c'est évident. Or, le fait d'appliquer le principe de précaution est déjà une drôle de contradiction. Certains diront "pas plus que de faire des études sur les enfants"... Ils n'ont pas tout à fait tort mais comment prouver définitivement que la bonne éducation des enfants ne dépend nullement de l'orientation sexuelle des parents ? Comme si les enfants ne voyaient que la sexualité de leurs parents !
Dire que l'enfant n'est pas un objet du désir... C'est une grossière ânerie, nul besoin de justifier.

En définitive, le combat est encore très long pour la marginalisation de l'homophobie, tout comme celle du racisme d'ailleurs. Il n'y a qu'une prise de conscience dès le plus jeune âge qui pourra régler cette situation. Mais là, on se heurte à de "brillants théoriciens" qui hurlent contre "le lavage de cerveaux de nos têtes blondes" (cf. la polémique sur le livre "Jean a deux mamans").

Il est parfois difficile de combattre l'homophobie sans la tentation d'utiliser les mêmes mots que les homophobes : dégoût, rejet, vomir...

La lutte est pourtant de la plus haute importance. Car derrière les beaux discours homophobes assumés de quelqu'un comme Christian Vanneste, le véritable problème est celui de la stigmatisation de milliers d'adolescents qui, en plus de subir les lazzis de leurs "camarades", les brimades de leurs parents, doivent affronter le mépris de l'Etat. Chaque année, des centaines d'homosexuels, jeunes pour la plupart, tentent de se suicider. Pour reprendre les propos de Aline (qui dit citer des courriers dans VSD) sur le blog de Jean-Luc Romero : "Les accusations de ce député Vanneste stigmatisent des dizaines de milliers de parents dont les enfants sont homosexuels. Pis, ces propos encouragent les parents qui ont jeté leur gamin ou leur gamine à la rue. Non, nos enfants ne sont pas "une menace pour l'humanité". C'est M. Vanneste qui est une menace pour nos enfants". C'est pour cette raison que j'attends que la justice fasse un signe fort en condamnant, ne serait-ce que symboliquement, de tels propos. Elle en aura l'occasion à la fin de ce mois.

TITEM 

Triste prédiction... Je disais en commentaire que la lutte contre la haine n'est pas finie. Elle ne finira jamais mais l'on peut toujours veiller à sa marginalisation. J'espère avoir à remplir cette rubrique le moins de fois possible...

20/01/2005

Mais sur son weblog, Jean-Luc Romero fait de nouveau état d'une lettre homophobe, reçue récemment, et envoyée en double à Christian Vanneste... Lequel j'espère réfléchira sur les conséquences de ces paroles qui le font passer pour le chef de file de l'armée des prédicateurs de haine. M. Romero précise que les extraits qu'il livre sur son blog sont des "extraits publiables"... C'est vous dire le degré que doit atteindre ce qui n'est pas publiable.

" La norme dans la vie est l'attraction qu'exerce sur un être, quelqu'il soit, la voie de la reproduction sexuée. L'attrait pour un acte par définition stérile est une anomalie est rien d'autre".

Poncif entièrement faux et qui plus est, dangereux, et pas seulement pour les homosexuels. L'hétérosexualité n'est pas une norme de la vie ou de la nature. On peut facilement trouver des animaux qui ont un comportement homosexuel dans la nature. En outre, l'homme n'est pas un être de nature mais un être de société. S'il a un comportement homosexuel, cela est l'objet d'une construction, et non d'une sorte d'exception à une norme héritée de la nature. Il n'existe pas de norme dans un domaine aussi subjectif que les relations sociales volontairement construites.

En outre, dire que la norme est la voie de la reproduction sexuée est dangereux et nie de façon paradoxale la dignité humaine. Pourrait-on dire que les couples hétérosexuels, mais stériles, ne répondent pas à la norme, parce qu'ils ne peuvent avoir d'enfants (Et quand bien même il préciserait "par défintiion stérile") ? L'objet même de l'attraction amoureuse, est-ce justement cette attraction inconsciente ou le besoin de copuler pour avoir des enfants ? Laisser entendre que la norme est la sexualité qui procrée, comme le laisse entendre l'Eglise, c'est reléguer l'homme et la femme au niveau de leurs organes !

"La simple idée d’une intromission anale me donne envie de vomir."

Si une telle idée le fait vomir, je plains les médecins qui lui font ses coloscopies... On entre ici dans des détails plus "techniques". Et dans toute l'ambiguité du terme "homosexualité", où l'on ne retient que le radical "sexualité". Ainsi que le disent certains : "quand le sage montre la lune, l'imbécile regarde le doigt". Qui parle de la relation amoureuse entre deux hommes ne verra que le rapport sexuel, et a fortiori, la sodomie. La sodomie n'étant pas un acte exclusif aux homosexuels, eux-mêmes ne le pratiquant pas nécessairement. Et pour ceux qui ne seraient pas convaincus que l'homosexualité puisse être autre chose qu'une relation sexuelle, je les invite à aller voir "Le secret de Brokeback Mountain".

Je précise que la haine de ce M. Rigal peut s'expliquer par l'homosexualité de son fils, ainsi que la lettre l'indique. C'est faire bien peu de cas pour ce dernier.

21/01/2006

J'ajoute donc ainsi que je le précise dans mon commentaire plus bas, quelques notes sur ce que les sociologues appellent "l'homophobie libérale", en particulier Bruno Perreau dont je vous livre l'analyse (maître de conf. à ScPo Paris). Je précise tout de même qu'il ne s'agit pas en réalité d'une "homophobie" au sens de haine - ce pourquoi je n'en avais pas parlé au départ.

" Selon les théories libérales classiques, l'homosexualité relève d'un choix intime. Elle doit être respectée au nom de la liberté individuelle. Mais, malgré ses bonnes intentions, cette tolérance libérale est parfois condescendante : elle admet l'existence des homosexuel/les mais leur refuse le plus souvent toute reconnaissance publique (mariage, adoption, etc.). Elle substitue la hiérarchie à l'exclusion puisque l'hétérosexualité n'est pas de son côté cantonné à la sphère privée. Les lois assurant le respect de la vie privée et la pénalisation de l'injure homophobe s'avèrent alors paradoxales : elles protègent les lesbiennes et les gays, tout en les exhortant au silence."

De façon plus "terre à terre", on peut relever ce genre de commentaire dans des propos du style "Ils ne me dérangent pas, mais qu'ils ne s'affichent pas, qu'ils ne m'imposent pas à ma vue leur sexualité." ; propos notamment que l'on a pu relever au moment de la polémique sur les affiches d'un salon consacré à l'homosexualité en 2005, et où l'on pouvait voir deux hommes ou deux femmes s'embrasser.

On ne peut certes pas nier que la représentation homosexuelle est de plus en plus fréquente : à la TV, au cinéma... Certains se plaignent même d'un effet de mode. Cela s'explique aisément par une meilleure acceptation génarale de l'homosexualité. Mais cette reconnaissance ne suffit pas, elle ne conduit pas à l'égalité des droits sans cesse réclamée.

Ainsi que le précise jcm plus bas - à ceci près que je ne rejetterai pas entièrement la faute sur un homme politique qui en fait bien plus que beaucoup d'autres - le silence des politiques face à une homophobie latente et pseudo intellectuelle, l'acceptation silencieuse et la peur d'être taxé -parfois à juste titre toutefois (cf. certaines actions d'Act-up) - d'extrémistes, contribue à cette inertie préjudiciable pour l'image de la France, quoique les tenants des "valeurs morales" en pensent.

Commentaires

EXCELLENT !

Un plaidoyer absolument parfait !
Tu ne manques pas d'arguments, et tes idées sont toujours très justes et bien visées, bien exprimées.
Bien sûr, il y aura toujours des fortes têtes pour rechigner sur des détails oratoires, mais tu dois commencer à avoir l'habitude...

En tous cas, encore bravo !
Si quelqu'un n'est pas convaincu après une lecture attentive de cet article, alors je ne crois pas qu'il soit digne d'une république égalitaire.

Total respect.

Ecrit par : Vianvian | 17/01/2006

Je profite du message de vianvian pour souligner mon accord sur l'ensemble de ta "prose" et te remercie TRES chaleureusement de ta participation au débat sur Marions les Homos !

Pour un étudiant "curieux", cel démontre en tout cas une très belle capacité d'analyse.

C'est aussi grâce à notre "nouvelle génération" plus ouverte, plus tolérante et plus curieuse (justement) que nous parviendrons certainement à construire une société plus juste et moins....

Tout simplement : MERCI TITEM !

Ecrit par : Régis Sada | 18/01/2006

Oh vous savez le plus frustrant c'est de confirmer dans leurs opinions ceux qui sont déjà convaincus... Je ne crois pas que je pourrais convaincre ceux pour qui l'homosexualité est un pêché.
Peut-être que si des jeunes lisent ceci, feront-ils plus attention à leurs amis, voire s'ils sont homos ne se laisseront pas atteindre par cette haine.

J'aurais bien fait la même chose avec le racisme mais je manque de contenu : il paraît peut-être moins grave de dire "sale pd" que "sale rebeu" ou "sale feuj". De sorte qu'il y a une autolimitation de la part des plus racistes. Voire une censure de la part des bloggeurs, et que je soutiens.

Ecrit par : Titem | 19/01/2006

Je passe de temps en temps sur ce blog et de nouveau un sujet sur l'homophibie.

Cela tourne à l'obsession ?

Remarquez, chacun est libre de fixer ses priorités.

Salutations.

Ecrit par : Chouan | 20/01/2006

Quand il y a eu le sujet sur les banlieues, et que les blogs en ont beaucoup parlé, il ne me semble pas que l'on ait parlé d'obsession. Remarquez je n'ai pas eu l'occasion d'en parler, cela s'est passé pendant mes problèmes informatiques ^^.

Il se trouve que le manifeste des 174 parlementaires, la sortie de 2 films traitant de l'homosexualité (Le secret de Brokenback Mountain et Reinas) en font - me semble-t-il -un sujet d'actualité.

Ecrit par : Titem | 20/01/2006

Un cas ce Rigal, et encore , voilà une manière bien insuffisante pour qualifier ce genre de pauvre type.

je reviens sur l'homophobie. Elle est forte chez Jean-Luc Romero, eh oui ! Sa trouille bleue de parler sexualité ne relève pas du tout de la discrétion politique, on peut en parler de façon non choquante . Elle relève de'une honte de sa propre sexualité. Il est très intéressant d'observer comment des homosexuels sont aptes à parler d'homoceci ou d'homocela, de droits à l'égalité des droits et de tourner en rond, mais de respecter la dictature du maître, qui attend de vous la discrétion sur le sujet de fond : ne jamais parler de soi en sexualité et en vie privée ( phénomène qui touche bien entendu les hétérosaussi ). c'est en ce sens que les homos sont redevenus eux-mêmes à leurs dépens les vecteurs des principaux stratégèmes del'homophobie active, le refoulement, lesilence, que l'on habillera de respect de l'autre, de discrétion, en qualifiant les réels acteurs dela ba,alisation de l'homosexualité de pornographe, d'exhibitionnistes, etc... de gens dont la vie privée n'intéresse personne. cela dit Jean-Luc Romero l'expose , sa vie privée, ou plutot, il va beaucoup mieux depuisqu'il l'a fait, mais il n'a pas encore réalisé que le tradition de sa famillepolitique est précisément de condamner cette attitude, parler de soi.

JL Romero d'ailleurs est toujours englué dans ses racines conservatrices.
Parce que moi je ne vois qu'une seulechose, cela fait une semaine qu'elle dure, cette affaire, et JL ROMERO n'a toujours pas écrit une ligne ni fait une seuleallusion sur l'affairela plus grave d'homophobie institutionnalisée déguisée mais tout à fait grave car pouvant faire jurispridence et entrainer des conséquences très préjudiciables aux jeunes ados homos devant l'étalage du lynchage del'un des leurs : l'affaire du proviseur révoqué de Mende.

définitivement , après ce silence assourdissant qui ne peut évidemment en rien être justifié par une quelconque prudence, sauf à laisser planer une possibilité de pédophilie ( inexistante )sans rapport aucun les motis de l'affaire, JL Romero est une fausse valeur, dont le role dans la lutte contre l'homophobie est négatif, et celui dans la défense des séropositifs encorepire : nous ne l'aimons pas, moi et mes amis gays séropos, il ne nous représente pas. Et les homos lynchés comme le proviseur, il n'a pas levé le petit doigt pour les défendre.

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Ecrit par : jcm | 21/01/2006

A propos du proviseur de Mende, si certains blogs s'en sont fait l'écho, je ne suis pas parvenu à trouver un article de presse pour disposer d'éléments qui soient confirmés et au plus objectif. Mais cette affaire est symbolique d'une homophobie d'Etat... J'attends le verdict de l'affaire Vanneste pour en savoir un peu plus.

Il semblerait que ce proviseur tenait un blog dans lequel il faisait état de son homosexualité ; le ministère l'aurait révoqué sans autre explication que l'existence de ce blog "pornographique".

Le silence des médias et des hommes politiques à ce sujet (comme sur un autre sujet dont on a vaguement entendu parler : l'incendie volontaire de caravanes de nomades organisé par un maire en Alsace), est particulièrement effrayant.

J'admet avoir fait l'impasse dans cet article sur le phénomène que vous décrivez : j'ajoute donc un paragraphe à ce sujet dans cet article. Merci.

Ecrit par : Titem | 21/01/2006

L'affaire d'Alsace, oh que oui ! elle est très grave aussi ( encore plus en réalité )

Ecrit par : jcm | 21/01/2006

L'homosexualité est le principal vecteur de transmission du sida, a écrit Jean Rigal.
Il s'agit bien entendu par là de condamner les homosexuels.
Comment réagissent les homosexuels à ce genre de propos, comment y réagissent aussi les homosexuels séropositifs ?

Je suis homosexuel séropositif depuis plus de 20ans et ma réaction, ainsi que celle desamis séropositifs , ne sont pas du tout celles que vous croyez.

je tiens d'abord à faire remarquer que le constat de Jean Rigal est objectif. Son constat est VRAI autant que sa morale dégueulasse. Le VIH chez les hétéros "rattrapent celui des homosexuels", en particulier chez les femmes, parce que la transmissibilité via le rapport anal est 200 fois supérieur à celui de la transmission vaginale, et là où les sexualités hétéros et homos sont communes ( la fellation ), le risque est quasi inexistant. Ainsi, les homos seront en tout temps proportionnellement beaucoup plus contaminés que les hétéros ( chez leshommes le rapport est chez nous d'environ 1 à 500 ) et même en comparant l'homo passif et la femme , la femme est naturellement bien mieux protégée, par la résistance naturelle du vagin, et la meilleure santé de ses partenaires.
Après, qu'un imbécile comme Rigal tranforme la victime en coupableparce que l'arrange est son problème.

Toutes les réponses apportées par les homos pour dire que le VIh concerne tout le monde , que leshétéros sont quantitativement plus nombreux à être désormais contaminés, etc...tout cela ne résiste pas à l'analyse, et tous les amis hétéros qui abondent en ce sens ne lefont que pour nous faire plaisir, pour nous soulager en luttant contre le fléau parallèle que représente des Jean Rigal , mais encore une fois le constat de ce dernier est vrai.

Ma position est que les hétéros feraient mieux alors de nous remercier deleur avoir servi de cobayes, car s'il est vrai que nous sommes très touchés, ce ne sont pas leshétéros que nous avons contaminé, bien au contraire grace à nous, aux soi disants vecteurs décapités, leshétérosqui commencent à arriver dans leVIH bénéficient des traitements que nos morts ont permis de mettre au point.

Ensuite, ily a un graveeffet secondaire à égaliser le VIH entre hétéros et homos au titre de la lutte contre la discrimination. D'une part, l'argument n'est aucunement crédibleen réalité, et n'est pas cru, et enfin, il sacrifie leshomosàleur sort face à une maladie contrelaquelle la recherche piétinefaute de moyens, et leshomos abandonnés ne se révoltent pas parce qu'ilsont presque fini par croire qu'on était tous égaux devant le sida. Non,les homos, face au VIH, vous etes Objectivement abandonnés par l'effort collectif pourla recherche qui vous délivrerai, etvousêtes retournés sans vous en endre compte àla résignation.

dernierpoint les homos ont enterrés l'avenir des séropositifs et les censurent en permanenc, l'avenir de la communauté homo nem'intéresse aucunement, je renie ma communauté, elle est pour moi une horreur morale d'une hypocrisie sans limite. Tous les gens qui parlent en notrenom ne nous représentent absolument pas, la pensée des séropos homos , c'est de vous foutre à beaucoup d'autres homos un point dans lagueule de leurs soi disant amis, lesquels ne sont que des lacheurs ou des traitres.

Remarque :iln'y a aucun espace d'expression des séropositifs dansles associations sida : c'est la culture del'ombre, rien ne doit sortir. Il n'y apas de forumpar exemplesurlesite même de Aides.
Si vous saviez pourtant ce qui couve et la violence que nous ressentons contre beaucoup qui se disent nos amis et nous plaignent .
A quelpoint un dossier comme le VIH permet de reconnaitre ce qu'on appelle les vrais amis etc....

La puissance d'asservissement du VIH est bien plus forte que celle de ce virus qui ne menace plus la vie, ou si peu, mais qui a détruit des pans entiers de peronnalités, de savoir,vivre, d'humanité. Les plus menacés (leshomosexuels )sont collectivement tombés dans un avilissement inoui, et pour ma part je vois pratiquement un Jean Rigal dans un nombre inoui d'homos bon teints.

Aujourd'hui, les séropositifs n'ont guère qu'un seul ennemi,prioritaire:les acteurs dela prévention : ce monde là, c'est l'horreur absolue pour moi.

Ecrit par : jcm | 22/01/2006

Comme vous je considère que les propos de ce M. Rigal, ainsi que je l'ai écrit, ne sont pas objectivement faux (et vous expliquez l'inégalité sur les "chances" de transmission", détails techniques dont je n'avais pas voulu parler). Le probème est que ces propos sont inutilement stigmatisants.

Vous avez déjà développé votre point de vue sur l'homophobie encore plus latente des séropositifs, y compris de la part de certains homosexuels. Je n'ai pas grand chose à ajouter sur ce point-là...

En revanche, j'ose espérer qu'au contraire la science va rapidement progresser pour parvenir à la création d'un vaccin au plus vite. Et ces progrès bénéficieront non seulement aux hétéros et aux homos -le virus ici ne fait pas de distinction, même si le % de risque de contamination est différent-, mais ils devront bénéficier de toutes urgences aux pays d'Afrique et d'Asie qui subissent une véritable saignée de leurs bras.

Mais la "séropophobie" n'est qu'un aspect de l'homophobie. En outre, mais je sais que c'est un point de discorde avec vous, la prévention contre le SIDA est une nécessité pour limiter la propagation du virus. Et je préfère une prévention qui lutte au maximum contre les risques, qu'une prévention qui fait appel à la "responsabilité" , et qui limiterait de fait les possibles conséquences de rapports non protégés.

Ecrit par : Titem | 22/01/2006

je suis parfaitement responsable, vous n'avez rien compris : si je suis séropositif , c'est précisément parce que je refuse la capote. La séropositivité est le prix que j'ai payé pour continuer à avoir la seule sexualité qui me soit acceptable. je ne suis évidemment pas pret à y renoncer , pour subir à la fois la séropositivité et la capote , quand j'aurais pu ne subir que la capote.
Vous n'avez aucune chance de me convaincre , encore moins de me culpabiliser.
les enjeux du sida ne sont pas ceux de la prévention, elle est débordée non seulement sur le terrain, tout est su et dit, non, là où la prévention échoue, c'est sur le débat d'idées, en occultant les enjeux autres que la santé, lesquels se révèlent plus déterminants.

Pour l'instant, je prends simplement acte , concernant jean-Luc Romero, qu'il censure les séropositifs qui ne l'arrangent pas, c'est à dire la grande majorité, et qu'il n'a toujours pas dit un mot sur l'affaire du proviseur. Je crois que sa fin est proche en terme de crédibilité. le coup degrace est qu'il est sans doute tétanisé par l'affaire du rectorat , affaire qui mesure l'inefficacité totale de ses résultats au sein de sa formation politique. On ne noyaute pas de l'intérieur avec des idées contraires à celles de son parti.
cet homme manque complètement d'analyse. Il finira comme Mgr gaillot. Après toutes les diffamations qu'il a faites sur le bareback sans qu'il nous soit laisser la possibilité de répondre, il ne mérite de toutes façons pas mieux.

Ecrit par : jcm | 22/01/2006

Quand vous n'êtes pas d'accord avec quelqu'un, ne dites pas qu'il n'a "rien compris". Ce débat, nous l'avons déjà eu il y a plusieurs mois, et je n'ai pas non plus changé d'avis. Vous remettez toujours le débat de l'homophobie sur celui de la prévention contre le SIDA.

Admettez qu'il puisse y avoir des personnes qui pensent autrement que vous, et pour moi comme pour les ceux qui militent pour la prévention contre le SIDA, c'est priorité à la santé ! Et ce n'est pas tant pour stigmatiser les "barebackers", ses "victimes" dont vous vous faites le héraut, que pour sauver des vies !

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J'ai été suffisamment patient avec vous mais je ne cautionne pas les escalades verbales. Vos propos sont dangereux : "le SIDA ne tue plus" (les 25 millions d'Africains de séropositifs africains seront ravis de l'apprendre...) , mépris de la prévention voire insultes.

Si vous voulez répandre vos idées, soyez suffisamment aimable pour ne plus les développer ici ; elles seront dorénavant supprimées, ainsi que le fut votre dernier commentaire.

Ecrit par : Titem | 22/01/2006

Merci Titem pour ta réponse ;ainsi donc ,si cette loi était votée ,il ne serait plus possible de dire que l'homosexualité est une anomalie.

En fait ,pour moi l'homosxualité n'a été qu'un prétexte pour défendre la liberté d'expression;c'est tout.Si tu supprimes cette liberté fondamentale ,tu bloques la marche vers le vérité quelle qu'elle soit.La libre discussion est d'ailleurs une tradition de notre civilisation et ce depuis depuis l'Agora.

Je peux donc t'assurer que mon post n'est soutendue par aucune agressivité;je te prie de croire à mes sentiments très cordiaux et heureuse année.

Ecrit par : Elmlinger | 28/01/2006

J'ai lu votre commentaire sur le blog de M. Romero, où vous précisez votre pensée. Vous avez eu l'honnêteté de votre réponse ; en conséquence et pour éviter toute polémique sur des propos "sortis (ou non) de leur contexte", j'ai retiré les extraits de votre lettre.

Je suis moi-même pour une liberté d'expression, mais une liberté qui puisse être utilisée avec toujours le respect de l'autre et la justesse des mots. Pour moi, ce sont les deux bornes qui limitent la liberté d'expression, parce que justement, sans elles, un dialogue calme et fructueux est impossible.

La loi a eu ses effets avec la condamnation de Christian Vanneste (dont je parlerai prochainement). Elle pose notamment les limites de la liberté d'expression en condamnant de manière plus sévère ceux qui tiendraient des propos qui porteraient atteinte à la dignité des hommes. Et en ce qui me concerne, je me félicite de l'application de cette loi, comme régulation de la haine sociale. Puisque l'homophobie n'est ni une maladie, ni une anomalie, ni dangereuse, n'en déplaise à Christian Vanneste et ses complices.

Ecrit par : Titem | 28/01/2006

Merci pour cette réponse amicale.

Ecrit par : Emlinger | 09/11/2006

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