16/01/2006
Femmes au pouvoir !
Dérogeant à mon voeu de chasteté en matière d'écriture en cette période de partiels, je ne pouvais m'empêcher, actualité oblige, de parler de la place croissante des femmes en politique :
- La socialiste Michelle Bachelet, a été élue à la présidence du Chili hier avec 53,49 % des voix.
- La première présidente d'un pays Africain, Ellen Johnson-Sirleaf, a pris aujourd'hui les rênes du Liberia après une cérémonie d'investiture.

- La Présidente sociale-démocrate sortante de la Finlande, Tarja Halonen, est arrivée en tête du premier tour de l'élection présidentielle, qui s'est tenu hier, avec 46,4 % des suffrages.
Ajoutons que Angela Merkel est devenue l'année dernière la première chancellière d'Allemagne, la
première puissance européenne.
Ainsi, ces résultats démontrent une évolution lente mais certaine de la place des femmes en politique. De plus en plus, ce sont des critères de compétence, du sens des responsabilités et des bonnes idées, qui sont retenus. Les femmes ont donc de plus en plus leur place dans cet univers très masculin de la responsabilité politique.
Cette place des femmes au pouvoir pourrait même devenir quelque chose de parfaitement normal : les spécialistes en politique américaine rêvent d'un duel Condolezza Rice/Hillary Clinton pour les prochaines élections présidentielles américaines en 2008. Et à dire vrai, ils ne sont pas les seuls, ça serait très intéressant. Et cela permettrait de consacrer de façon définitive la place des femmes en politique dans les pays développés.
Cela ne se fait pas sans difficultés. Et encore une fois, la France ne brille pas par son avance en la matière...
- 1972 : Loi posant le principe d'égalité de salaire à travail égal entre hommes et femmes.
- 1983 : Loi sur l'égalité professionnelle entrehommes et femmes.
- 2001 : L'égalité professionnelle devient un enjeu obligatoire de la négociation collective.
Et pourtant, les femmes ont un salaire moins élevé que les hommes à travail et diplôme égaux. Elles sont plus au chômage et y restent plus longtemps. Elles bénéficient moins des promotions, elles accèdent moins facilement aux postes à responsabilité...
En politique, malgré la loi du 06/06/2000 sur la parité, les femmes sont toujours minoritaires.
Il serait intéressant de savoir si, au sein des différents partis, il se trouve plus de militants ou de militantes. En outre, l'annonce du souhait de Ségolène Royal de se porter candidate à l'investiture du PS pour les élections présidentielles de 2007 a démontré toute la médiocrité schizophrénique de certains hommes politiques : "L'élection n'est pas un concours de beauté", (cf. Jean-Luc Melanchon, qui visiblement sait de quoi il parle) qui se réjouissent promptement de la parité mais se moquent des femmes dans leur dos. On pourrait discuter longuement du phénomène "Madame Royal", de sa pertinence ou de sa longévité, alors que DSK parle d'une "rose éphémère", que Fabius commente "the pools are always wrong"...
Notons que pour faire ce genre de prévisions ils ont pu se renseigner auprès des anciens collaborateurs de Mitterrand, comme Elizabeth Tessier... L'important est qu'en définitive, on ne puisse juger d'une personne que sur ses qualités professionnelles ou son sens de la responsabilité, en politique comme dans le mode du travail, que cela soit pour les femmes ou pour les "enfants d'immigrés". Cela est un voeu pieux, à défaut d'être une réalité aujourd'hui.
TITEM
22:50 Publié dans Retour de manivelle : société | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note






Commentaires
Il est vrai que certains "camarades" socialistes de Mme Royal se sont montré, dans leurs propos, mysogines. Le "qui va garder les enfants ?" lançé par M. Fabius était à cet égard regrettable et indigne d'un candidat à l'investiture présidentielle.
Pour autant, je penses qu'il est indispensable de ne pas tomber dans l'excès inverse. En effet - et c'est stratégie que défend Mme Royal - chaque réflexion négative sur son programme ou sa politique est interprétée comme "machiste". On ne peut plus rien dire sur son manque d'envergure, de carrure internationale, de connaissances au niveau économique. Si la réflexion est faite elle lançe alors, triomphante, "le diriez-vous à un homme ?". Pour l'avoir écouté lors d'une conférence à Sciences-Po Bordeaux, je peux témoigner de son interêt pour les sujets de société, de sa capacité à séduire les foules - et ce n'est pas une injure dans ma bouche. Je ne la considère pourtant, comme M. Strauss-Kahn, que comme une rose que j'éspère éphémère. Est-ce du machisme que de critiquer une candidate à l'investiture présidentielle ?
Par ailleurs, je suis ravi des élections de Mmes Bachelet et Johnson-Sirleaf, que je pense capables et compétentes. Rappelons à ce propos la portée de la victoire de Mme Bachelet, qui a eu lieu dans un pays encore réfracataire à l'égalité hommes/femmes. Quant à Mme Johnson-Sirleaf, son élection marque la sagesse du peuple libérien qui, au lieu de voter pour un footbaleur sans réel programme, a suivi la voie de la raison.
Ecrit par : Etienne | 17/01/2006
C'est un excès inverse que je trouve en effet malhonnête : s'illustrer en dépit de son "handicap" (On est une femme, on est étranger...) et se retrancher derrière ce même handicap lorsque l'on se trouve en difficulté !
La question de ses compétences en matière internationale a été posée hier à Ségolène Royal par David Pujadas sur France 2, et sa réponse m'a moyennement convaincu. Je l'étais davantage sur sa volonté de mettre l'accent sur l'éducation pour améliorer, à long terme, la situation économique et sociale. Elle ferait une excellente ministre, qu'elle a déjà été, mais je ne la vois pas comme Présidente.
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ScPo Bordeaux ? J'y ai un très bon ami ainsi que quelques connaissances. Les concours d'après-prépa ont dispersé notre promo dans tous les IEP de France.
Ecrit par : Titem | 17/01/2006
J'étais au moi aussi au lycée du Sacré-Coeur et, après le concours Bac + 0, je suis entré à Sc-Po Bordeaux. Effectivement, j'ai pu y échanger quelques mots avec des anciens de la prépa de la Catho', notamment Pazanne Dupont et quelqu'un d'autre, originaire de Lens, dont je ne me rappelle plus le nom.
Ecrit par : Etienne | 18/01/2006
Le très brillant ( c'est rare ) journaliste Eric Zemmour a analysé Ségolène Royale comme une femme de culture droite qui est venue militer à gauche uniquement pourle féminisme. Enfin un peu de boyau sous la fontanelle, bravo M. Zemmour !
Son féminisme est néanmoins celui de la forme la plus puritaine et laplus maternaliste qui soit.
Titem, vous n'avez vraiment pas compris qui est cette femme, et en plus elle est particulièrement homophobe, cela n'est invisible qu'aux naifs mais il y en a beaucoup.
Ecrit par : jcm | 21/01/2006
Mon article était consacré sur les femmes au pouvoir, pas spécifiquement sur Ségolène Royal -qui n'est même pas ministre mais que les médias et les sondages font triompher avant l'heure - : j'écris explicitement dans mon article : "On pourrait discuter longuement du phénomène "Madame Royal", de sa pertinence ou de sa longévité". Je ne l'ai pas fait parce que l'on manque de recul sur ce qui reste à l'heure actuelle un "phénomène".
En revanche, il m'intéresserait de lire cette article dont vous parlez.
Je sais parfaitement qu'elle est très attachée à la tradition de la famille : elle est l'une des rares à gauche à être opposée au mariage homsexuel. Elle se retranche fréquemment derrière sa condition de femme pour éluder les questions qui fâchent, ainsi qu'Etienne précisait.
Mais comme je sais reconnaître qu'il puisse y avoir des bonnes idées à gauche, au centre, ou à droite, je trouve qu'affirmer que la clé du problème est de revaloriser l'éducation pour lutter contre les problèmes sociaux part certes d'un bon sentiment. Mais c'est vraiment là qu'il faut travailler.
Je ne suis pas "naïf", comme vous l'affirmez. Quand je parle d'un sujet, j'ai la décence de savoir "un minimum" de quoi je parle.
Ecrit par : Titem | 21/01/2006
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